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Fintech / FinTech / AMF / acpr / Weefin / Institut de la Finance Durable / Goodvest

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FinTech / AMF / acpr / Weefin / Institut de la Finance Durable / Goodvest

Un problème de données persistant dans la finance durable / Plus de collectif pour en améliorer la transparence et la qualité

Le forum Fintech, organisé ce lundi par l’Autorité des marchés financiers et l’Autorité de contrôle prudentiel et résolution, a permis à des acteurs de la finance durable de discuter des liens entre écologie et leur secteur d’activité. Et si la disponibilité des données environnementales, sociales et de gouvernance n’est plus à remettre en cause, la communauté financière a encore besoin de sources mieux agrégées et transparentes afin de flécher convenablement ses capitaux vers les entreprises les plus vertueuses.
Photo by Wolfram STEINBERG / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)
Photo by Wolfram STEINBERG / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

Sur les 900 entreprises innovantes proposant des services aux consommateurs du secteur bancaire et financier recensées par l’Institut de la finance durable, 116 ont été qualifiées de fintech durables. Une solution intéressante pour les acteurs de la finance, qui ont encore du mal pour l’instant "à s’approprier cette arme de transition massive qu’est la finance durable", relevait ce lundi Sabrine Aouida, cofondatrice et responsable impact de la fintech WeeFin, qui développe une plateforme technologique à destination des investisseurs professionnels pour leur permettre d’évaluer leurs processus relatifs aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), à l’occasion d’une table organisée par le forum Fintech de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Un problème d’appropriation qui reste tout d’abord à mettre en relation avec un frein bien identifié à l’adoption, par tous, d’un mode de finance axé sur les entreprises les plus vertueuses : celui des données. "Les acteurs financiers investissent et détiennent des capitaux. Pour pouvoir mener leur travail à bien, ils doivent analyser un grand nombre d’informations, financières et extra-financières. Ils ont besoin d’être outillés pour récupérer ces données et les comprendre", a poursuivi Sabrine Aouida. Si le secteur dispose aujourd’hui d’une mine de sources de données différentes, "fiables et accessibles", a tenu à rappeler le directeur Fintech Innovation de l’ACPR Olivier Fliche, il reste la question d’une méthodologie stabilisée, harmonisée et pertinente.

 

Plus de soixante-dix sources et des budgets triplés

 

Car avec plus de 70 sources de données privées ou publiques à disposition, les acteurs de la finance n’ont en effet plus à se soucier de la disponibilité de ces informations extra-financières. En moyenne, les acteurs financiers utiliseraient cinq sources différentes, tandis que les budgets alloués à la problématique ont triplé, remarque la cofondatrice de WeeFin. Pour autant, ces données manquent encore d’alignement. "Par exemple, pour se concentrer sur le réchauffement climatique, il existe une dizaine d’indicateurs disponibles. Mais ils sont dotés d’axes différents : l’alignement sur les accords de Paris pour l’un, l’exclusion du charbon pour l’autre, etc, savoir quand utiliser un indicateur peut s’avérer complexe", a remarqué Sabrine Aouida. Ce flou représente d’ailleurs, pour une grande majorité d’investisseurs institutionnels, l’obstacle le plus important à la réalisation d’investissements responsables.

Une complexité qui provient également d’une méthode encore un peu opaque : les modèles restent sophistiqués et les fournisseurs de notation ou de méthodologie restent encore peu mis à l’épreuve d’un outil qui pourrait récupérer l’ensemble de ces données et les mettre en perspective. "Les sources de données n’ont, de plus, pas toute une couverture importante. Par exemple, le critère de la biodiversité est encore peu pris en compte. Nous n’avons trouvé que deux fournisseurs en France qui l’intégrait réellement", a de son côté observé Joseph Choueifaty, président et cofondateur de Goodvest, qui permet aux particuliers d’investir leur épargne de manière durable.

 

Une cotation climatique

 

Pour affiner la notation climatique, la Banque de France a notamment commencé à étendre son système de cotation à ce sujet. En d’autres termes et suivant son mécanisme de cotation classique, 500 grandes entreprises et ETI devraient faire l’objet de l’attribution d’une note climatique d’ici la fin de l’année. Le dispositif devrait être étendu aux 300 000 entreprises françaises qui réalisent plus de 750 000 euros de chiffre d’affaires. Cela permettra aux sociétés (et aux banques, qui ont aussi accès à cette base de données) de connaître l’exposition aux risques climatiques d’une entreprise, mais aussi de jauger, par rapport au reste d’un secteur, de la pertinence de leur trajectoire de décarbonation. "C’est un indicateur intéressant, puisqu’il permet de savoir si l’émetteur est dans la mesure d’affronter le changement climatique", a observé Camille Buewaert, chargée de mission à l’Institut de finance durable.

Pour les trois spécialistes de la finance durable présents à cette table ronde, le constat est en tout cas clair. L’avènement de cette pratique passera par le collectif. "Il faut davantage de collaborations entre les équipes, entre ceux qui définissent les stratégies de durabilité ou ceux qui réalisent les reporting. Les processus s’organisent encore en silos, ce qui manque d’efficacité et d’impact", a souligné Sabrine Aouida. "La force collective sera le maître-mot pour faire durer l’écosystème", a abondé Camille Buewaert. "Il faudra aussi travailler sur l’acculturation à la finance durable", a-t-elle conclu.

 

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