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Evenements / Paris Europlace / AMF / AFG / Institut de la Finance Durable / directive CSRD / Taxonomie / Epargne / transition énergétique

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Paris Europlace / AMF / AFG / Institut de la Finance Durable / directive CSRD / Taxonomie / Epargne / transition énergétique

Le fléchage, clé du financement de la transition énergétique / La nécessité d’une donnée ESG fiable et harmonisée

Rendez-vous annuel incontournable, le Paris Finance Forum, organisé par Paris Europlace, a pour thème cette année "la finance au service de la société". Et pour les organisateurs, elle doit aussi servir à la transition énergétique. L’occasion pour les différents acteurs de la Place financière de Paris présents de rappeler que si le financement de la transition énergétique est d’ores et déjà possible, il nécessite encore, malgré un cadre réglementaire européen exigeant, un meilleur fléchage de l’épargne des Français vers les bons projets industriels.
Paris Finance Forum (DR)
Paris Finance Forum (DR)

L’urgence climatique n’attend pas. Et l’Europe est bien déterminée depuis plusieurs années à contraindre les entreprises à se transformer. "Entre le Green deal européen lancé en 2019 (qui vise une neutralité carbone dès 2050) et aujourd’hui, l’Europe a mené la révolution industrielle la plus rapide de son histoire. D’abord en permettant des investissements inédits, ensuite par diverses mesures telles que l’adoption de la taxe carbone aux frontières, le règlement Taxonomie ou encore la directive CSRD qui, à compter de 2024, obligera toutes les sociétés cotées européennes à publier chaque année un reporting de durabilité de leurs activités. Bientôt, les banques devront elles aussi se doter d’un plan de transition pour le climat, etc.", a détaillé l’ancien ministre et député européen, Pascal Canfin, à l’occasion d’une table ronde sur le thème du "financement de la transition énergétique : les moyens et les obstacles" au Paris Finance Forum (Paris Europlace) qui se tient depuis ce matin au Pavillon Gabriel à Paris.

 

Des moyens financiers déjà identifiés

 

Une nouvelle réglementation dont s’est félicitée Marie-Anne Barbat-Layani, présente elle aussi à l’évènement, et qui en a profité pour rappeler le rôle d’accompagnateur qu’elle entend faire jouer à l’Autorité des marchés financiers (AMF). "La place du régulateur est au cœur de cette stratégie énergétique. Après le travail accompli, la priorité doit être donnée à la mise en œuvre du très exigeant nouveau cadre européen. L’AMF doit donc contribuer à clarifier ces règles et à les décliner de manière claire et qualitative afin de favoriser les investissements. Nous devons veiller également à ce que cette mise en œuvre soit harmonisée au niveau européen ", a expliqué la présidente de l’AMF qui entend veiller à éviter tout risque de surtransposition de la réglementation européenne.

Mais si aujourd’hui, toutes les entreprises industrielles semblent avoir bien pris conscience de la nécessité de transformer leur modèle, il n’empêche que celle-ci a un coût. Outre les banques qui "doivent financer l’innovation", selon le directeur général délégué de Société Générale, Pierre Palmieri, au-delà des "financements classiques", une autre solution existe déjà pour le patron du conseil d’administration de la banque privée suisse Edmond de Rothschild et président de l’Institut de la Finance Durable, Yves Perrier. "L’argent est là. L’épargne totale française est de 6000 milliards d’euros dont 3000 milliards d’euros d’épargne longue. La collecte annuelle est de 100 milliards d’euros. Si l’on considère, comme l’estime le rapport Pisani-Ferry, le coût de la transition énergétique à 60 milliards d’euros par an, le financement de la transition énergétique n’est donc pas un problème". L’enjeu se situerait donc davantage, selon lui, sur "le fléchage de cette épargne vers les investissements".

 

Obtenir la confiance des investisseurs

 

Un fléchage dont les sociétés de gestion ont principalement la charge et le devoir, pour Philippe Setbon, président de l’Association française de la gestion financière (AFG), mais qui reste encore à finaliser. " Le nouveau cadre réglementaire est là mais il faut également définir un corpus d’analyse de ces données extra-financières. La donnée ESG (environnementale, sociale et de gouvernance) est centrale pour les asset manager. Elle doit être fiable, de qualité et accessible. Nous devons travailler avec les agences de notations mais nous devons aussi pouvoir disposer de l’information brute des entreprises pour orienter au plus juste l’épargne en fonction du profil des investisseurs et sélectionner les bons projets des entreprises ", a-t-il plaidé.

Un avis partagé par Marie-Anne Barbat-Layani : "le financement de la transition énergétique est impossible sans la confiance des investisseurs". Selon elle, la requalification massive des fonds article 9 en article 8 en début d’année est "typiquement le genre d’exemple qui déroute les investisseurs ". Ce qui est très dommageable puisque les investisseurs eux aussi sont convaincus de la nécessité de financer la transition énergétique. "Il faut donc que les intermédiaires financiers aient des données fiables pour proposer des produits adaptés. Pour ce faire, la réglementation relative aux agences de notation doit être renforcée et notamment concernant leur méthodologie", a-t-elle soutenu.

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