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Environnement / Taxonomie / Banques / changement climatique / Réglement européen

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Taxonomie / Banques / changement climatique / Réglement européen

Taxonomie : les efforts des banques européennes pas appréciés à leur juste valeur / Une méthode de calcul du ratio d’actifs verts à revoir

Alors que les banques ont dû pour la première fois en fin d’année dernière publier leur ratio d’actifs verts permettant de mesurer l’alignement de leurs activités avec l’enjeu de transition climatique, celui-ci est jugé par le cabinet KPMG comme ne reflétant pas la réalité des efforts fournis. Si bien que certains établissements, dont deux Français, ont pris l’initiative de publier un indicateur alternatif.
Forêt (Photo by Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Forêt (Photo by Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Depuis des mois, les banques européennes, et notamment françaises, ne cessent de communiquer sur leur plan de transition climatique. Pourtant, seulement 3 % des actifs détenus par 13 établissements de l’Union européenne répondraient à la nouvelle taxonomie de la finance durable, selon la dernière édition du rapport "Pulse of Banking" publiée par KPMG, d’après les indicateurs fournis au 31 décembre dernier.

 

Un gap entre ratio éligible et ratio aligné

 

Pour mémoire, depuis l’année dernière, elles sont tenues de déclarer le niveau d’éligibilité et de durabilité de leurs activités en application du règlement européen Taxonomie. Ce texte a pour objectif d’offrir aux investisseurs un référentiel commun pour flécher leur épargne vers les activités économiques durables sur le plan environnemental, évaluées en fonction de leur degré d’alignement.

Pour cela, il établit un système de classification de ces activités en fonction de leur contribution à six objectifs environnementaux comme l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, la transition vers une économie circulaire, la prévention et la réduction de la pollution, etc. L’on parle ainsi d’activités "éligibles" lorsque celles-ci sont considérées comme potentiellement contributives à l’un des six objectifs. Elles seront dites "alignées" lorsqu’elles contribuent significativement à l’un des objectifs sur la base de critères mesurables, sans causer de préjudices aux cinq autres.

Selon KPMG, ce résultat de 3 % ne signifie pas que les banques soient de mauvaises élèves pour autant. "Alors que l’année 2023 marque la première année de publication pour les banques de leur ratio d’alignement à la Taxonomie verte européenne, le niveau moyen affiché du ‘Green Asset Ratio’ (GAR, ratio d’actifs verts représentant la part des actifs qui financent ou sont investis dans des activités économiques alignées sur la taxonomie par rapport au total des actifs couverts, ndlr) […] invit(e) à s’interroger sur la méthode de calcul pour mesurer la part des financements accordés à des activités économiquement durables ", estime Arnaud Bourdeille, associé et responsable du secteur banque de KPMG.

De fait, le GAR aligné serait 11 à 12 fois moins élevé que celui éligible, que ce soit sur l’indicateur du chiffre d’affaires que sur celui des dépenses d’investissement. Il note également "que l’intervalle entre le GAR le plus faible et le plus élevé démontre par ailleurs la difficulté à comparer d’une banque à l’autre en raison des différences de modèles d’affaires et de l’hétérogénéité entre pays des méthodes de mesure ou d’échelle de performance énergétique".

 

Des indicateurs alternatifs à prendre en compte

 

Et l’associé de s’interroger : "si seulement 3 % des actifs détenus par les banques dans l’Union européenne répondent à la nouvelle taxonomie sur la finance durable, est-ce lié à l’image trop restreinte du GAR qui exclut de son calcul plusieurs natures de financement (PME, entreprises non européennes, financement de projets y compris projets d’énergie renouvelables) ou à la politique de durabilité des banques ?"

Dans ce contexte, le GAR aurait, selon lui, besoin d’être complété par des indicateurs alternatifs permettant d’apprécier plus largement les risques portés par les banques, la réorientation de leurs flux de financement vers des activités durables et l’atteinte de leurs engagements pris en termes de neutralité carbone. Un avis visiblement partagé par certaines banques, comme La Banque Postale, BNP Paribas et Santander, qui ont pris l’initiative de publier, dès le 31 décembre dernier, des GAR alternatifs (respectivement 7,6 %, 11,6 % et 6,1 %) s’appuyant sur une autre méthodologie de calcul. "Avant de devenir un élément de décision des investisseurs, le ratio d’actifs verts des banques mérite de combler ses lacunes pour mieux refléter la part des financements des banques accordés à des activités économiquement durables ", juge Arnaud Bourdeille.

L’on notera toutefois que l’Autorité Bancaire Européenne (ABE) semble avoir déjà pris conscience du problème. Elle a déjà conçu un indicateur complémentaire, le "Banking Book Taxonomy Alignment Ratio" (BTAR) présentant une image plus complète des activités durables financées.

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