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Macro-économie / Taux / FAO / agriculture / catastrophes naturelles

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FAO / agriculture / catastrophes naturelles

Les immenses dégâts économiques causés au monde agricole par les catastrophes / La FAO s’inquiète pour la sécurité alimentaire dans les années à venir

Les trente dernières années ont vu le coût des catastrophes causées à la production animale et végétale devenir conséquent. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, chiffre cet impact à 3 800 milliards de dollars. La répétition de ces phénomènes pourrait augmenter le coût annuel de façon significative.
Champs inondés. Konstantinos Tsakalidis / SOOC / SOOC via AFP
Champs inondés. Konstantinos Tsakalidis / SOOC / SOOC via AFP

"La répétition des catastrophes risque de saper les progrès réalisés en matière de sécurité alimentaire et de nuire à la durabilité des systèmes agroalimentaires". La mise en garde du directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Qu Dongyu est claire. Cette phrase issue de l’avant-propos du rapport de la FAO traitant de "l’Impact des catastrophes sur l’agriculture et la sécurité alimentaire", s’alarme non pas uniquement du coût faramineux des catastrophes pour le monde agricole mais juge que ce montant pourrait être bien plus conséquent à l’avenir.

Les 3 800 milliards de dollars évoqués par l’institution correspondent de fait "à des pertes moyennes de 123 milliards de dollars par an, soit 5 pour cent du produit intérieur brut agricole mondial annuel " C’est ce qui ressort d’un nouveau rapport publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Les prochaines éditions de cette nouvelle publication de la FAO permettront de suivre l’évolution de ces dégâts, jamais un tel calcul n’avait été réalisé pour mesurer "les conséquences des catastrophes sur la production agricole".

 

Subir les éléments

 

Le directeur général de la FAO explique ce risque par le fait que " l’agriculture est l’un des secteurs les plus exposés et les plus vulnérables vis-à-vis des risques de catastrophe, car elle dépend fortement des ressources naturelles et des conditions climatiques". Des "effets en cascade" sont évoqués dans ce rapport pour les années à venir, qui semblent déjà à l’œuvre alors que "le nombre de catastrophes recensées chaque année dans le monde est passé d’une centaine dans les années 1970 à 400 environ au cours des deux dernières décennies".

 

L’institution s’attend " non seulement (à des) catastrophes plus fréquentes, plus intenses et plus complexes", mais aussi à "ce que leurs effets s’aggravent, dans la mesure où les catastrophes d’origine climatique amplifient les vulnérabilités sociales et écologiques existantes". Cette spirale dévastatrice serait alimentée pêle-mêle par "le changement climatique, la pauvreté et les inégalités, la croissance démographique, les situations d’urgence sanitaire causées par les pandémies, les pratiques non durables, notamment en matière d’utilisation et de gestion des terres, les conflits armés et la dégradation de l’environnement".

 

Les plus faibles dans l’œil du cyclone

 

Cette dynamique impliquerait également des souffrances très inégales à travers le globe. A titre d’exemple sur la période examinée, " les catastrophes ont frappé le plus durement les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, avec des pertes représentant jusqu’à 15 pour cent du PIB agricole total de ces deux groupes de pays". Dans un autre registre, les petits exploitants "sont les acteurs les plus vulnérables des systèmes agroalimentaires et les principales victimes des catastrophes ".

L’institution souhaite continuer à pousser pour "l’adoption de bonnes pratiques en matière de réduction des risques de catastrophe au niveau des exploitations [qui] peuvent aider les petits agriculteurs à se prémunir des pertes et à gagner en résilience". La FAO explique que cela produit des effets et que leur mise en place procure des avantages qui vont "être en moyenne 2,2 fois supérieurs à ceux des pratiques qui étaient appliquées jusque-là".

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