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JP Morgan / Jamie Dimon

Jamie Dimon s'en tient à la prudence / Le patron de JP Morgan juge la période particulièrement dangereuse

Les solides résultats dégagés par JP Morgan au troisième trimestre n’empêchent pas le célèbre patron de la banque américaine de dresser un tableau inquiétant des menaces auxquelles le monde est confronté.
Le patron de la banque JPMorgan, Jamie Dimon - NurPhoto via AFP
Le patron de la banque JPMorgan, Jamie Dimon - NurPhoto via AFP

"Il s'agit peut-être de la période la plus dangereuse que le monde ait connue depuis des décennies ". Difficile, en écoutant Jamie Dimon, le directeur général de JP Morgan, d’imaginer que la banque d’affaires américaine a présenté vendredi des résultats supérieurs aux attentes pour son troisième trimestre 2023. Son bénéfice net s’est hissé à 13,2 milliards de dollars sur le trimestre écoulé, en forte hausse de 35%, tandis que son produit net bancaire (PNB), l'équivalent du chiffre d'affaires, a bondi de 22%, à 39,9 milliards de dollars.

Bien sûr, l’établissement a profité de l’acquisition au deuxième trimestre de la First Republic Bank en faillite. Toutefois, même hors cette opération, JPMorgan a enregistré des hausses à deux chiffres de ses deux principaux agrégats financiers sur la période. Une performance fortement liée à l’environnement de hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed), qui se situent à leur plus haut niveau depuis 2001. La plus grande banque américaine par la taille des actifs a en effet vu son revenu net d’intérêt, soit la différence entre les intérêts perçus sur les prêts accordés et ceux versés aux déposants, bondir de 30% à 22,7 milliards de dollars.  

Pour autant, si "actuellement, les consommateurs et les entreprises américaines demeurent généralement en bonne santé", ils sont en train de dépenser les réserves de liquidités excédentaires qu’ils avaient accumulées pendant la pandémie, tandis que "les marchés de l'emploi restent tendus ", a observé Jamie Dimon. De plus, "les déficits budgétaires les plus importants jamais enregistrés en temps de paix, augmentent les risques que l'inflation reste élevée et que les taux d'intérêt continuent d'augmenter ", a prévenu le dirigeant.

Et ce alors que "nous ne connaissons pas encore les conséquences à long terme du resserrement quantitatif (monétaire), qui réduit la liquidité dans les marchés financiers à un moment où les capacités de tenue de marché sont de plus en plus limitées par la réglementation". Sans compter que " la guerre en Ukraine, aggravée par les attaques de la semaine dernière contre Israël, pourrait avoir des répercussions considérables sur les marchés de l'énergie et de l'alimentation, sur le commerce mondial et sur les relations géopolitiques", a-t-il mis en garde. De quoi relativiser des bénéfices qu'il serait sans doute imprudent de prendre pour acquis.

Une vision prudente qui profite en tout cas visiblement à JP Morgan, alors que l'année dernière, Jamie Dimon avait déjà mis en garde contre l'imminence d'un "ouragan" économique alors que le monde était aux prises avec les premiers jours de la guerre en Ukraine et l'impact des hausses de taux de la Fed.

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