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Les PME et ETI, témoins d’une progression de leurs défaillances qui s’accélère / Une part dans le total des défauts au plus haut depuis la crise financière

La hausse des défaillances d’entreprises ralentit. Une tendance encourageante qui ne saurait, pour autant, cacher une dynamique moins positive observée du côté des PME et des ETI, dont la proportion dans le total des dépôts de bilan a atteint un plus haut depuis 2010. Elles concentrent, de plus, près de 60 % emplois menacés par les défauts de sociétés françaises.
Les PME et ETI, témoins d’une progression de leurs défaillances qui s’accélère - (Photo by BERND WEISSBROD / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)
Les PME et ETI, témoins d’une progression de leurs défaillances qui s’accélère - (Photo by BERND WEISSBROD / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

Les chiffres des défaillances d’entreprises de la Banque de France, publiés au début du mois d’octobre, témoignaient d’un retour aux niveaux d’avant-Covid du nombre de dépôts de bilan des sociétés françaises. Et si "l’effet rattrapage", lié à la levée des aides publiques qui avaient maintenu à flot des entreprises en difficulté durant la crise sanitaire, semble commencer à se tarir, reste que les entreprises tricolores ne sont pas toutes logées à la même enseigne. Les PME et ETI ont en effet plus particulièrement souffert lors du troisième trimestre de 2023.

Certes, l’augmentation générale de 23 % du nombre de défaillances d’entreprises (à 10 979) de juillet à septembre, calculée par le cabinet Altares dans sa dernière étude publiée cette semaine, fait bien état d’une hausse générale qui ralentit. Mais la situation des PME et ETI continue de son côté à se dégrader. Car elles "représentent désormais 8,2 % des défauts. C’est 2 % de plus qu’en été 2019 et c’est aussi le taux le plus élevé depuis la crise financière [de 2008, ndlr]", alerte Thierry Million, le directeur des études Altares.

Tout d’abord, la progression des défaillances est au sein de cette population supérieure à la moyenne. Près de 900 PME et ETI ont fait faillite au fil du troisième trimestre : soit une progression de 32 % sur un an. "Il s’agit de l’été le plus sinistré depuis 2014", observe Altares. De plus, si moins de la moitié d’entre elles sont directement liquidées (offrant donc un tant soit peu de répit aux salariés), près de 60 % des emplois menacés (21 800 sur 37 300) y sont concentrés. Une statistique d’autant plus inquiétante qu’elles ne représentent pour rappel que 8,2 % de l’ensemble des défauts.

 

La sinistralité chez les TPE est forte, mais la tendance moins dynamique

 

En termes de valeur, les TPE demeurent les structures les plus concernées par les défaillances, avec 10 080 entreprises ayant mis la clé sous la porte. Mais en matière de progression, la hausse reste inférieure de près de dix points à celle des PME et ETI. Pour autant, concernant l’effet rattrapage qui résulte de la fin du "quoi qu’il en coûte", celui-ci semble donc être sous contrôle. Les jeunes entreprises (entre trois et cinq ans d’existence), qui ont donc été créées avant le Covid, tiennent bon.

Leurs défaillances ont progressé de 13 % sur un an, une dynamique donc bien inférieure à la moyenne générale. "Cette performance s’accompagne également de meilleures perspectives de rebond, puisque le nombre de liquidations judiciaires n’augmente que de 9 % à la faveur des redressements judiciaires en hausse de 24 %", fait valoir Altares.

Les liquidations judiciaires auront d’ailleurs plus particulièrement concerné les très jeunes entreprises, de moins de trois ans, dont les défaillances ont accéléré de 32 % au titre du troisième trimestre. Et 81 % d’entre elles ont été immédiatement liquidées, souligne l’étude d’Altares. Plus généralement, dans l’ensemble, "72 % des jugements prononcés sont des liquidations judiciaires, un taux très élevé qui confirme la grande faiblesse financière dans laquelle se trouvent ces entreprises. Ce taux de liquidation, inversement proportionnel à la taille de l’entreprise, grimpe à plus de 75 % chez les plus petites structures et descend à 10 % pour les plus grandes. Ces dernières, mieux armées pour piloter leur activité peuvent davantage prévenir le risque", remarque ainsi Thierry Millon.

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