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Sur les marchés / Abivax / biotech / Nasdaq / Philippe Pouletty / Bourse / Marc de Garidel

Sur les marchés
Abivax / biotech / Nasdaq / Philippe Pouletty / Bourse / Marc de Garidel

Des fonds frais pour Abivax après son introduction au Nasdaq / Une visibilité certaine et un objectif accompli malgré un accueil mitigé

La biotech de la galaxie Truffle Capital a fait ses premiers pas, vendredi, à la Bourse américaine. Cette opération aura permis à Abivax de lever plus de 220 millions d’euros, lui offrant une visibilité financière nécessaire à l’exécution de son calendrier clinique. Une nouvelle cotation, en plus de celle sur la Place de Paris, qui apparaît par ailleurs judicieuse au regard des opportunités de marché ouvertes aux États-Unis.
Des fonds frais pour Abivax après son introduction au Nasdaq - © Photo by LOIC VENANCE / AFP
Des fonds frais pour Abivax après son introduction au Nasdaq - © Photo by LOIC VENANCE / AFP

Dans un environnement où les levées de fonds se tarissent, l’IPO d’Abivax au Nasdaq aura le mérite d’avoir atteint son objectif. La biotech fondée par Philippe Pouletty et incubée par Truffle Capital est parvenue à lever 235 millions de dollars (223 millions d’euros), sur la base d'un prix de 11,6 dollars par action.

Dans le détail, l’opération a tout d’abord consisté en l’offre de 18,7 millions d’actions sous forme d’American Depositary Shares (ADS) aux États-Unis. "La société a émis des actions, qui vont être vendues sous forme d’ADS aux investisseurs américains. Un ADS est matérialisé par un American Deposit Receipt (ADR). Il y a un dépositaire (en l’occurrence Citibank), qui reçoit ces actions en dépôt et émet en contrepartie des ADR. Le porteur d’ADS n’a pas directement la qualité d’une actionnaire, mais bénéficie toutefois de ses droits et peut les convertir en actions. Sur cette opération, le ratio est simple : un ADS donne le droit à une action Abivax. Lorsque l’on se cote sur le Nasdaq, en qualité de société française, il s’agit ainsi d’une manière de concilier les exigences des droits américain, européen et français", explique Guilhem Richard, avocat associé au cabinet Gide Loyrette Nouel et conseil du syndicat bancaire (Morgan Stanley & Co, Leerink Partners, Bryan Garnier & Co and LifeSci Capital) sur cette opération, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Étudiée puis confirmée

 

En parallèle, une offre de 1,6 million d’actions ordinaires, au travers d’un placement privé européen a aussi été ouverte. "Les actionnaires européens qui voulaient participer à l’opération pouvaient ainsi le faire sous forme d’actions ordinaires souscrites, cette fois, sur Euronext Paris", précise l’avocat.

Une double cotation dont l’intention avait été révélée au mois d’août dernier par le spécialiste des maladies chroniques inflammatoires, avant d’être confirmée au mois de septembre. L’objectif est clair : renforcer la trésorerie de la biotech dirigée par Marc de Garidel afin de financer le développement de ses médicaments et assurer ses activités jusqu’à l’annonce des premiers résultats des essais d’induction de phase 3 ABTECT-1 et ABTECT-2 pour les patients atteints de rectocolite hémorragique (RCH), ainsi que des premiers résultats de l’essai d’induction de phase 2a pour la maladie de Crohn, une maladie cousine de la RCH. Au fin août 2023, la trésorerie existante d’Abivax s’élevait à 118 millions d’euros, lui offrant déjà une visibilité financière jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2024.

 

Marché cible

 

Et pourquoi donc le Nasdaq ? D’une part, en matière boursière, les États-Unis représentent un horizon intéressant pour les entreprises du secteur de la santé. "L’accès au marché américain représente plusieurs bénéfices. Dans le domaine de la santé, il s’agit du 1er marché qui représente près de la moitié des parts de marché mondial. La base d’investisseurs spécialistes du domaine de la santé y est donc plus profonde et mature. Il y a plus d’argent disponible, et les montants levés sur le Nasdaq sont généralement supérieurs à ce que l’on observe en Europe. Cependant, pour ces émetteurs la cotation Nasdaq est complémentaire à une cotation à Paris qui la précède et la prépare", ajoute Guilhem Richard.

D’autre part, en termes de stratégie, l’opération permettra aussi à Abivax de "s’américaniser". Ce qui représente un avantage certain en vue d’une future commercialisation. "Stratégiquement, pour ces sociétés du secteur de la santé la cotation aux États-Unis facilite l’accès à un marché unique à la réglementation unifiée. Le développement commercial y est potentiellement plus facile qu’en Europe où il faut observer un particularisme propre à chaque État membre en matière de régulations, politiques de santé publique et de remboursement des soins qui diffèrent en fonction des pays", souligne Guilhem Richard.

 

Quelle visibilité financière ?

 

Toutefois, à la clôture ce vendredi, le titre Abivax s’affichait en baisse de 26 % sur le marché Euronext et de 8 % ce lundi. À New York, vendredi, l’action reculait également. "Le prix par action fixé pour l’IPO Nasdaq d’Abivax est ressorti en bas de fourchette [de 11,6 à 13 dollars] au prix seuil de 11,6 dollars et 10,98 euros (contre un dernier cours à 11,78 euros, soit une décote de 6,8 %). […] Selon nos estimations, [la somme levée] devrait représenter une levée d’un montant net compris entre 200 millions d’euros et 230 millions d’euros, sachant que la société consomme depuis ce semestre l’équivalent de 160 millions d’euros par an", notent de leur côté les analystes de chez Invest Securities.

Un accueil mitigé, qui reste à mettre en perspective avec un environnement de marché défavorable qui attise la nervosité des investisseurs. L’indice Nasdaq Biotechnology Index a d’ailleurs reculé de 8 % sur les trois derniers mois. Pour autant, ces débuts timides ne remettent pas en cause le montant important levé par Abivax, qui devrait, toujours selon InvestSecurities, sécuriser les activités de l’entreprise dirigée par Marc de Garidel jusqu’à fin 2025.

Cela sans compter les différents leviers de financement activés par Abivax depuis le début de l’année. En début d’année, la société avait notamment réalisé un financement en fonds propres de 130 millions d’euros auprès de différents investisseurs (existants et nouveaux). Plus après, la société avait aussi réalisé deux financements structurés d’un montant total maximum de 150 millions d’euros. En incluant 90 millions d’euros de dette toujours potentiellement activable, InvestSecurites estime ainsi que l’entreprise aura une visibilité financière jusqu’à la mi-2026. L’IPO d’Abivax sur le Nasdaq aura, par ailleurs, été la plus importante pour une biotech française.

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