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Scor plie sous le poids des sinistres / Mais Thierry Léger maintient le cap
Pour Thierry Léger, directeur général de Scor depuis mai et qui présentait il y a deux mois sa feuille de route pour le réassureur, c’est le vrai baptême du feu. Le troisième trimestre du groupe dont il a pris les commandes il y a six mois, succédant à Denis Kessler, vient de se révéler plus difficile que prévu. Une période, il est vrai, traditionnellement risquée dans le monde de l’assurance et de la réassurance dommages.
Et qui a donc en l’occurrence été marquée pour Scor par des catastrophes naturelles ayant dépassé le budget qui leur était alloué, en particulier en raison des sinistres causés par les incendies de Hawaï. Mais aussi par des sinistres dit "attritionnels" – soit des sinistres de forte fréquence et de montants faibles – reflétant un niveau élevé de sinistres "man-made" (du fait de l’Homme). Des événements adverses qui se reflètent dans le ratio combiné, mesure de rentabilité technique rapportant les sinistres aux primes, qui est remonté à 90,2 % au troisième trimestre après 88,5 % au deuxième.
Évidemment, ce ratio est bien meilleur que celui affiché il y a un an, qui s’était envolé à 148 % sous l’effet de nombreuses catastrophes naturelles de grande ampleur telles que l’ouragan Ian en Floride, le typhon Nanmadol au Japon et l’ouragan Fiona au Canada. D’ailleurs, le résultat net de 147 millions d’euros dégagé par Scor au troisième trimestre, se compare très favorablement à la perte de 752 millions d’euros subie à la même période de 2022. Mais il convient de rappeler que c’est cette période très difficile pour le groupe qui avait conduit à la mise en place d’un plan de redressement d’urgence qui s’était rapidement révélé efficace.
La solvabilité en retrait
Pour autant, ce résultat de 147 millions d’euros s’avère donc inférieur aux anticipations. Le consensus des analystes visait 183 millions d’euros de bénéfice net. De même pour le rendement des capitaux propres (RoE) de 13,7 %, contre 15,9 % attendus, la dynamique du premier semestre, où le RoE avait atteint 16,9 % se retrouvant mise à mal.
"Mais la principale déception selon nous est le ratio de solvabilité, inférieur de 11 points aux attentes", pointent les analystes d’UBS. L’écart est attribué à "une prudence accrue en matière de réserves ainsi que par une croissance planifiée plus importante. Cependant, nous ne pensons pas que la croissance prévue soit plus importante que celle évoquée lors du récent Capital Market Day", ajoutent-ils.
Aux yeux des dirigeants toutefois, ce n’est pas un trimestre difficile qui va remettre en cause les objectifs qu’ils se sont tout récemment fixés à un horizon de trois ans. "Forts d’un résultat net de 602,9 millions d’euros sur neuf mois, je nous considère bien positionnés pour réaliser le plan Forward 2026", a ainsi déclaré vendredi Thierry Léger. Un optimisme qui s’appuie notamment sur la bonne tenue des métiers de réassurance vie et santé ainsi qu’en investissements, où le groupe continue d’afficher des résultats stables et positifs.
Scor se prépare aussi activement pour les renouvellements des primes de réassurance du premier janvier "avec pour objectif de tirer parti du marché porteur à travers la souscription de nouvelles affaires à des niveaux de marge très attractifs", a souligné le dirigeant. Une confiance affichée du management qui tempère toutefois difficilement la déception des investisseurs. L’action Scor perdait un peu plus de 5 % à 26,6 euros vendredi après-midi, après avoir chuté de plus de 8 % en début de séance.
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