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Politique économique / transition énergétique / Emploi / emplois verts

Politique économique
transition énergétique / Emploi / emplois verts

La transition énergétique ne devrait pas détruire le marché du travail français / Pour autant la multiplication des emplois verts est encore loin

Les mythes autour de l’impact de la transition écologique sur l’emploi hexagonal sont encore difficiles à faire disparaître, oscillant tantôt entre destruction de pans entiers de l’économie et remède miracle pour atteindre le plein-emploi. Une étude du Conseil d’analyse économique livre une version bien plus nuancée ; les emplois verts ne représentent à ce jour que 0,5 % à 1 % de l’emploi total et ne devraient pas exploser dans les années à venir.  
RAYMOND ROIG / AFP
RAYMOND ROIG / AFP

Des emplois à pourvoir, des compétences supplémentaires et une prime salariale inexistante. C’est le drôle de paradoxe dévoilé par le Conseil d’analyse économique (CAE), dans sa dernière note en date, qui nuit à la transition énergétique et à la réalisation des objectifs climatiques hexagonaux. Ces emplois verts, caractérisés comme ceux "participant de manière directe à la décarbonation de l’économie", restent aujourd’hui peu nombreux.

Une conséquence de la particularité de ces emplois qui "se concentrent dans les professions qui ne sont pas hautement qualifiées, mais qui exigent des compétences spécifiques. Celles-ci ne sont pourtant pas rétribuées et ne conduisent qu’à une faible prime salariale verte". Qualifié comme une incohérence par les auteurs de la note, ce paradoxe induit "un déficit d’attractivité, qui devra être levé pour atteindre nos objectifs climatiques". Ce n’est pas la seule préconisation des auteurs de la note qui profitent de cette publication pour formuler plusieurs recommandations de politiques publiques.

 

Coût social

 

La transition énergétique ne sera pas associée à de la casse sociale et ne détruira pas l’emploi hexagonal : l'étude s’évertue à défendre cette thèse ainsi que sa recommandation de "mettre en place un prix plancher dynamique du carbone reflétant son coût social, a minima 150 euros/tCO2 aujourd’hui, et environ 250 euros en 2030". L’institution a effectivement étudié les effets "d’un prix du carbone unique de 100 euros la tonne à l’horizon 2030, imposé à toute l’économie", et a obtenu un impact macroéconomique sur l’emploi assez limité puisque de seulement -0,6 % à un horizon 2030 et "dans le scénario le plus défavorable ".

Pour autant ce scénario est jugé comme "peu probable car, d’une part, les entreprises ne manqueront pas d’adapter leur mix énergétique. Et, d’autre part, l’augmentation du prix du carbone sera probablement étendue à l’échelle européenne et s’accompagnera d’un mécanisme d’ajustement du carbone aux frontières qui permettra aux secteurs les plus exposés de mieux absorber le choc". Il est donc bien plus plausible, selon la note, d’observer des effets agrégés sur l’emploi qui soient positifs.

Le chiffre des emplois verts est également sujet à caution, puisqu’il est question d'une part de "ceux en cours de verdissement" d’environ 14 %, qui est fondé "sur une liste de 52 professions que l’on trouve principalement dans le secteur de la construction, de la fabrication et du transport ". Les auteurs estiment que cela "surestime grandement la part réelle de l’emploi en lien avec la transition, en comptabilisant "par exemple tous les plombiers, tous les maçons", il permet cependant de ne pas être aussi restrictif que la fourchette de 0,5 % à 1 %

 

Visibilité

 

Plusieurs autres recommandations sont mises en avant dont celle "d’encadrer plus strictement les mesures compensatoires au regard des objectifs de réduction de CO2 et assujettir l’ensemble des établissements de chaque entreprise soumise au marché européen du carbone". Il faudrait également un meilleur accompagnement dans la transition énergétique partant du constat de deux imperfections majeures dans ce qui est proposé aujourd’hui.

Premièrement il est jugé que pour les petites et moyennes entreprises, "il peut en effet être difficile pour leurs dirigeants d’identifier les actions permettant de décarboner efficacement leurs activités" et le second problème émane d’un "manque de visibilité sur la politique climatique et sur l’évolution du prix du carbone dans les années à venir, qui entraîne une incertitude sur la rentabilité des investissements". Pour remédier à ce risque aux deux visages, il est alors préconisé d’améliorer "les dispositifs d’accompagnement et de financements proposés par les différents acteurs".

Dernier problème et non des moindres, il s’avère que la " seule base annuelle de données sur les consommations d’énergie actuellement disponible est très incomplète : elle ne couvre que 40 % des établissements du secteur manufacturier et pas les autres secteurs de l’économie". Ce qui limite de facto les possibilités de mesures de l’impact des politiques publiques et empêche une mesure fine des émissions carbone dans les chaînes de valeur. La dernière recommandation propose ainsi de "créer pour l’ensemble des entreprises et des secteurs une base de données reportant les consommations et les dépenses énergétiques des entreprises, alimentée par les remontées systématiques des fournisseurs d’énergie".

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