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L’or noir scruté avec appétit par la Chine / La demande mondiale repart à la hausse
Le retour à plein régime de la croissance chinoise se fait attendre, pas celui de la demande de pétrole en provenance de l’Empire du Milieu. Une donne à prendre avec précaution alors que la prolongation ou non des réductions de l’offre devrait bientôt être décidée ou non tant à Riyad qu’à Moscou. Pour cette dernière, le moins qu’on puisse dire est que la situation est au beau fixe : l’Agence internationale de l’énergie (AIE) atteste dans son dernier rapport de l’effet limité des sanctions occidentales sur ses exportations d’hydrocarbures.
L’AIE a vu se produire une "baisse des prix internationaux du pétrole ayant plus que compensé la réduction de la décote des qualités russes par rapport aux qualités de la mer du Nord". L’effet majeur étant que "les prix du brut et des produits russes, à l’exception de l’essence et du VGO, ont été supérieurs au plafond de prix du G7".
Marcher sur des oeufs
À l’instar de la Banque mondiale et de ses différents scénarios échafaudés récemment, l’AIE garde un oeil inquiet sur la situation entre Israël et ses voisins. Cependant pour le moment, l’institution note que "la guerre entre Israël et le Hamas, qui a commencé début octobre, n’a pas eu d’impact matériel sur les flux d’approvisionnement en pétrole". Du côté des stocks mondiaux, ils ont certes augmenté de 9,9 millions de barils en septembre, il n’en reste pas moins qu’ils sont aujourd’hui estimés "proches de leurs niveaux les plus bas ". Sur l’ensemble du troisième trimestre 2023, les stocks de pétrole brut ont ainsi "chuté de 141,4 millions de barils (mb) et les stocks de produits pétroliers de 112,7 mb, les réductions de l’offre par les pays de l’OPEP + coïncidant avec une activité accrue des raffineries".
La situation semble également complexe aux yeux de PVM Energy. Le courtier en énergie fait d’une part son mea culpa en affirmant qu’il était "convaincu que la réduction de l’offre saoudienne et les prévisions de demande apparemment optimistes pour le quatrième trimestre entraîneraient une nouvelle poussée des prix à la hausse ". Une prise de position inefficace puisque "manifestement, cela n’a pas été le cas et, rétrospectivement, l’action unilatérale de l’Arabie saoudite pour stabiliser ou soutenir le marché s’est avérée aussi efficace que l’application d’un pansement sur une tension artérielle élevée".
Désormais la réponse du cartel pétrolier est attendue lors de sa réunion du 30 novembre et pourrait rejoindre "les sources anonymes de l’OPEP + [qui] ont annoncé de nouvelles réductions de l’offre". Un tel cas engendrait vraisemblablement : "une hausse des prix à court terme, mais leur impact à plus long terme semble douteux, car la question de la mise en œuvre et du respect des engagements sera déterminante". Point crucial néanmoins, en raison des "sombres perspectives économiques", il est avancé que " l’objectif de prix de plus de 100 dollars souvent cité de plus en plus difficile à atteindre - à moins que le pétrole ne soit militarisé ". Potentiel signe d’un consensus qui tarde à se dégager la réunion initialement prévue le 26 novembre a été reportée au 30 novembre. Javier Blas, chroniqueur énergie et matières premières à Bloomberg, évoquant à ce sujet une "lutte acharnée au sein de l’OPEP sur les niveaux de production".
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