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Fusions, Acquisitions / Safran / Olivier Andriès / défense / Aérospatial / Golden Power / Giorgia Meloni / Italie / France / Union européenne / Rafale / Eurofighter

Fusions, Acquisitions
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Safran sous le couperet du veto italien pour le rachat de Microtecnica / Giorgia Meloni veut conserver l'équipementier stratégique de l'Eurofighter

Rome a invoqué son " Golden Power " pour bloquer le rachat de Microtecnica par l’équipementier aéronautique français. En cause : des inquiétudes quant à une moindre priorité accordée à cette ligne de production stratégique, qui approvisionne notamment de l’avion de combat Eurofighter. Une surprise du côté de Safran, qui indique d'ores et déjà fournir des équipements à cet avion. 
Olivier Andriès, directeur général de Safran (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
Olivier Andriès, directeur général de Safran (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

Safran a été informé lundi, par voie de décret signé par la Première ministre italienne Giorgia Meloni, de la décision du gouvernement italien d’exercer son " Golden Power " et de s’opposer au rachat de Microtecnica par l’équipementier aéronautique français. Cette entreprise transalpine est un actif du spécialiste de l’actionnement et de commandes de vol de Collins Aerospace (filiale de l’américain RTX), concernée dans sa globalité par ce rachat souhaité.

Microtecnica en porte les activités italiennes, mais Collins Aerospace possède également d’autres actifs en France et au Royaume-Uni. L’Italie représente environ 15 % de son activité. L’acquisition de Collins Aerospace, d’un montant d’1,8 milliard d’euros et annoncée à la fin du mois de juillet, aurait représenté la plus importante depuis celle de Zodiac Aerospace en 2018 pour Safran. Seulement voilà, ce sera non du côté de l’Italie. Mais pas seulement : le décret, consulté par le Financial Times, indique que l’Allemagne aurait aussi été sollicitée par Rome en vue d’exercer son " Golden Power ". Pour rappel, ce dispositif lui confère le droit de bloquer un investissement étranger qui pourrait porter atteinte à sa souveraineté.

 

Le Rafale et l’Eurofighter au cœur des débats

 

Et ce sont précisément les raisons qui ont été avancées pour justifier ce veto. Toujours selon le décret, l’enquête gouvernementale ne permet pas de conclure que Safran "accordera la priorité nécessaire aux lignes de production industrielle présentant un intérêt pour la défense nationale". Sur le plateau de BFM Business ce mardi matin, le directeur général de Safran Olivier Andriès a expliqué : " Nous avons lu avec attention le décret signé par la Première ministre italienne. [Le rachat par Safran de Microtecnica] représente, je cite, ‘une menace exceptionnelle' ". En effet, les actifs italiens de Collins Aerospace fournissent notamment des commandes de vol à l’Eurofighter. Soit l’avion de combat développé par le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne… et un concurrent du Rafale de Dassault Aviation.

" Parce que nous sommes fournisseurs de Rafale, nous pourrions [selon le gouvernement italien] être en situation de ne pas livrer des pièces de recharge nécessaires à l’Eurofighter ", a poursuivi Olivier Andriès. Un procès d’intention dénoncé par le directeur général de Safran.

" Pour être clair, nous avons été stupéfaits. […] Ce qui est ironique, c’est que nous sommes déjà fournisseurs d’Eurofighter au travers de nos activités au Royaume-Uni, notamment concernant les trains d’atterrissage ", a pointé Olivier Andriès. Safran se montre d’autant plus surpris que de type de décisions fait généralement suite à des discussions menées entre les gouvernements et les industriels concernés, afin que ces derniers puissent apporter des gages de bonne foi et rassurer quant à leurs intentions. Cela n’aurait pas été le cas sur ce dossier, a regretté le directeur général de Safran.

 

Un procédé installé

 

Il ne s’agit évidemment pas de la première fois que le gouvernement italien choisi d’exercer son " Golden Power ", qui a été introduit en 2012 par le gouvernement de Mario Monti. Mais son recours a plus souvent concerné l’empêchement d’acquisitions stratégiques par la Chine. Comme en 2021, par exemple, lorsque le gouvernement de Mario Draghi avait bloqué la prise de participation de 70 % du capital de LPE, fabricant milanais d’équipements pour semi-conducteurs, par le chinois Shenzhen Investment Holdings.

Ou encore au mois de juin dernier, lorsque le gouvernement Meloni avait choisi de restreindre les ambitions du conglomérat Sinochem au sein de l’entreprise fabricante de pneumatique Pirelli. Moins habituel, donc, concernant des partenaires européens. Olivier Andriès a en tout cas indiqué que Safran restait engagé sur l’opération et en discussions avec le vendeur pour la suite.

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