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Altice s’attaque à ses dettes / Une cession d'actifs à Morgan Stanley en marge de résultats moroses
Alors qu’Altice France porte le poids de 24,1 milliards d’euros de dette, le groupe entame les manœuvres nécessaires pour s’en délester. En marge de la publication de ses résultats du troisième trimestre ce mercredi, l’entreprise dirigée par Arthur Dreyfuss a annoncé une opération visant à vendre ses centres de données en France, en négociations exclusives avec Morgan Stanley.
Exploités par SFR, ils sont au nombre de 257 et ont été réunis dans une structure baptisée UltraEdge. Elle est évaluée à 764 millions d’euros (soit environ 29 fois les résultats d’exploitation, ce dernier devrait d’ailleurs atteindre 26 millions d’euros au titre de l’année 2023.). L’opérateur télécoms cédera 70 % du capital à Morgan Stanley Infrastructures Partners, pour un montant de 530 millions d’euros. Enfin, à l’avenir, la filiale française du groupe dirigé par Patrick Drahi investira aux côtés de Morgan Stanley dans de nouveaux centres, ce qui pourrait lui permettre de générer 175 millions d’euros de recettes supplémentaires au fil des sept prochaines années. La transaction devrait quant à elle être bouclée au premier semestre de 2024.
Les échéances se rapprochent
Elle "reflète la stratégie d’Altice France en matière de gestion du bilan, qui comprend notamment la mise en œuvre d’un désendettement inorganique par le biais d’une gestion proactive de notre portefeuille d’actifs non essentiels", a assuré le groupe à l’occasion de l’annonce. Il faut dire que les échéances se rapprochent : le groupe devra commencer à rembourser certains de ses créanciers en 2025.
Reste par ailleurs à souligner qu’outre ce mur de dettes, l’activité d’Altice France a connu des jours meilleurs. Publiés ce mercredi, les résultats de la maison mère de SFR, mais aussi de BFMTV et RMC, ont fait état d’un chiffre d’affaires total en baisse de 2,8 % sur un an au titre du troisième trimestre de 2023, pour atterrir à 2,72 milliards d’euros. Le recul est particulièrement marqué sur le segment Télécoms d’Altice France (en baisse de près de 3 %), tandis que les facturations du pôle Médias se sont légèrement appréciées (de 0,8 % sur un an). SFR a pourtant gagné des abonnés mobiles au cours du troisième trimestre. À 20,53 millions à fin juin 2023, leur nombre s’élevait à 20,68 millions à fin septembre.
Moins de pertes qu’avant
Une augmentation qui tient notamment aux abonnés aux routeurs 4G, inclus pour la première fois dans le comptage des abonnés mobiles. Ce n’était pas le cas au deuxième trimestre, a expliqué Altice. Et cela aura notamment contribué à 58 000 ajouts nets d’abonnés au troisième trimestre. Pour le reste (consommateurs fibres et fixes), le nombre d’abonnés s’affiche à la baisse - malgré une contraction commerciale bien moins importante que sur les trimestres précédents. Le bénéfice d'exploitation avant amortissements et dépréciations (Ebitda) a quant à lui diminué de 5,4 % sur un an, à 997 millions d’euros, tandis que la dette a continué de gonfler depuis le mois d’août, pour atteindre donc 24,1 milliards d’euros.
Les prévisions à moyen terme ont toutefois été réaffirmées. Soit la croissance organique du flux de trésorerie opérationnelle disponible d’1 milliard d’euros, qui passera par la croissance du chiffre d’affaires, de l’Ebitda et de la réduction des dépenses d’investissement. L’objectif d’une dette autour de 4,5 fois l’excédent brut d’exploitation reste lui aussi maintenu. "La cession annoncée nous semble insuffisante face aux remboursements", observe-t-on du côté de chez Oddo BHF.
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