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Shares met le cap sur le marché français et ses investisseurs spécifiques / Un travail auprès des superviseurs mené en amont
Quelques mois après avoir obtenu le feu vert de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de l’Autorité de contrôle prudentiel de résolution (ACPR), la fintech Shares s’est lancée sur le marché français ce jeudi. Une suite logique pour cette entreprise implantée et cofondée en France en 2021 par Benjamin Chemla (déjà connu pour avoir créé le spécialiste de la livraison à la demande Stuart, racheté par La Poste en 2017), François Ruty et Harjas Singh, mais qui avait préféré faire ses premiers pas en Angleterre.
Ce néo-courtier vise en effet à démocratiser l’investissement en Bourse et en cryptomonnaies, au travers d’une application mobile permettant aussi aux utilisateurs de communiquer et de suivre les transactions de leur réseau. Pour se lancer dans un premier temps, le Royaume-Uni apparaissant plus pertinent, du fait de son marché de consommateurs "plus matures et avec une quantité d’investisseurs retail plus importante", observe Benjamin Chemla, cofondateur et président-directeur général de la start-up, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.
Rapidement, l’application a rencontré son succès. Les levées de fonds se sont enchainées (90 millions de dollars levés en trois tours de table jusqu'ici), permettant à la start-up de se développer et de mettre le cap sur la France. Car l’offre restait aussi à affiner pour entrer en adéquation avec des investisseurs français aux critères particuliers. "Depuis 2022, le monde de l'investissement retail n’est plus rythmé par la fréquence des transactions, mais plutôt par l'investissement plus long terme et l'engagement dans le temps. C’est à ce besoin et aux spécificités françaises que nous allons dédier tous nos prochains développements", explique Benjamin Chemla.
Cibler des épargnants aux multiples casquettes
Au programme de cette offre tricolore sur-mesure : la proposition initiale de Shares tout d’abord, qui permet donc de placer son épargne afin d’acheter et de vendre des actions de sociétés cotées, de cryptomonnaies, d’ETF… en clair, l’ensemble des produits financiers qui s’échangent sur les marchés.
Ensuite, deux services seront lancés spécifiquement en France. D’une part, un espace "entreprise" est désormais proposé. Les salariés des sociétés partenaires de Shares pourront avoir accès à leur épargne salariale sur l’application et la gérer plus simplement, tout en bénéficiant de la proposition de fonds indiciels et actifs. "C’est un marché assez peu challengé. Nous sommes pourtant à un moment où le régulateur français, au travers des lois Pacte et Partage de la Valeur, pousse les entreprises à proposer de l’épargne salariale", remarque Benjamin Chemla. D’autre part, il sera possible à partir de début 2024 d’avoir accès à un plan d’épargne en actions (PEA) sur l’application, permettant au travers de faibles commissions fixes et de la proposition de dispositifs fiscaux avantageux d’ajuster plus facilement son épargne individuelle.
Cette implantation hexagonale n’aurait, pour autant, pu se réaliser sans les deux autorisations obtenues auprès des superviseurs français : soit celles de l’agrément de prestataire de services d’investissement (PSI) et de l’enregistrement de prestataire de services sur actifs numériques (PSAN). Un travail de longue haleine, qui aura permis à Shares d’être la première fintech à obtenir cette double autorisation en juin dernier.
Aller chercher l'agrément PSAN
Du côté de l’agrément PSI, délivré par l’ACPR et supervisé par l’AMF, le processus aura duré près de 18 mois. Il permet notamment de vérifier l’origine des fonds de l’entreprise. Concernant l’enregistrement PSAN, délivré par l’AMF sous la houlette de l’ACPR, le but et le grade diffèrent. Shares n’est pas encore agréé (Forge, filiale de Société Générale, est pour l’instant l’unique acteur français de la cryptomonnaie à avoir obtenu l’agrément PSAN en juillet dernier). Seul l’enregistrement est toutefois nécessaire pour proposer ses services en France.
Dans le détail, l’enregistrement porte sur plusieurs types de vérification : l’honorabilité de l’entreprise et la compétence des dirigeants d'un côté, et la fiabilité des dispositifs mis en place en matière de lutte contre le blanchiment de l'autre. L’agrément est pour l'instant facultatif et limite essentiellement les communications et le marketing. Mais au regard de l’entrée en vigueur en 2025 du règlement européen sur les marchés de cryptoactifs MiCA, "l’agrément deviendra la norme. Nous avons l’intention d’aller le chercher dès l’année prochaine", souligne Benjamin Chemla.
En attendant, Shares se félicite de ce lancement français. Fort de plus de 100 000 utilisateurs depuis son lancement en 2022 en Angleterre (donc 40 % de femmes), les dirigeants de la start-up auront passé l’été à créer une communauté française. Au total, près de 10 000 requêtes d’inscription à l’application ont été reçues. Et Benjamin Chemla s’en réjouit : "Nous nous adressons autant à un nouveau public qu'à des investisseurs aguerris. Le but, dans tous les cas, reste le même pour nous : proposer une vision à 360 degrés sur ses finances".
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