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Climat : pourquoi Société Générale se concentre (pour l’instant) sur la méthode NZBA / Des ambitions climatiques qui se veulent des plus volontaristes
Ne pas tirer de conclusions trop hâtives. Selon Reuters, quatre banques internationales dont Société Générale auraient "renoncé" à se faire certifier par l’initiative Science Based Targets (SBTi), soutenue par les Nations Unies et qui s’assure que les objectifs climatiques fixés par les entreprises sont bien alignés avec ceux de l’Accord de Paris.
D’après des sources citées par l’agence de presse, "les banques redouteraient (en effet) que leur engagement avec la SBTi n’entrave leurs capacités à financer les énergies fossiles. D’autres s’inquiéteraient de la difficulté de répondre à ses exigences en matière de fixation des objectifs d’émissions de gaz à effet de serre ". À l’inverse, l’alliance Net-Zero Banking (NZBA), qu’elles ont rejointe, serait "moins restrictive " et plus "permissive" sur le financement des énergies fossiles.
Un cadre pour les institutions financières pas encore prêt
Un mauvais signal alors que se tient la (déjà) très controversée COP28 à Dubaï. Mais pour Société Générale, la réalité est un peu plus complexe que cela. "La méthodologie SBTi pour les banques est toujours en cours de revue et devrait être publiée en 2024 ", nous explique-t-on du côté de la banque de la Défense.
De fait, l’on peut lire sur le site de la SBTi que le cadre de la définition zéro net dédié aux institutions financières n’est pas encore fixé. Si une première étape a déjà été franchie en avril 2022 avec la publication d’un document de base, celui-ci est désormais ouvert à un processus de discussion avec les parties prenantes pour élaborer des critères concrets et des orientations détaillées, utiles à la formulation et la mise en œuvre par les banques de leurs objectifs d’alignement climatiques.
C’est donc dans ce contexte que la banque, alors dirigée par Frédéric Oudéa, a décidé, en janvier dernier, de préciser au SBTi qu’elle se concentrerait sur son engagement auprès de la NZBA, qu’elle a rejoint dès sa création en avril 2021, "tout en suivant activement l’évolution de la méthodologie SBTi ".
Pour mémoire, la NZBA est un programme regroupant 139 banques dans le monde, chapeauté par les Nations Unies et officiellement soutenu par la Fédération bancaire française, ce qui garantit a priori de son sérieux. Elle permet à tous les membres, représentant environ 41 % des actifs bancaires mondiaux, de disposer d’une méthode elle aussi basée sur la science, afin de définir des objectifs de réduction d’émissions d’ici 2050, notamment s’agissant de leurs activités de crédit ou d’investissement pour compte propre, avec la possibilité de se fixer des objectifs intermédiaires d’ici à 2030. Une initiative qui a permis à Société Générale de "progresser sur l’alignement de son portefeuille ", explique la banque rouge et noire.
Une collaboration étroite
Lundi dernier, le groupe communiquait d’ailleurs un point d’étape sur le respect de ses différents objectifs climatiques, se félicitant, entre autres, non seulement du retrait effectif de ses activités dans le secteur du charbon thermique, mais aussi de la forte accélération de son objectif de réduction au secteur de la production de pétrole et de gaz, avec une nouvelle cible de -80 % d’ici 2030 par rapport à 2019 avec l’étape intermédiaire de -50 % en 2025 (contre -20 % précédemment), "soit l’une des plus volontaristes parmi les acteurs bancaires mondiaux ", a souligné l’établissement français qui travaille également au lancement d’un nouveau fonds d’investissement d’un milliard d’euros dédié la transition énergétique.
Pour l’heure, le groupe assure collaborer activement à la mise en place d’un cadre SBTi, confirmant ainsi son engagement de longue date en faveur de la transition énergétique : "Dès 2019, en l’absence de méthodologie, Société Générale a travaillé avec d’autres banques afin d’élaborer une méthodologie commune applicable aux portefeuilles bancaires. Cela a abouti à la publication de la méthodologie PACTA (Paris Agreement Capital Transition Assessement) en septembre 2020 ". Pour rappel, cet outil, soutenu par la Commission européenne, permet notamment aux investisseurs de mettre en œuvre les recommandations de la Task Force on Climate-Related Financial Disclosures (TCFD) en s’appuyant sur une base de données financières liées au climat.
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