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Macro-économie / Taux / Agence France Trésor / Antoine Deruennes

Macro-économie / Taux
Agence France Trésor / Antoine Deruennes

Taux d’intérêt : l’Agence France Trésor ne craint pas le resserrement quantitatif / Ses émissions s’annoncent pourtant massives

En 2024, il sera émis pour 285 milliards d’euros d’obligations d’État à moyen et long termes (rachats exclus), d’après le programme indicatif de financement de l’Agence France Trésor. Rapporté à la taille de l’économie française, ce montant constitue un record (hors années marquées par les crises pandémique et énergétique), alors que dans le même temps la Banque centrale européenne pourrait encore alléger sa présence sur les marchés obligataires.
Antoine Deruennes, directeur général de l'Agence France Trésor - DR
Antoine Deruennes, directeur général de l'Agence France Trésor - DR

À l’image des dernières années, la France va ardemment solliciter les marchés obligataires pour financer le train de vie de sa puissance publique. D’après le programme indicatif de financement de l’Agence France Trésor (AFT), chargée de gérer la trésorerie et la dette de l’État, les émissions (nettes des rachats) à moyen et long termes d’obligations d’État devraient atteindre 285 milliards d’euros en 2024, contre 270 milliards d’euros en 2023.

Il s’agit d’un paradoxe alors que le besoin de financement s’affiche en baisse de 13,6 milliards d’euros par rapport à 2023 en raison d’une forte diminution du déficit budgétaire de l’État (partiellement compensée par l’augmentation de la dette à amortir en 2024) : il s’affiche à 144,5 milliards d’euros contre 171,2 milliards d’euros en 2023. Cela s’explique par le fait que, contrairement aux années précédentes, l’AFT ne mobilisera pas la trésorerie de l’État pour faire face aux besoins de financement (elle avait puissamment gonflé pendant la crise pandémique).

Rapporté à la taille de l’économie française, le montant des émissions à moyen et long termes s’établira à un niveau record en 2024 (hors années marquées les crises pandémiques et énergétiques, soit 2020, 2021, 2022) pour atteindre 9,7 % du Produit intérieur brut (PIB). Un record qui prend place dans un contexte où une accélération de la baisse de la demande de titres à revenu fixe en provenance de la Banque centrale européenne (BCE) pourrait se produire en 2024. La normalisation de sa politique monétaire liée à la lutte contre l’inflation la conduit à faire moins sentir sa présence sur les marchés obligataires (quantitative tightening – resserrement quantitatif).

En effet, la BCE a, dans le cadre de son programme traditionnel d’achat d’actifs (APP), mis fin à ses réinvestissements depuis juillet 2023. La fin des réinvestissements de l’APP a provoqué une diminution de 17,2 milliards d’euros du stock de dette publique française détenue par l’Eurosystème (en l’occurrence la Banque de France) entre juillet 2023 et novembre 2023, soit une baisse de 3,3 % de l’encours possédé par la Banque centrale hexagonale au titre de l’APP.

Il n’en demeure pas moins que, "nous avons mené à bien notre programme de financement en 2023, ce en accord avec notre politique d’émission, c’est-à-dire au mieux des intérêts du contribuable et dans les meilleures conditions possibles de sécurité", a fait valoir Antoine Deruennes, directeur général de l’AFT, à l’occasion d’une conférence de presse.

Et la BCE pourrait décider, au titre de son programme d’achat d’actifs pandémique (PEPP), de cesser les réinvestissements dès l’an prochain (dans le cadre du PEPP, la Banque de France détient pour 298,6 milliards d’euros de dette publique hexagonale). Une réduction supplémentaire de la demande de titres qui n’a pas de quoi effrayer "les traders de la République". "Par le passé, nous avons émis sans encombre dans différentes circonstances : quand la BCE était très présente et quand elle ne l’était pas", a fait remarquer Antoine Deruennes.

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