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Des indicateurs dangereusement dans le rouge dans les TPE-PME / Un indispensable étalement du remboursement du PGE
2023 se termine et les dirigeants de PME redoutent déjà 2024. Leur moral est en baisse pour le second semestre et les raisons s’accumulent. Selon la dernière enquête de conjoncture publiée par la CPME et réalisée auprès de 1418 entreprises, quasiment toutes (91 %, stable par rapport à l’enquête de mai dernier) ressentent toujours les effets de l’inflation qui se traduit par une baisse des marges entre 2019 et aujourd’hui pour près moitié d’entre elles (49 %).
Il faut dire que 7 patrons sur 10 se déclarent "pris en sandwich", entre les augmentations de prix de leurs fournisseurs d’un côté et la pression de leurs clients de l’autre, réclamant dans le même temps une diminution des prix. Résultat : 31 % du panel ne répercutent pas l’augmentation du prix de revient (qui peut parfois dépasser les 10 % pour 27 % des entreprises interrogées) sur leurs prix de vente.
Ce qui les inquiète le plus : la baisse de l’activité à 47 %, suivie de l’inflation (28 %), le recrutement (24 %), et dans une moindre mesure les délais ou retards de paiement (18 %).
Une baisse du chiffre d’affaires qui est déjà visible, 42 % des dirigeants interrogés déclarant une détérioration de leur trésorerie. Une mauvaise nouvelle pour le remboursement des prêts garanti par l’Etat (PGE) alors que plus d’un quart (28 %) des entreprises se disent en difficulté pour honorer leurs échéances et 3 % ne parviennent déjà plus à le rembourser.
Le président de la CPME, François Asselin, avait d’ailleurs prévenu devant les sénateurs en novembre dernier : "les TPE-PME qui étaient jusqu’ici solides commencent à se fragiliser et à avoir des problèmes de remboursement de leur PGE. Si la Banque de France n’évalue qu’à 4,5 % le nombre de sinistres sur les PME, nous constatons que les investissements productifs commencent à se figer", avait-il alerté, appelant à un étalement du remboursement des PGE sans dégradation de la cotation Banque de France. Une idée approuvée à 62 % des entreprises interrogées.
Une mesure de soutien d’autant plus indispensable que côté financement, elles n’ont pas quoi être rassurées : 57 % estiment l’accès au crédit bancaire difficile. Il serait même plus facile d’obtenir un appui bancaire pour financer un investissement plutôt que pour renflouer la trésorerie de l’entreprise. De fait, seuls 52 % des financements de trésorerie sont acceptés contre 73 % des demandes de soutien financier aux investissements.
L’on notera que le prix de l’énergie reste également un sujet de préoccupation majeur pour les TPE-PME. Plus de la moitié des dirigeants estime qu’il est actuellement un problème pour l’entreprise, 7 % allant même jusqu’à juger probable une cessation d’activité si une baisse n’intervient pas rapidement. D’ailleurs, 67 % du panel considère que la question du prix et de la disponibilité de l’énergie se posera à nouveau durant l'hiver 2024.
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