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Assemblée générale d’Orpea : un exercice de pédagogie utile envers les actionnaires minoritaires / La nouvelle composition du conseil d'administration largement approuvée
Les assemblées générales sont l’un des rares moments dans l’année au cours desquels une équipe dirigeante est directement confrontée aux actionnaires individuels de l’entreprise. Le groupe Orpea n’a pas dérogé à la règle ce vendredi matin. L’occasion pour de nombreux petits porteurs de faire valoir leur incompréhension et leur inquiétude de se voir massivement dilués dans le cadre de la restructuration financière du groupe gestionnaire d’Ehpad.
Des petits porteurs qui veulent être considérés
Parlant de "spoliation", certains d’entre eux n’ont pas hésité à reprocher à Guillaume Pepy, président du conseil d’administration d’Orpea et à Laurent Guillot, le directeur général, tous deux aux commandes de l’entreprise depuis juillet 2022, "leur toupet d’afficher un tel satisfecit " - la première partie de l’assemblée générale était consacrée, entre autres, au bilan de l’action de redressement du groupe, tant du point de vue financier, social et de l’offre de soins, au cours des 18 derniers mois -, d’ignorer l’avenir des actionnaires minoritaires (l’un d’entre eux demandant la création d’un "club" dédié) ou encore "de charger la barque " de l’ancienne direction, responsable selon eux d'un tel niveau d’endettement du groupe.
Rappel des faits
Un moment sans doute désagréable pour les deux dirigeants d’Orpea mais qui fut aussi nécessaire. Il lui a en effet permis de faire preuve de pédagogie en expliquant les nouvelles règles (ordonnance du 15 septembre 2021) régissant la restructuration financière des entreprises et la situation de l’entreprise à leur arrivée. "La crise de liquidité a presque tué le groupe. Elle est le fait de la volonté de croissance immobilière débridée de l’ancienne gouvernance. Nous n’avions plus les moyens d’honorer les salaires de nos collaborateurs en juin 2022", a rappelé Laurent Guillot, assurant que le dialogue avec les actionnaires serait relancé l’année prochaine. "Il nous fallait pourtant maintenir la continuité de notre activité tout en trouvant de la liquidité, c’est dans ce contexte que les banques nous ont accordé 1,7 milliard d’euros de prêts à l’automne qui a suivi. Mais, du fait notamment de la hausse des taux d’intérêt et de la crise immobilière, nous nous sommes vite rendu compte que nous étions insolvables. La restructuration financière menée par le groupement était indispensable à la survie d’Orpea ", a-t-il souligné.
Des arguments complétés par Guillaume Pepy : "Nous ne sommes plus une société obsédée par l’immobilier. Nous sommes une société humaine au service des patients et des résidents ", a martelé l’ancien patron de la SNCF, qualifiant les actionnaires minoritaires de "victimes de l’attitude de l’ancienne équipe managériale ". "Ce scandale n’a pas d’équivalent sur les 20 dernières années. C’est l’un des très rares cas où deux anciens dirigeants (Yves Le Masne, ancien directeur général et l’ex-directeur financier, Sébastien Mesnard, ndlr) sont maintenus en détention provisoire pour corruption et escroquerie, c’est dire la gravité des faits ! ", a-t-il souligné.
Les représentants du groupement approuvés
Ces échanges n’ont toutefois pas empêché l’assemblée d’approuver la quasi-totalité des résolutions soumises au vote, y compris celle, à plus de 90 %, prévoyant pour Laurent Guillot une rémunération exceptionnelle au titre de 2022, en récompense du travail accompli depuis sa prise de fonction.
Par ailleurs, l’entrée des différents représentants du groupement à l’origine de la restructuration financière et mené par la Caisse des Dépôts et ses alliés (CNP Assurances, MAIF, MACSF), qui a officiellement pris le contrôle d'Orpea mardi dernier, a été largement acceptée (à plus de 96 % pour chacun d’entre eux), tout comme celle de Philippe Grangeon, ancien conseiller spécial du président de la République et cofondateur d’En Marche (choisi pour son expertise sur les problématiques de communication, de ressources humaines et de gestion de crise) à 94,55 %, celle de Sibylle Le Maire, directrice déléguée du groupe Bayard et fondatrice du Club Landoy dédié à la transition démographique en lien avec les entreprises, à 96,13 % ou encore celle de Meka Brunel, l’ex-directeur général de Gecina à 96,62 %.
Des actionnaires rancuniers
Seules deux résolutions ont été rejetées : celle portant délégation de pouvoirs au conseil d’administration pour l’émission et l’attribution, à titre gratuit, de bons de souscription d’actions, avec suppression du droit préférentiel de souscription, au profit du groupement, faute d’avoir réuni les deux-tiers des votes (approuvée à seulement 65,55 %). La seconde, et preuve que les actionnaires ont bien compris le message que Laurent Guillot et Guillaume Pepy ont souhaité leur faire passer, concerne la rémunération au titre de 2022 (au prorata temporis) prévue pour Yves Le Masne. Elle a été refusée à près de 90 % des votes.
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