Macro-économie / Taux / Saint-Gobain / Benoit Bazin
Macro-économie / Taux
Saint-Gobain / Benoit Bazin
L’année 2024 vue par… Benoit Bazin /
Directeur général de Saint-Gobain
Quel bilan tirez-vous de votre année 2023 ?
Dans un environnement macroéconomique très chahuté, qui devient la norme pour toutes les entreprises, Saint-Gobain a une nouvelle fois démontré sa résilience. Ce bilan positif, nous les devons à la pertinence de notre positionnement comme leader de la construction durable, à l’évolution de notre présence géographique vers l’Amérique du Nord, l’Asie et les pays émergents où nous réalisons désormais plus de 60 % de nos résultats, et enfin à une très belle performance opérationnelle.
Les chiffres ne seront annoncés qu’en février prochain, mais on peut d’ores et déjà réaffirmer que notre stratégie, centrée sur le développement de solutions durables et innovantes à impact positif et soutenu par une forte politique d’innovation et d’investissement de croissance porte ses fruits. Alors que les hypothèses de marchés se confirment avec une situation contrastée entre la baisse marquée de la construction neuve dans certaines géographies et la bonne résilience générale de la rénovation, nous anticipons que 2023 sera une nouvelle année de succès et visons un nouveau record de marge d 'exploitation, à deux chiffres pour la troisième année consécutive.
Plus globalement, comment se porte votre secteur d’activité ?
C’est d’abord très variable d’un pays à l’autre, avec des zones dynamiques comme l’Amérique du Nord, ou l’Asie. Si on parle de la France, on sait que le secteur du neuf résidentiel n’est pas au meilleur de sa forme.
La rénovation du bâti, en revanche, qui représente environ 70 % de notre chiffre d’affaires hexagonal, continue de bénéficier d’une bonne dynamique, parce qu’il faut impérativement améliorer l’efficacité thermique des bâtiments publics et des passoires énergétiques, pour éviter qu’elles sortent du parc immobilier.
Dans ce contexte, il est important de conforter le tissu de promoteurs, de constructeurs de maisons individuelles et d’artisans qui, outre les emplois qu’ils représentent, sont indispensables pour répondre aux besoins structurels et croissants en logements et aux exigences de rénovation énergétique. .
Considérez-vous la transition énergétique comme une contrainte ou comme une opportunité de transformation et d’adaptation de vos métiers ?
En tant que leader mondial de la construction durable, Saint-Gobain joue un rôle de premier plan pour bâtir une économie neutre en carbone. 75 % de notre chiffre d’affaires a un impact positif pour la "sustainability". Nous travaillons à la fois sur notre offre Clients avec des solutions bas carbone et engagées dans l’économie circulaire, et sur nos propres émissions en optimisant nos procédés industriels.
Le Groupe a investi l’année dernière 191 millions d’euros pour réduire ses émissions directes, en ligne avec notre feuille de route à 2030 et notre objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. La réduction des émissions de CO2 scopes 1 et 2 atteint -27 % par rapport à 2017, alors que le Groupe a réalisé depuis une forte croissance : l’intensité carbone par euro de chiffre d’affaires a ainsi baissé de 42 % en 2022 par rapport à 2017. En parallèle, les solutions vendues par Saint-Gobain à travers le monde en un an permettent d’éviter l’émission d’environ 1 300 millions de tonnes de CO2 durant leur durée de vie, soit plus de 100 fois notre empreinte sur les scopes 1 et 2.
Il a été beaucoup question de la "grande démission" avec la crise sanitaire, mais aussi de l’apparition du télétravail notamment dans le secteur tertiaire. Comment vous adaptez-vous aux nouveaux modes de travail, aux nouvelles contraintes et aux nouvelles exigences de vos collaborateurs de manière à attirer et retenir les meilleurs talents ?
Saint-Gobain n’a pas attendu la crise sanitaire pour généraliser une certaine pratique du télétravail, même si la réalité physique de notre groupe partout dans le monde repose sur une présence dans nos usines, nos agences de distribution, nos centres logistiques ou de R & D, là où se crée le succès de la dynamique collective.
Nous avons également fait évoluer notre organisation, en passant d’un modèle antérieur par lignes de produits mondiales, à une organisation multi-locale par pays, avec toute l’offre au plus proche de nos marchés et de nos clients. Ce changement organisationnel profond s’est accompagné d’une évolution de notre culture d’entreprise, avec l’adoption de nouveaux principes de management, dits TEC pour "Trust, Empowerment and Collaboration", soit Confiance, Responsabilisation et Collaboration. Nous sommes ainsi passés d’un schéma vertical, classique, à une organisation ouverte, apprenante, laissant la liberté et l’agilité de décision et d’action au niveau local de management. C’est un excellent levier pour attirer et retenir les talents. L’engagement de nos coéquipiers, que nous mesurons chaque année depuis 5 ans, est d’ailleurs au plus haut.
De quelle manière appréhendez-vous, dans vos métiers, les opportunités offertes par l’intelligence artificielle ?
Nous sommes encore aux débuts de l’intelligence artificielle générative. Son arrivée soulève des interrogations mais ouvre aussi des perspectives intéressantes. Ses algorithmes permettent d’augmenter les capacités d’analyse et de mettre en place des actions sur toute la chaîne de valeur, depuis nos centres de recherche jusqu’aux points de vente.
L’objectif pour Saint-Gobain est de continuer à améliorer nos procédés industriels, logistiques et commerciaux, à suivre de près nos consommations énergétiques, à optimiser nos modes de travail et à approfondir la connaissance de nos clients. Un exemple parmi d’autres d’application : les jumeaux numériques. En clonant les procédés industriels, ces représentations virtuelles permettent de définir et d’optimiser de nouveaux modes de fonctionnement, par exemple en matière d’efficacité énergétique.
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