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Capital-investissement / Buyout / europe / Royau / Allemagne / transactions / Rachats d'entreprises
Les rachats d’entreprises en Europe au plus bas en 2023 depuis 10 ans / L’Allemagne réengage la partie
Les années fastes post-Covid sont visiblement un lointain souvenir. Si malgré la guerre en Ukraine et le resserrement des marchés de la dette, le marché européen du capital-investissement (buyout) avait su se montrer résistant l’année dernière, en dépassant encore les 100 milliards d’euros de valeur globale, la tendance fut tout autre en 2023. Pour le Centre for Private Equity and MBO Research (CMBOR), les rachats d’entreprises dans le secteur auront même atteint leur niveau le plus bas depuis dix ans.
Très loin des 100 milliards d’euros
Au total, 637 rachats, d’une valeur cumulée de 67 milliards d’euros, ont été réalisés cette année, selon les données annuelles provisoires publiées en partenariat avec le fonds d’investissement Equistone Partners Europe. Une chute spectaculaire si l’on compare ce résultat aux 776 opérations d’une valeur totale de 135 milliards d’euros enregistrées en 2022 et aux 850 transactions de 2021 représentant 156 milliards d’euros. "Cette impression d’un ralentissement généralisé dans le secteur est renforcée par le fait que la valeur cumulée des opérations n’a pas dépassé 100 milliards d’euros pour la première fois en six ans", estime le CMBOR.
Une tendance visible partout en Europe, même si le marché britannique a continué cette année de dominer ses voisins européens aussi bien en termes de volume (160) que de valeur (16,1 milliards d’euros) des transactions. En France, le ralentissement est notable avec 98 opérations enregistrées pour un montant total de 8,1 milliards d’euros. A l’inverse, l’Allemagne est restée solide notamment grâce à l’acquisition de DSM Engineering Materials par Advent International pour 3,9 milliards d’euros (90 transactions au total outre-Rhin en 2023 équivalant à 12,2 milliards d’euros).
Les secteurs des TMT et de la santé en chute libre
Dans le détail, pour la première fois depuis 2017 en Europe, les méga-transactions (supérieures ou égales à un milliard d’euros) ont représenté moins de la moitié de la valeur totale des opérations de rachat, avec 17 opérations d’un total de 32,2 milliards d’euros. Le résultat de "contrecoups du ralentissement des transactions et de l’accès restreint au financement par la dette dans un environnement de taux plus élevés", explique le centre basé à la Nottingham University Business School. " On a l’impression que 2023 a été une parenthèse pour le secteur, mais des signes de reprise émergent. Le marché intermédiaire reste robuste et plusieurs transactions de grande envergure (large-cap) sont sur le point d’être finalisées au cours des prochains mois", veut rassurer de son côté Christian Marriott, responsable des relations investisseurs chez Equistone.
Il n’en reste pas moins qu’en 2023, les investisseurs se sont montrés prudents, privilégiant les secteurs traditionnellement résistants comme l’industrie manufacturière (158 opérations d’une valeur cumulée de 14,1 milliards d’euros), les services aux entreprises (110 opérations pour 12,9 milliards d’euros) et les services financiers (31 opérations pour un total de 8,8 milliards d’euros).
En revanche, pour les secteurs des Technologies, Médias et Télécommunications (TMT) et de la santé, particulièrement prisés pendant les années Covid-19, c’est la douche froide. Pour les seuls TMT, la chute en glissement annuel est de 75,6 % (148 opérations d’une valeur de 8,6 milliards d’euros), soit le niveau le plus bas depuis plus de dix ans.
L’Allemagne sort de la crise ukrainienne
L’on notera cependant que l’activité européenne des opérations de sortie a connu une baisse moins importante, avec une valeur cumulée de 84,1 milliards d’euros (représentant 321 transactions), dépassant même celles enregistrées en 2019 et 2020. "La valeur cumulée des ventes à des acheteurs stratégiques a augmenté en glissement annuel, avec 43,4 milliards d’euros d’opérations réalisées en 2023 contre 43,1 milliards d’euros en 2022. […] Par ailleurs, au cours de cette période, les sociétés de capital-investissement ont continué d’explorer les alternatives permettant de déployer leurs capitaux, en s’orientant vers le soutien aux entreprises de leur portefeuille par des acquisitions stratégiques de renforcement. 752 transactions d’une valeur cumulée de 5 milliards d’euros ont été conclues, ce qui montre que le secteur continue de se concentrer sur la création de valeur dans des conditions de marchés difficiles ", note le CMBOR.
Et là encore, si le Royaume-Uni fait la course en tête avec 89 opérations d’un montant total de 23 milliards d’euros, l’Allemagne se place au deuxième rang grâce aux 50 opérations réalisées (19,5 milliards d’euros). "Après avoir connu un déclin en 2022, en raison de sa proximité avec l’Ukraine et de sa sensibilité particulière aux hausses des prix de l’énergie, l’Allemagne voit les entreprises commercer à déployer leurs capitaux, en particulier dans les transactions de grande envergure avec trois des dix transactions les plus importantes réalisées dans la région cette année", précise le Professeur Kévin Amess, directeur du CMBOR. La France s’est classée troisième avec 50 opérations réalisées pour un montant total de 11,1 milliards d’euros.
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