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Atos voit dans Airbus sa planche de salut / Une offre comprise entre 1,5 et 1,8 milliard d’euros pour la branche BDS
La dernière ligne droite se prolonge. Quand Jean-Pierre Mustier a remplacé mi-octobre Bertrand Meunier à la tête d’Atos, le groupe pensait pouvoir obtenir un accord sur la cession de ses activités historiques au fonds EPEI de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky d’ici "la fin de l’année 2023 au plus tard". Rien n’est advenu, obligeant l’entreprise à poursuivre son effort de transparence sur son absence d’avancée. "Les discussions se poursuivent sur le prix à payer, la structure de l'opération et le transfert d'une très grande partie des passifs attachés à Tech Foundations", l’entité regroupant ces activités traditionnelles comme l’infogérance, a-t-elle indiqué mardi.
Dans le cadre du plan de séparation d’Atos, la vente de Tech Foundations était à l’origine considérée comme l’opération "la plus réalisable" vers la séparation d’avec Eviden, l’entité recouvrant le digital, le cloud, le big data et la sécurité, et donc la plus à même d’améliorer le profil de risque du groupe. Les choses ne se passant pas comme prévu, le choix de conserver les activités les plus porteuses a fait long feu. Atos a officialisé mardi des discussions avec Airbus révélées il y a peu dans la presse, dans l'optique de lui céder ses activités BDS (Big Data & Sécurité), celles-ci représentant une large part de ce qui devait constituer le futur Eviden.
Due diligence
Une phase de due diligence va débuter. Atos a même indiqué le montant de l’offre indicative reçue de la part d’Airbus : celle-ci repose sur une valeur d’entreprise (dette incluse) comprise entre 1,5 à 1,8 milliard d’euros et porte sur l’intégralité du périmètre BDS. Soit plutôt le bas de la fourchette de valorisation des analystes. Loin aussi des chiffres qui circulaient lorsqu’Airbus avait envisagé prendre 30% du capital d’Eviden (alors appelé Evidian) au début de 2023. Mais la rentabilité des activité BDS s’est elle-même éloignée de son potentiel et Atos n’est de toute façon pas en position de force pour négocier.
D’ailleurs, alors que la candidature d’Airbus pour Eviden avait l’an dernier fait tiquer au sein du gouvernement français, s’agissant d’activités stratégiques travaillant avec l’armée française eu égard à l’influence allemande sur les activités de défense "Airbus Defence and Space" dont le siège se situe en Bavière, il n’est pas dit que cet argument de la souveraineté nationale vienne cette fois-ci constituer un obstacle face à l’urgence financière.
Mur de refinancement
Car le groupe est confronté à un mur de remboursement et de refinancement de sa dette de 2 milliards d’euros d’ici à janvier 2025 : 500 millions d'euros arrivant à échéance en 2024 et surtout un prêt à terme de 1,5 milliard d'euros d’échéance janvier 2025. Pour le refinancer, Atos soumet donc les différents scénarios de cessions à ses banques. Et la confiance ne règne pas. "En cas de besoin, si l'issue des discussions avec l'ensemble de ses banques s'avérait incertaine, la société n’exclut pas de recourir aux mécanismes de protection juridique à sa disposition pour encadrer les discussions avec ses créanciers", prévient-elle. Soit une "communication anxiogène qui révèle les incertitudes auxquelles font face le management " de l’entreprise, note le bureau d’études Octo Finances.
Par ailleurs, Atos confirme ce que l'on pouvait craindre concernant le financement d’Eviden. L’évolution des conditions et des réactions de marché depuis la présentation du projet de scission vont nécessiter de réduire la taille initialement prévue (900 millions d’euros) de l’augmentation de capital qui devait lui être dévolue. Il reste à voir dans quelle mesure. Mais cette moindre augmentation de capital à venir risque logiquement d’ "accentu[er] la pression financière de la nouvelle entité ", pointe également Octo Finances. Le message n’a d'ailleurs pas été très bien accueilli en Bourse. L’action Atos a perdu près de 6% mercredi, à 6,59 euros.
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