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Les banques françaises verront leurs marges se redresser en 2024 / Le handicap des taux va s’estomper
Les banques d’Europe de l’Ouest n’ont jamais dégagé autant de profits. Prises dans leur globalité, leur rentabilité devrait atteindre des sommets en 2023 dans la plupart des pays de la zone. En attestent les bénéfices records dégagés au troisième trimestre par la première banque espagnole Banco Santander, ceux de son homologue italienne Unicredit, ou les résultats impressionnants publiés par l’allemande Commerzbank, en attendant les comptes annuels qui seront dévoilés début février.
Dans ce paysage, la France fait exception, les établissements tricolores étant davantage à la peine, plus ou moins, selon la diversification de leurs métiers ou géographique. Crédit Agricole, et dans une moindre mesure, BNP Paribas, notamment grâce à leur réseaux bancaires à l’international, parviennent à tirer leur épingle du jeu. De même Crédit Mutuel Alliance Fédérale a résisté au premier semestre en partie grâce à une meilleure couverture sur les taux d'intérêt. Alors que Société Générale et BPCE font le dos rond.
Une réévaluation des actifs en décalage
L’explication est connue. Trimestre après trimestre, les banques françaises voient leur marge nette d’intérêt – soit la différence entre le taux auquel elles prêtent et celui auquel elles se refinancent - se réduire à peau de chagrin sous l’effet de la remontée brutale des taux d’intérêt entamée l’an dernier. Phénomène liée tout à la fois à la préférence française pour les crédits à taux fixe et à une épargne réglementée dont le taux de rémunération est indexé sur l’inflation. Quand les banques italiennes ou espagnoles profitent directement de la hausse des taux au travers de leurs crédits à taux variables, les établissements français doivent attendre l’émission de nouveaux prêts à taux supérieurs pour en bénéficier.
Ils devraient toutefois prendre leur revanche en 2024 dans un contexte de taux, certes toujours élevés, mais qui se sont stabilisés. La Banque centrale européenne (BCE) a cessé en effet de les relever et les marchés s’attendent à ce qu’elle commence à les réduire dans le courant de cette année, peut-être même dès le premier semestre. Dans ces conditions, "nous prévoyons que les marges nettes d'intérêt auront atteint leur maximum dans tous les pays d'Europe occidentale, à l'exception de la France, d'ici à la mi-2024", estiment les analystes de Fitch.
Les marges nettes d’intérêt des banques françaises devraient, elles, se redresser sous l’effet de la poursuite de la réévaluation de leurs actifs (les crédits), décalée par rapport au reste des banques d’Europe occidentale. Ainsi, "la pression sur les revenus dans la banque de détail française devrait s'estomper après le premier semestre 2024 grâce à la production de prêts à des taux plus élevés et à la stabilisation des coûts des refinancement. Cela contribuerait à une remontée progressive en 2024 de leurs marges nettes d'intérêts vers leurs moyennes à long terme située entre 1,10% et 1,20%.", prévoit Fitch.
La diversification reste essentielle
Dans ce contexte redevenu davantage porteur pour les banques françaises après une année 2023 de transition, la diversification (géographique et métiers) restera un facteur de différenciation entre les établissements. Elle est "essentielle pour atténuer la pression sur les revenus dans la banque de détail en France, et une dynamique plus faible dans les autres activités en 2024 pourrait entraîner une détérioration des perspectives du secteur", prévient l'agence de notation, toutefois optimiste.
"La banque de financement et d'investissement, la banque de détail internationale, l'assurance, la gestion de patrimoine et le crédit-bail automobile soutiendront les bénéfices, tandis que la banque de détail nationale et le crédit à la consommation devraient se redresser", estiment en effet ses analystes. L'amélioration de l'efficacité des coûts, notamment grâce à la fin de l’obligation de contribuer au Fonds de résolution unique dont la collecte s’est terminée en 2023, contribuera également à la rentabilité en 2024.
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