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Levées de fonds / levées de fonds / French Tech / capital-risque / EY

Levées de fonds
levées de fonds / French Tech / capital-risque / EY

Une année 2023 sans étincelle pour les levées de fonds du capital-risque français / Les greentech mènent la danse

Après deux années exceptionnelles, les investissements dans le capital-risque français auront été moins dynamiques en 2023. Avec des grands tours de table ayant été plus particulièrement pénalisés, la valeur des fonds levés s'affiche à la baisse. La France conserve néanmoins une place de choix en Europe, tandis que les technologies vertes poursuivent leur percée. 
(Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Sans surprise, l’année 2023 s’est terminée en demi-teinte pour la Tech française. "Une année de rupture", qualifie Franck Sebag, associé chez EY, à l’occasion de la publication annuelle du baromètre du capital-risque du cabinet de conseil. De fait, la croissance des investissements dans la French Tech a marqué le pas au titre de l’exercice écoulé : 715 sociétés ont levé 8,3 milliards d’euros. Ce qui correspond à une baisse de 38 % en valeur et, dans une moindre mesure, de 3 % en volume.

En cause, une base de comparaison peu favorable après les années exceptionnelles de 2021 et 2022 et des opérations d’envergure qui auront peiné à percer. Les tours de table supérieurs à 100 millions d’euros ont reculé de 57 % en valeur (à 2,6 milliards d’euros) et de 55 % en volume (13 opérations), tandis que les 18 levées de fonds comprises entre 50 millions et 100 millions d’euros (12 de moins qu'en 2022) ont atterri à 1,1 milliard d'euros (en baisse de 41 %).

A l’inverse, les levées de fonds inférieures à 50 millions d’euros ont davantage résisté. Si leur valeur s’affiche aussi à la baisse (de 15 %, pour un total de 4,5 milliards d’euros), leur volume est quant à lui resté stable (avec 684 opérations, soit une hausse timide d’1 %). Et Franck Sebag de pointer : "Cette tendance est à mettre en perspective avec la baisse des valorisations, considérable sur les séries C et beaucoup plus limitée pour les tours inférieurs".

 

Deux podiums verts

 

Signe de l’appétence des investisseurs pour les technologies œuvrant à la transition environnementale et énergétique, les greentech occupent pour la première fois  – et de loin – le haut du podium sectoriel. Ces jeunes sociétés qui offrent de nouvelles technologies destinées à améliorer l’impact environnemental des entreprises ou des consommateurs ont levé 2,7 milliards d’euros en 2023 (hausse de 44 % en volume et de 30 % en valeur).

En deuxième position : les logiciels et services informatiques, qui ont bénéficié de 2,1 milliards d’euros de financement. Soit un recul de 10 % en volume et de 40 % en valeur et, ce, malgré la montée en puissance des projets liés à l’intelligence artificielle. Puis, enfin, les sciences de la vie viennent clôturer ce podium sectoriel avec 1 milliard d’euros levés – stable en volume mais en baisse de 39 % du côté de la valeur.

Logiquement, le "top 5" des levées de fonds les plus importantes est incarné par ces secteurs d’activité ayant le vent en poupe. Les greentech y sont particulièrement bien implantées, avec des acteurs de l’électrification de la mobilité comme Verkor et Driveco, qui ont réalisé des tours de table respectifs de 850 millions et 250 millions d’euros en 2023. Ou encore le spécialiste de la protéine d’insectes, Ynsect, qui a levé 160 millions d’euros.

 

Bien placée face à ses voisins

 

Il y aussi Mistral AI, représentant quant à lui les logiciels et services informatiques et qui rafle, d’ailleurs, la deuxième place du "top 5" des investissements avec ses 385 millions d’euros levés en toute fin d’année. Enfin, la biotech Amolyt Pharma ferme la marche des tours de table les plus significatifs de 2023, grâce à ses 130 millions d’euros levés.

De quoi, en partie, permettre à la French Tech de conserver une place de choix en Europe en matière d’investissements. Elle reste en pole position au sein des Vingt-Sept et creuse l’écart avec l’Allemagne. Au niveau du continent aussi, la France y garde sa deuxième place, même si elle reste malgré tout encore loin derrière le Royaume-Uni. En effet, 16,8 milliards d’euros y ont été levés en 2023. Pour autant, le recul en valeur y est comparable à celui rencontré dans l’Hexagone (donc de 38 %, contre 39 % outre-Manche).

Alors, qu’attendre pour l’année à venir ? Du mieux, sûrement. Pour Franck Sebag, l’accélération des investissements dans la French Tech devrait être garanti par la conjugaison d’une "montée en puissance des drivers de croissance sectoriels (IA, greentech) et [la] baisse annoncée des taux".

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