Start-up / Private Equity / SVB / tech / Silicon Valley / capital-risque
Start-up / Private Equity
SVB / tech / Silicon Valley / capital-risque
La gestion des financements de la Tech à la lumière de l’affaire SVB /
Le scénario du pire est évité mais il n'y a pas de recette miracle
A chaque crise son lot de leçons. Les financements dans le milieu de la Tech font face, depuis la fin de l’année 2022, à un climat qui leur est de moins en moins propice. Et la faillite de la Silicon Valley Bank (SVB), institution bancaire d’ancrage du secteur des sociétés technologiques américaines, a brutalement rappelé aux dirigeants d’entreprises et aux fonds de capital-risque qui les conseillent et qui les financent, quelques principes utiles.
"D’abord, s’assurer du sérieux de n’importe quel partenaire et s’informer du niveau de garantie offert. Puis, mitiger le risque en s’appuyant sur plusieurs banques (de réseaux différents). Enfin, si possible, avec des nationalités différentes et en se prévenant du risque de change", explique à WanSquare Eric Burdier, associé et co-fondateur de la société de capital-risque Axeleo Capital. L’affaire SVB l’a bien démontré, ce sont précisément sur ces trois points que l’éco-système de la Silicon Valley a manqué d’attention, puisqu’un certain nombre d’entreprises avait placé l’ensemble de leurs liquidités au sein de la banque de Santa Clara.
L’effet domino toujours à craindre
Les autorités américaines ayant assuré aux clients de la banque qu’ils récupéreraient leurs dépôts dans les plus brefs délais, les sociétés ont échappé au scénario du pire. A ce stade, "nous constatons dans nos portefeuilles seulement des conséquences isolées et de très faibles ampleurs", ajoute Eric Burdier.
C’est en revanche l’effet domino sur les autres banques finançant l’innovation qui reste à craindre, puisque la faillite de SVB a entraîné dans son sillage la fermeture par les pouvoirs publics américains de la Signature Bank, maison de prédilection des acteurs de la cryptomonnaie. "L’offre bancaire est assez large pour que chaque entreprise trouve rapidement des alternatives", indique le co-fondateur d’Axeleo Capital.
"Certaines banques institutionnelles gagneraient, en particulier dans cette période, à baisser leurs critères d’acceptation des Très Petites Entreprises (TPE) et notamment des start-ups, qui parfois peinent à ouvrir un compte au Royaume-Uni et aux Etats-Unis malgré le fait qu’elles soient 'bien financées'. En France, nous pouvons nous féliciter que les banques institutionnelles jouent le jeu, ce n’est pas partout pareil", poursuit-il. Dans l’Hexagone, les start-ups peuvent en effet compter sur des institutions comme Bpifrance, qui financent les jeunes pousses. De plus, à ce stade, il n’y aura pas d’effet de contagion de l’affaire SVB sur le système bancaire européen, assurent nombre d’experts.
La Tech déjà en difficulté
Reste que la faillite de la banque star de la Silicon Valley fait grandir une certaine défiance à l’égard du secteur, déjà embourbé dans des difficultés financières. Mais les effets de cet épisode sur le financement de la Tech en France seront moindres, présage Eric Burdier, la grande majorité des capitaux y étant européens. Et puisque les acteurs bancaires de premier plan ne devraient pas être touchés, ils pourront continuer à jouer leur rôle. Quant aux levées de fonds, "les fondamentaux sont bons malgré les excès de certains". Les tours de tables pourraient donc ne pas être pénalisés par l’affaire.
Pour autant, "il n’y a pas de recette miracle", rappelle le dirigeant de la société de capital-risque, en matière de gestion du risque et de la trésorerie. "La mémoire est souvent trop courte et l’effet Fear of missing out [qui conduit aux comportements moutonniers] toujours dévastateur".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

