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Hexagone; diagnostic de performance énergétique; rénovation

Macro-économie / Taux / DPE / transition énergétique / cae

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DPE / transition énergétique / cae

La rénovation énergétique a des problèmes de thermomètre / La pertinence du DPE nuancée par une étude du CAE

L’amélioration énergétique des bâtiments a pris, à juste titre, une place prépondérante dans l’organisation de la transition énergétique en France. Cependant une étude du Conseil d’Analyse économique estime que si les rénovations effectuées ont déjà permis de faire des progrès, il existe un écart non négligeable entre la consommation réelle d’un logement et celle théorique prévue par le diagnostic de performance énergétique (DPE).
Annonce immobilière. Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Annonce immobilière. Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Impossible d’évoquer la transition écologique sans aborder l’épineux sujet des travaux visant à améliorer la performance énergétique des logements. La dernière étude publiée par le Conseil d’analyse économique (CAE), vient de se pencher sur la pertinence de la "prédiction de la performance énergétique des logements par la nouvelle méthode de calcul du DPE". Les auteurs de la publication soulevant ainsi la possibilité d’un " modèle sous-jacent au DPE [qui] peut être un prédicteur imparfait de l’efficacité énergétique, ce qui peut conduire à surestimer les gains théoriques de la consommation hors ajustement".

 

Boussole imprécise

 

Le pilier que constitue pour les politiques publiques "la consommation ‘théorique’prédite par le DPE", est certes jugé d’une part comme "centrale pour modéliser les économies d’énergie" et d’autre part essentielle pour "définir les priorités de rénovation de bâtiments et conditionne les aides à la rénovation". L’existence d’une "progressivité de la consommation réelle en fonction de la performance énergétique des logements" n’est pas remise en cause, cependant la publication note qu’elle est "beaucoup moins forte que la consommation théorique du DPE et s’estompe pour les plus grands logements".

Ainsi, il est estimé que hausse de la consommation d’énergie au mètre carré "entre un logement classé AB et un logement classé G est six fois plus faible que celle prédite par le DPE". Si cet écart est jugé comme pouvant résulter "d’imperfections qui subsisteraient dans la modélisation ou la mise en œuvre du DPE", c’est avant tout les effets comportementaux des ménages qui sont mis en avant. Ce qui fait arguer aux auteurs que le précieux outil qui guide les politiques publiques doit encore très largement être amélioré.

 

Combiner

 

Une autre piste est explorée par les auteurs ; celle d’un effort important à faire en ce qui concerne l’apprentissage de la sobriété. Les meilleurs efforts en termes de rénovation pouvant effectivement être réduit à néant par "les ajustements comportementaux [qui] sont importants et peuvent conduire à limiter les gains espérés d’économies d’énergie et de réduction des émissions de CO2". C’est ce qui est appelé l’effet "rebond" induit dans les logements les plus performants, au sein desquels il existerait une "tendance à consommer au-delà de la consommation théorique".

Le DPE est également sujet à caution pour plusieurs autres raisons. Les experts et les associations avancent qu’il "est manipulable du fait d’une trop grande subjectivité dans l’appréciation des paramètres " et ce en partie pour des enjeux de valorisation immobilière. Comme évoqué auparavant, la taille du logement considéré influe considérablement la précision du diagnostic posé et introduit un autre biais.

Autant de raisons qui incitent les auteurs à demander qu’un plus grand soin soit attaché à l’étude des effets comportementaux pour une meilleure modélisation des économies d’énergie, permises par les rénovations énergétiques. C’est la seule solution pour que conduise in fine "à une baisse significative des émissions".

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