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Empire du milieu, Hexagone, industrie, politique commerciale

Macro-économie / Taux / cae / Chine / europe / France

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L'Europe ne doit pas se laisser faire par la Chine

La dépendance entre l'Europe et la Chine s'est considérablement accrue ces dernières années. Le Conseil d'analyse économique appelle à surveiller de près cette relation et à créer le cadre institutionnel à même de réagir promptement. 
Drapeaux de la Chine et de l'Union européenne. Rainer UNKEL/REA
Drapeaux de la Chine et de l'Union européenne. Rainer UNKEL/REA

Plus d'un an après que Bruno Le Maire, ministre de l'économie, se soit alarmé de la dépendance industrielle "excessive" et "inacceptable" de la France vis à vis de l'Asie, voilà que le Conseil d'Analyse Économique (CAE) parle d'une Chine qui pose des "défis de plus en plus sérieux" à l'Hexagone et plus globalement à l'Europe. 
L'organisme au service du premier ministre accuse l'Empire du milieu de "saper l’intégrité du marché unique". Le CAE estime qu'il faut maintenir "une utilisation active" des divers "instruments de défense commerciale" et d'en faire un usage plus efficace. 

En plus des outils existants, le recours à des politiques commerciales et d'investissements afin d’œuvrer pour "la défense des droits de l’homme" est possible. Néanmoins cela va va nécessiter un point d'attention particulier sur "des efforts de coordination et de partage d’information" pour rendre efficace cette politique.

La récente crise économique rend d'autant plus important pour l’UE de "placer la sécurité et la souveraineté économiques au cœur de sa stratégie vis-à-vis de la Chine". La relation entre les deux est devenue "étroite et déséquilibrée" aux yeux des conseils du premier ministre. Depuis la fin 2019, les "imports en provenance de la Chine sont passés de 25 milliards d’euros par mois [...] à plus de 40 milliards d’euros début 2022". Pour réduire ce déséquilibre, le CAE recommande de disposer d'une "capacité institutionnelle plus forte".

Pourtant, l'Hexagone n'est pas le plus à plaindre et se situe "dans une situation intermédiaire, avec des relations bilatérales avec la Chine bien plus faibles que celles de l’Allemagne", ce qui ne le met pas à l'abri des velléités chinoises. Par le passé, l'Empire du milieu a eu parfois recours "à son marché comme un outil de sanction ou de coercition, par exemple récemment contre l’Australie et la Lituanie, et contre les entreprises européennes qui prennent des mesures contre le travail forcé au Xinjiang." Il faut donc être vigilant à toutes les échelles pour s'assurer que la dépendance de chaque secteur, entreprise ou filière ne puisse pas constituer une source de vulnérabilité.

Pour y parvenir, une meilleur capacité d'analyse est requise, ce qui pourrait prendre la forme d'un renforcement de "la capacité institutionnelle de l’UE, par exemple en créant un poste de vice-président exécutif de la Commission européenne, chargé des relations économiques extérieures." Comme Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, y appelait récemment, il s'agit notamment de garantir un "accès sécurisé aux matières premières critiques" et de garantir "les chaînes d’approvisionnement critiques."

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