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Economie française : une relance de 2 points de PIB pour son salut ?

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Economie française : une relance de 2 points de PIB pour son salut ?

Le Conseil d’analyse économique préconise une relance de 48 milliards d’euros pour donner un coup de fouet à l’économie française.
Paris - France - Tour Eiffel
Paris - France - Tour Eiffel

L’aile d’oiseau, expression employée par François Villeroy de Galhau pour désigner la forme de la reprise économique française, prend tout son sens à la lueur de la note que viennent de publier Jean-Pisani Ferry, Philippe Martin et Xavier Ragot. En effet, alors que l’activité économique évoluait 30% en dessous de son niveau normal en avril et 12% en juin, les trois économistes du Conseil d’analyse économique (CAE) estiment que l’activité économique française évoluera encore 5% en dessous de son niveau normal à la fin de l’année.

Ces 5 points qui sépareraient l’activité économique de son niveau normal trouveraient leur source à la fois du côté de la demande et du côté de l’offre. Concrètement, le CAE avance que consommation évoluerait proche mais en deçà de son niveau d’avant crise tandis que l’investissement des entreprises serait encore très faible et le déficit commercial apparaîtrait limité mais "persistant". La dégradation de l’offre, elle, pourrait être telle, qu’elle devrait "réduire le potentiel productif d’un montant que l’on peut estimer a minima autour de 2,5%". Ainsi, le CAE estime que "l’écart de production effectif (output gap) serait de l’ordre de 2 à 3 % fin 2020". Que peut-donc faire la politique économique pour y remédier ? Sur les dix-huit prochains mois, les économistes du CAR préconisent un plan de relance de 48 milliards d’euros.

La moitié de ce plan est composée de mesures de court terme qui visent à "gérer l’urgence économique et sociale". Que retrouve-on dans ces recommandations ? Une prime forfaitaire (jusqu’à 1,5 SMIC) de 200 euros par mois pour chaque embauche et de 300 euros pour chaque embauche de moins de 25 ans. Une telle prime coûterait 5 milliards d’euros. Ensuite, le CAE propose de créer des emplois de tutorat dans l’Education nationale afin de lutter afin de venir en aide aux décrocheurs scolaires. Des tutorats qui pourraient être assurés par de jeunes diplômés (type licence) dont l’insertion sur le marché du travail sera compliquée – le coût serait de 3 milliards.

Par ailleurs, le CAE évoque un soutien budgétaire à destination des plus défavorisés (en raison de leur forte propension marginale à consommer relativement aux autres catégories de la population) qui pourrait coûter 6 milliards d’euros. Ce soutien pourrait s’effectuer à travers le doublement de l’allocation de rentrée scolaire et une augmentation des aides à destination des étudiants ou encore via l'octroi de chèques à dépenser avant 2021. Changement climatique oblige, les dépenses liées à ces chèques pourraient être ciblées vers des biens et services "labellisés en accord avec les objectifs de transition environnementale". Enfin, le CAE milite pour la mise en place d’un bouclier antifaillites dont le montant dépendra de l’évolution des entreprises et qui pourrait coûter environ 10 milliards. Plusieurs solutions sont envisageables pour ce bouclier et chacune a ses inconvénients : l’indemnisation des entreprises pour les coûts fixes encourus pendant la période de confinement, restructurer la dette des entreprises menacées de faillite ou encore procéder à des apports en fonds propres ou quasi-fonds propres aux entreprises particulièrement touchées lors de la crise.

Puis, concernant les mesures de réorientation de la croissance, le CAE évoque "des dépenses publiques pour la transition énergétique (7  milliards sur un an), un plan pour l’université, la formation et la recherche qui coûterait 3 milliards, une réduction des impôts de production de 4 milliards et, enfin, les 10 milliards additionnels pour le secteur de la santé qui sont déjà prévus".

Ce plan de 48 milliards d'euros au total pour lequel plaide le CAE, soit environ 2% du PIB, "est cohérent avec l’objectif de fermer l’écart de production effectif (output gap) de l’ordre de 2 à 3 % à l’horizon d’un an et un multiplicateur budgétaire unitaire", explique la note. A noter qu'au regard de l'incertitude économique, le CAE n'écarte pas la "possibilité d’un soutien additionnel en cas de menace de fléchissement de la reprise".

 

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