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Bpifrance / Conjoncture / TPE-PME

Coup de froid sur l’activité des TPE et PME françaises en 2023 / L'optimisme grandit avec la taille des structures

La dernière enquête de conjoncture de Bpifrance, menée auprès des très petites, petites et moyennes entreprises françaises, a fait état d’une année 2023 qui s’est achevée en demi-teinte. S’il n’y a rien d’alarmant à signaler, leurs soldes d’opinion s’affichent en moyenne à la baisse. Un pessimisme particulièrement marqué du côté des plus petites structures et qui reste aussi conditionné aux branches d’activité.
(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Un "refroidissement". Loin d’être équivoque, le titre de la dernière enquête de conjoncture de Bpifrance réalisée auprès de 5 000 très petites, petites et moyennes entreprises (TPE et PME) françaises et publiée ce mardi reflète une année 2023 qui, sans s’être achevée dans un climat glacial, témoigne tout de même d’un tassement de la plupart de leurs indicateurs d’activité.

Rien de dramatique pour autant : s’il est vrai que ces outils de mesure se replient, "ce sont des soldes d’opinion", a tenu à rappeler Philippe Mutricy, le directeur de l’évaluation des études et de la prospective de la banque publique d’investissement, à l’occasion d’une conférence de presse. Et de poursuivre : "Nous ne sommes pas à des niveaux connus dans le passé, en 2008 ou en 2009. Il n’y a donc pas de récession ou d’arrêt complet de la croissance".

 

Sous la moyenne historique

 

Reste que les indicateurs d’activité sont orientés à la baisse. Si le solde d’opinion des PME et TPE relatif à la croissance de leur chiffre d’affaires reste positif, il a reculé de 19 points sur un an, à 8. Soit six points en dessous de sa moyenne historique. De fait, 27 % des chefs d’entreprise interrogés font part d’une baisse de leur activité en 2023 – la statistique s’élevait à 19 % il y a un an pour l’année 2022. Et malgré le fait que la proportion des entreprises ayant indiqué une hausse du chiffre d’affaires (à 36 %) reste supérieure, cette dernière s’affiche aussi en baisse de dix points par rapport à l’année précédente.

Un ralentissement de l’activité donc établi, mais dont les raisons ne découlent plus principalement de contraintes de production. La part des TPE et PME étant sujettes à des difficultés d’approvisionnement a atterri à 36 % à fin 2023, contre 46 % un an auparavant.

C’est plutôt du côté de la demande qu’il convient d’aller chercher. Sur les six derniers mois, l’indicateur relatif aux carnets de commandes des TPE et PME a perdu 10 points, à nouveau sous sa moyenne de long terme. De même concernant celui sur l’évolution des carnets de commandes au cours des six prochains mois, qui perd un point en un an et s’affiche encore sous ses niveaux historiques.

Toutes les entreprises ne sont cependant pas logées à la même enseigne. Au fil de l’année, les TPE de moins de dix salariés ont vu leurs perspectives s’assombrir : en moyenne, leurs dirigeants ont tablé sur un recul de 2,2 % de leur chiffre d’affaires en 2023. À l’inverse, chez les PME, le dynamisme est davantage de mise. Et semble croître avec les effectifs : + 2 % pour celles d’au moins dix salariés, + 3,3 % pour celles de 50 à 99 salariés et près de 4 % pour les plus grosses PME, de 100 à 250 salariés.

 

Des inégalités entre secteurs

 

"L’une des potentielles raisons à cette différence pourrait être que les structures sectorielles des TPE et des PME ne sont pas les mêmes", a relevé Baptiste Thornary, responsable des études économiques et de la conjoncture de Bpifrance. L’évolution de l’activité par branche sectorielle est en effet disparate. Les TPE et PME qui opèrent dans le secteur du tourisme ont poursuivi leur rattrapage en 2023 : le solde d’opinion quant à l’évolution de leur activité en 2023 est positif à hauteur de 33 points. Certes, il est en recul sur un an. Mais il survole encore sa moyenne de long terme, tandis que le chiffre d’affaires dans le secteur est attendu en hausse de 5 % en 2023. À l’inverse, les entreprises des services de transport voient leur solde d’opinion plonger de 48 points sur un an, pour atterrir à - 4. L’optimisme n’est également pas de mise du côté du commerce et de la construction.

Alors logiquement, malgré ces différences sectorielles ou de tailles de structures, l’année 2024 devrait rester dans le thème du froid. Le solde d’opinion sur les perspectives d’activité pour l’année à venir poursuit son recul (de deux points sur un an) pour se fixer à 4. Encore un peu plus loin de sa moyenne de long terme de 17.

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