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Macro-économie / Taux / Cour des comptes / gouvernement / Finances publiques / Pierre moscovici

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Cour des comptes / gouvernement / Finances publiques / Pierre moscovici

Pierre Moscovici éreinte (encore) la trajectoire budgétaire gouvernementale / “Fragile” en plus d’être “peu ambitieuse”

Durant ses vœux à la presse, le Premier président de la Cour des comptes a de nouveau tancé la stratégie de l’exécutif en matière de rétablissement des finances publiques. D’une part, elle reposerait sur plusieurs hypothèses favorables, d’autre part, elle vise un retour du déficit public sous les 3 % du PIB “seulement” en 2027.
Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - EMMANUEL DUNAND / AFP
Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - EMMANUEL DUNAND / AFP

La nouvelle année ne verra pas Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes, adoucir ses critiques envers la politique budgétaire du gouvernement. À l’occasion de ses vœux à la presse, le patron des Sages de la rue Cambon, a rappelé que le niveau d’endettement de la France atteignait "des sommets”.

Au troisième trimestre 2023, la dette publique de l’Hexagone représentait 111,7 % du Produit intérieur brut (PIB), soit 3088,2 milliards d’euros. Elle apparaît certes en retrait de 1,7 point de pourcentage par rapport à l’été 2022, mais se situe 11,9 points au-dessus de son étiage précédant la crise pandémique (troisième trimestre 2019).

Aussi, Pierre Moscovici a regretté que la trajectoire de désendettement prévue par le gouvernement soit “non seulement fragile”, mais également “peu ambitieuse”. Dans le détail, “en 2024, en les rapportant au PIB, les dépenses publiques seraient encore supérieures de 1,5 point de PIB à leur niveau d’avant crise sanitaire, avec un niveau de prélèvements obligatoires stable”, a déploré le Premier président de la Cour des comptes.

Rappelons que dans la loi de programmation des finances publiques 2023-2027, le gouvernement prévoit que les dépenses de l’ensemble des administrations publiques s’établiront à 53,8 % du PIB en 2027 - contre 55,4 % en 2024 - sous l’effet d’un ralentissement de leur progression (cela impliquera de réaliser 12 milliards d’euros d’économies chaque année jusqu’en 2027).

De sorte que le déficit public refluerait de 2,2 points pour s’afficher sous les 3 % du PIB en 2027 (2,9 %). Cela est "singulièrement tardif par rapport à nos voisins européens, et nous place en queue de peloton par rapport à nos principaux partenaires”, a fait remarquer celui qui est aussi président du Haut Conseil des finances publiques. En comparaison, l’Italie prévoit un retour sous les 3 % en 2026 (2,9 %), l’Espagne en 2025 (2,7 %) tandis que l’Allemagne et les Pays-Bas s’y trouvent déjà, d’après les chiffres communiqués à la Commission européenne.

En outre, l’ex-ministre de l’Economie et des Finances du président de la République François Hollande, a souligné que cette trajectoire était “jalonnée d’hypothèses favorables”. Pierre Moscovici a indiqué que le scénario macroéconomique de l’exécutif pour cette année reposait sur "une hypothèse de croissance de +1,4 % élevée ; elle s’écarte sensiblement de celle des autres prévisions, notamment celle du consensus des économistes, s’établissant 0,8 %”.

Rappelons qu’en première approximation, si la croissance du PIB s’affichait 0,6 point en dessous du niveau attendu, ainsi que l'anticipe le consensus, le déficit public pourrait, à travers un moindre dynamisme des recettes, être supérieur de 0,3 point à ce qu’escompte le gouvernement, soit 4,7 % du PIB au lieu de 4,4 %.

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