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Worldline / Crédit Agricole

Ce que signifie l’entrée de Crédit Agricole au capital de Worldline / Un mouvement défensif à double tranchant

En prenant 7% du capital du spécialiste des paiements Worldline, Crédit Agricole contribue à stabiliser un groupe fragilisé mais à l’activité stratégique. L’opération conforte aussi une direction dont le bilan s’est traduit par une forte chute du cours de Bourse depuis deux ans.
Crédit Agricole a pris 7% du capital de Worldline - Hans Lucas via AFP
Crédit Agricole a pris 7% du capital de Worldline - Hans Lucas via AFP

Les affaires du champion français des paiements ont beau ne pas être au beau fixe, ses activités n’en représentent pas moins des enjeux importants, qu’il convient de protéger. D’autant plus avec une capitalisation boursière passée de sommets à 24 milliards d’euros à l’été 2021, à six fois moins aujourd’hui, le retentissant avertissement d’octobre ayant donné une ampleur impressionnante à la baisse du cours, transformant l’entreprise en proie facile. C’est ainsi qu’il faut comprendre la prise de participation de 7% au capital de Worldline annoncée lundi par le Crédit Agricole, devenu ce faisant le deuxième actionnaire de la société, derrière Six Group (10,7%) et devant BPI (4,5%).

C’est aussi pourquoi Worldline avait demandé conseil auprès Rothschild & Co et Morgan Stanley afin d’élaborer une stratégie de défense, selon des informations de Reuters. De fait, l’acquisition de cette participation dans Wordline "est un mouvement visant à dissuader d’éventuelles OPA hostiles ", soulignent les analystes du courtier Stifel. Et dans ce cadre, la prise de position de la banque verte revêt une logique certaine au regard de l’accord conclu cet été par les deux protagonistes visant à créer un acteur majeur des services pour les commerçants en France. L’idée étant de créer une co-entreprise dans laquelle Worldline apporterait sa technologie et Crédit Agricole son réseau de distribution.

L’opération capitalistique annoncée vient au passage renforcer des liens déjà forts entre les deux groupes. Il faut savoir que Gilles Grapinet, le directeur général de Worldline, a dirigé l'activité paiements et a été directeur de la stratégie au Crédit Agricole en 2007, que le président par intérim de Worldline, Georges Pauget, a passé l'essentiel de sa carrière au Crédit Agricole (1973-2010), et a été en particulier le directeur général de Crédit Agricole SA de 2005 à 2010, tandis qu’Agnès Audier siège aux conseils d'administration de Worldline et du Crédit Agricole.

Pour autant, si cette initiative de la banque verte contribue à stabiliser l'entreprise et sa stratégie, ainsi que le cours de l'action, qui vient de reprendre un peu plus de 3% en deux séances, elle ne comporte pas que des avantages. En confortant l’équipe de direction aux commandes, la prise de participation du Crédit Agricole pourrait ne pas être perçue si positivement que cela par une communauté des investisseurs rendue très défiante par l'effondrement du cours de l'action de ces deux dernières années. De plus, "nous pensons que cette décision pourrait dissuader d'autres banques françaises de chercher à conclure des accords de joint-venture similaires avec Worldline - à moins qu'elles ne soient également en mesure de prendre une participation minoritaire dans la société", observe Stifel.

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