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Renault / Luca de Meo

Renault sort ses griffes / Après une rentabilité historique en 2023, le constructeur peut faire encore mieux

Renault a battu son record de rentabilité en 2023, hissant sa marge opérationnelle à 7,9 %. Elle pourrait encore progresser en 2024 en dépit d’un environnement moins favorable, à la faveur de l’importante offensive produits du constructeur, combinée à l’accélération de ses efforts de réduction des coûts. Fort d’une position de trésorerie nette de 3,7 milliards d’euros à fin 2023, le groupe va verser un dividende en nette hausse.
Luca de Meo, le directeur général de Renault - Photo by Alain JOCARD / AFP
Luca de Meo, le directeur général de Renault - Photo by Alain JOCARD / AFP

"C’est le redressement le plus rapide de l’histoire de l’industrie automobile". Thierry Piéton, le directeur financier de Renault ne cachait pas sa satisfaction en présentant jeudi les résultats 2023 du groupe automobile. Les choses ont bien changé depuis le lancement il y a trois ans par Luca de Meo, le directeur général du groupe, de son plan "Renaulution". Et si le (léger) flou autour de la stratégie d’éclatement du groupe en de multiples entités, que d’aucuns jugent toujours complexe, ne s’est pas totalement dissipé, sur le plan financier en tout cas les progrès de l’entreprise sont imparables.

De déficitaire en 2020, année pandémique, Renault a retrouvé en 2023 un niveau de rentabilité qui le place quasiment dans le peloton de tête mondial des constructeurs généralistes. Certes encore loin du recordman en la matière, Stellantis, et de ses marges à deux chiffres, mais tout de même. La marge opérationnelle du groupe Renault s’est hissée l’an dernier à 4,1 milliards d’euros, en hausse de 1,5 milliard d’euros sur un an. Elle a ainsi représenté 7,9 % du chiffre d’affaires, contre 5,5 % en 2022. Du jamais vu pour l’entreprise, dont le précédent record datait de 2017, sous l’ère Carlos Ghosn, avec une marge de 6,6 %. Le résultat d’une stratégie assumée qui privilégie la valeur aux volumes, avec une hausse continue des marges par véhicule vendu, et des efforts engagés pour réduire les coûts industriels. On rappelle que Renault a annoncé début décembre qu’il visait à les diviser par deux entre 2022 et 2027 dans le cadre du plan de transformation de ses usines.

Illustrant ce succès de la politique commerciale axée sur la valeur, l’effet mix-prix a ainsi atteint 2,9 milliards d’euros. Il a plus que compensé la hausse des coûts, qui s’élève à 1,6 milliard d’euros, résultant de l’impact différé des hausses de prix des matières premières et de l’énergie et des coûts de logistique et de main-d’œuvre. Bien sûr, mener une telle stratégie de valeur n’est possible que si la clientèle continue d’être attirée par les produits. Sur ce point, la stabilisation du carnet de commandes, estimé par le groupe à 2,5 mois à fin 2023, comme à fin septembre, est un point rassurant. Pour les analystes de Morgan Stanley, il s’agit d’"un signal haussier, alors que les carnets de commandes de l’ensemble du secteur ont reculé au second semestre avec une composition qui s’est détériorée ".

 

L’investment grade à portée de main

 

C’est d’ailleurs cette dynamique qui distingue Renault de ses concurrents. Engagé dans une offensive produits sans précédent, Renault a prévu de lancer 10 nouveaux modèles sur le marché en 2024, ce qui, combiné à l’accélération des réductions de coûts, "devrait soutenir une performance opérationnelle solide", ajoute Morgan Stanley. Les analystes sont d’ailleurs quasiment unanimes. "Nous pensons que Renault est l’un des rares constructeurs capables d’améliorer sa rentabilité cette année ", abonde Oddo BHF. Si pour l’année en cours, le groupe vise une marge de 7,5 %, légèrement inférieure à celle atteinte en 2023, cela ne préjuge pas en effet de son niveau final alors que la direction de l’entreprise a pris l’habitude depuis deux ans de formuler prudemment ses premières prévisions, quitte à les relever rapidement ensuite. Elle a relevé, par exemple, sa perspective de marge pour 2023 dès le mois de juin, de 6 % initialement pour la porter entre 7 et 8 %. De fait, "nous considérons l’objectif de marge du groupe de 7,5 % comme un plancher pour 2024", estime de son côté JP Morgan.

Corollaire du fort rebond de la rentabilité, la situation financière de l’entreprise s’améliore à vitesse grand V. Grâce au free cash-flow de 3 milliards d’euros dégagé en 2023, supérieur aux attentes, ainsi qu’aux 800 millions d’euros récupérés de la vente d’actions Nissan, et à la prise de participation d’investisseurs au capital d’Alpine pour 200 millions d’euros, la position de trésorerie nette du groupe a été portée à 3,7 milliards d’euros à fin 2023. Il semble ainsi "que le statut d’investment grade soit désormais à portée de main ", note le courtier Stifel, alors que la note de crédit du groupe est remontée tout en haut de la catégorie spéculative des trois principales agences de notation. Un bilan suffisamment solide en tout cas pour que le groupe propose dividende de 1,85 euro par action, supérieur aux anticipations, contre 0,25 euro au titre de 2022.

Et les actionnaires ne sont sans doute pas au bout de leurs (bonnes) surprises. " Avec 3,7 milliards d’euros de trésorerie nette et 4 milliards d’euros d’actions Nissan restant à monétiser, la capitalisation boursière actuelle de 11 milliards d’euros paraît beaucoup trop faible", estime Stifel. L’action Renault gagnait plus de 6 % jeudi, à 40 euros, en tête des plus fortes hausses du CAC 40.

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