Sur les marchés / Fnac Darty / Daniel Kretinsky / Vesa Equity Investment
Sur les marchés
Fnac Darty / Daniel Kretinsky / Vesa Equity Investment
Daniel Kretinsky se renforce au capital de Fnac-Darty / Vesa Equity Investment se serait rapprochée du seuil des 30 %
C’est à la tête du SBF 120 que s’est installé Fnac-Darty peu après l’ouverture de la Bourse de Paris, à la suite de la publication de ses résultats annuels jeudi soir. Après avoir très brièvement ouvert dans le rouge, le titre progressait de près de 10 % en milieu de matinée. Cédant la première place de l’indice à JCDecaux à la mi-séance, Fnac-Darty gagnait encore tout de même plus de 4 %. La publication n’a pourtant pas fait état de comptes en pleine croissance. Le chiffre d’affaires est passé de 7,95 milliards d’euros en 2022 à 7,88 milliards d’euros en 2023, en légère baisse d’1,1 % en données comparables.
Le résultat opérationnel courant s’est quant à lui contracté de 60 % pour atterrir à 171 millions d’euros. Un recul provenant pour moitié de la baisse d’activité marquée en Espagne et chez Nature & Découvertes sur les trois derniers mois de l’année, a fait valoir l’entreprise.
Bonne nouvelle, en revanche : celle d’un cash-flow libre opérationnel s’établissant à 180 millions d’euros alors qu’il affichait une perte de 30 millions d’euros l’année passée, "au-dessus des attentes du consensus et des nôtres", commente le cabinet TP Icap Midcap. "Cette évolution résulte de la baisse du résultat opérationnel, de la normalisation du BFR qui retrouve son niveau de fin 2021 et d’investissements opérationnels conformes aux anticipations du groupe", a expliqué le distributeur.
Un peu plus majoritaire
Mais il semblerait qu'outre cette génération de cash importante, une autre information glissée dans la publication aurait aussi pu être de nature à faire réagir les marchés. En effet, le groupe dirigé par Enrique Martinez a indiqué qu’au 31 décembre 2023, Vesa Equity Investment, déjà premier actionnaire du groupe à hauteur de 25 %, détenait 29,9 % du capital. Il est suivi de l’allemand Ceconomy (23,4 % des parts) puis de GLAS SAS, qui a récupéré la participation nantie d’Indexia Développement (la société par actions simplifiée d'Indexia, ex-SFAM) en octobre dernier et détenant désormais 10,9 % du capital de Fnac-Darty. Selon les données affichées sur la page Euronext de l’entreprise, le reste du capital se répartit entre le flottant, les salariés et l'autodétention.
Pour mémoire, Vesa Equity Investment, autrement connue pour être la holding d’investissement de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, possède en effet depuis le mois de mars dernier 25 % du capital de Fnac-Darty. Elle était alors devenue l’actionnaire majoritaire du groupe. L’opération avait été notifiée à l’Autorité des marchés financiers, au regard de l’obligation de fournir une déclaration d’intention lorsque les seuils de détention de capital ou des droits de vote de 10 %, 15 %, 20 % ou 25 % sont franchis.
Dans cette dite déclaration au gendarme boursier, Vesa Equity Investment avait indiqué qu’en fonction des circonstances de marché, la société envisagerait de poursuivre ses achats d’actions Fnac-Darty afin d’accroître sa participation. Et avait aussi précisé ne pas avoir l’intention d’acquérir le contrôle de l’entreprise. Reste que cette déclaration valait pour les six mois à venir. En date du 21 mars 2023, elle est donc arrivée à échéance à la fin du mois de septembre dernier.
La visibilité encore incertaine
Toujours selon les documents publiés sur le site de l’AMF, difficile de savoir à qui l’homme d’affaires, au travers de son véhicule d’investissement, aurait acquis ces titres - probablement directement sur les marchés -. Mais voici donc Daniel Kretinsky renforcé au capital du distributeur. "La surprise de la publication aura été de voir [qu’il] est monté à 29,9 % du capital, juste en dessous du seuil d’OPA à 30 %… des scénarios spéculatifs peuvent légitimement se dessiner…", remarque d’ailleurs le bureau d’études Oddo BHF dans une note publiée ce matin.
Rien n’est dit et cela ne reste pour l’instant, effectivement, qu’une question de scénarios. Pour l’année à venir, Fnac-Darty pourrait en tout cas profiter du repli de l’inflation, qui bénéficiera au pouvoir d’achat des consommateurs et de la baisse du taux d'épargne. "Néanmoins, le calendrier de la reprise de la consommation des ménages demeure encore très incertain, affectant la visibilité sur la reprise des volumes", précise le groupe.
Il anticipe donc à ce stade un résultat opérationnel courant, pour 2024, au moins égal à celui de l’exercice écoulé et réaffirme, par ailleurs, son objectif d’atteindre un cash-flow libre opérationnel cumulé d’environ 500 millions d’euros sur la période 2021-2024. Soit un niveau de 180 millions d’euros pour les douze prochains mois.
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