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Crise immobilière : Nexity entrevoit des lueurs d’espoir / Un grand plan de réorganisation du groupe en préparation

Malgré la crise immobilière, le promoteur est tout de même parvenu à enregistrer, en 2023, une performance commerciale meilleure que celle du marché. Si la présidente-directrice générale, Véronique Bédague, veut croire en un léger mieux pour le secteur cette année, elle sait aussi que la solidité de son groupe passera non seulement par une réponse territoriale mieux adaptée, mais aussi par la poursuite de la baisse des coûts.
Véronique Bédague, présidente-directrice générale de Nexity (Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)
Véronique Bédague, présidente-directrice générale de Nexity (Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)

La crise immobilière que la France a connue en 2023 aura été profonde. "La hausse rapide des taux d’intérêt, passant de 1,16 % en 2021 à 4,4 % à fin 2023, s’est traduite par une baisse de 43 % de la production de crédits immobiliers rien que l’année dernière et par une perte du pouvoir d’achat de l’ordre de 25 % sur deux ans. Résultat : un effondrement des réservations des logements neufs à 95 000 contre 165 000 en 2021 ", a constaté la présidente-directrice générale de Nexity, Véronique Bédague, en préambule de la présentation des résultats annuels de son groupe lors d’un point presse.

 

Une performance commerciale qui résiste

 

Nexity aura cependant réussi à limiter la casse. La performance commerciale enregistrée fut supérieure au marché avec 14 602 réservations, en repli certes de 19 % par rapport à 2022 mais celle du marché est elle en retrait de 26 %. "Sur deux ans, le repli est de -30 % pour Nexity contre -41 % pour le marché ", a souligné la dirigeante.

Les objectifs financiers pour 2023 – qui avaient été revus à la baisse en juin dernier compte tenu de l’ampleur de la crise – sont atteints. Le chiffre d’affaires frôle les 4,3 milliards d’euros (-9 % par rapport à 2022) et le résultat opérationnel s’établit à 246 millions d’euros (-33 % sur un an). La trésorerie nette reste solide à 882 millions d’euros, "d’autant que nous n’avons pas tiré une ligne de crédit corporate disponible de 630 millions d’euros ", a tenu à préciser Véronique Bédague.

 

Priorité au désendettement

 

Selon elle, plusieurs indicateurs montrent la force de son entreprise : "nous avons poursuivi notre croissance en immobilier géré avec un chiffre d’affaires en hausse de 25 % sur un an (270 millions d’euros, ndlr) et 81 % de notre offre est désormais disponible sur les zones éligibles au logement intermédiaire, ce qui constitue un vrai potentiel de développement ", a déclaré la présidente-directrice générale. Et dans un contexte de crise qui pousse le besoin en fonds de roulement à la hausse, la dette nette de Nexity a baissé de 43 millions d’euros en un an, s’établissant à fin 2023 à 776 millions d’euros : le résultat des ventes de ses filiales en Pologne et au Portugal et de son partenariat avec Bridgepoint. "L’année dernière, nous avons fait du désendettement et du recentrage de notre plan stratégique, axé sur la régénération urbaine qui doit représenter 15 à 20 % de notre production en 2030, nos priorités ", a-t-elle rappelé.

 

Un sentiment d’écoute

 

Pour 2024, Nexity entrevoit des lueurs d’espoir et notamment concernant la solvabilité de la demande. "Nous commençons à voir des baisses des taux d’intérêt. Si cela est encore timide, un point de baisse représenterait environ 10 % de pouvoir d’achat en plus. Par ailleurs, la hausse des revenus des Français intervenue en 2022, 2023 et 2024 signifie également la récupération de la moitié du pouvoir d’achat immobilier perdu en deux ans", a fait observer Véronique Bédague, confiant avoir trouvé "une compréhension nouvelle de la crise du logement par les pouvoirs publics, le Premier ministre, Gabriel Attal, ayant inclus le sujet du logement dans son discours de politique générale, un choc de simplification qui pourrait avoir des effets sur le coût des immeubles ayant été annoncé et un diagnostic désormais partagé par le nouveau ministre du Logement, Guillaume Kasbarian, à la fois sur la crise de l’offre et de la demande ", s’est-elle félicitée.

 

Etre au plus près de la demande citoyenne

 

Pour l’heure, la patronne de Nexity a assuré que son groupe "ne ferait pas ‘le gros dos’en 2024 mais resterait prudent ". Le résultat opérationnel est attendu positif, marquant un point bas financier avant un rebond en 2025. La dette financière nette devrait aussi être "sensiblement inférieure " à celle de 2023 et d’un maximum de 500 millions d’euros d’ici à fin 2025.

Pour y parvenir, Nexity a décidé de procéder à un grand plan de transformation. Celui-ci passera d’une part par une réorganisation de l’entreprise qui basculera en une offre territoriale. "L’idée est d’avoir des patrons de régions qui seront capables d’imaginer le meilleur mélange de produits, le plus adapté au territoire. Ce modèle nous apportera plus d’agilité en répondant mieux à la demande de terrain et nous permettra de nouvelles baisses de coûts ", a expliqué Véronique Bédague.

D’autre part, le groupe a confirmé ce mardi soir son intention d’engager un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) d’ici la fin du mois d’avril afin d’adapter l’entreprise à la réalité du marché. "Pour pouvoir proposer des logements abordables, il nous faut baisser nos coûts de structure ", a-t-elle justifié, estimant qu’il était encore difficile à ce stade de définir le périmètre exact du futur PSE. Dans ce contexte, aucun dividende ne sera proposé au titre de 2023.

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