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L’OCDE prévoit un rebond de l’endettement public / Elle appelle à agir sur les dépenses
Au sein de l’OCDE, l’endettement public devrait croître de nouveau. La dette publique des pays membres de l’organisation internationale devrait passer de 83 % à 84 % du Produit intérieur brut (PIB). Ces dernières années, le ratio d’endettement avait décliné du fait de l’augmentation de l’inflation, malgré le creusement de l’écart entre les dépenses et recettes publiques.
Ce rebond de l’endettement en 2024 masque la grande variabilité des ratios dette/PIB d’un pays à l’autre, note l’OCDE. Une hausse de plus d’un point de pourcentage est prévue dans neuf pays, au premier rang desquels les États-Unis, où l’on prévoit une augmentation de 3 points de pourcentage. En revanche, les ratios dette/PIB de 12 pays devraient diminuer de plus d’un point de pourcentage, avec le Japon, le Portugal et l’Espagne, où ils devraient se réduire de plus de 5 points de pourcentage.
En 2023, les ratios dette/PIB dépassaient les niveaux d’avant la pandémie d’environ 5 points de pourcentage en moyenne dans la zone OCDE (38 pays membres). Le ratio est plus élevé dans 24 pays et a augmenté de plus de 8 points de pourcentage dans tous les pays du G7. Les ratios dette/PIB du Japon et des États-Unis ont augmenté de plus de 24 et 22 points de pourcentage, respectivement, depuis 2019. Au cours de la même période, les ratios dette/PIB ont diminué dans 14 pays, avec une baisse de plus de 10 points de base en Irlande, en Pologne, au Portugal et en Suède.
Parallèlement, l’organisation basée à Paris pointe la progression des charges d’intérêts, qui va rendre l’endettement moins maîtrisable. Pendant la période prolongée de faibles taux d’intérêt liée aux politiques monétaires non-conventionnelles, de nombreux États ont pu emprunter à bas coût, en allongeant leurs échéances de remboursement et augmentant leur pourcentage d’émissions à taux fixe. Par conséquent, l’impact des hausses de taux d’intérêt observées depuis le début de 2022 est resté jusqu’à présent relativement modéré : les coûts moyens des emprunts souverains dans la zone OCDE sont passés de 1 % en 2021 à 4 % en 2023, tandis que les charges d’intérêts des États en pourcentage du PIB n’ont augmenté que de 2,3 % à 2,9 % au cours de la même période.
Une situation seulement temporaire. "Même si l’inflation se rapproche de l’objectif et reste faible, les rendements resteront probablement supérieurs aux bas niveaux observés au moment de l’émission des emprunts dans la plupart des cas. En outre, le montant de la dette arrivant à échéance au cours des trois prochaines années est considérable [40 % de l’encours total d’ici deux ans, ndlr], ce qui générera des tensions financières supplémentaires, notamment dans les économies émergentes", souligne l’organisation, qui juge que "plusieurs pays très endettés pourraient être confrontés à une boucle de rétroaction négative associant hausse des taux d’intérêt, ralentissement de la croissance et creusement des déficits, à moins que des mesures audacieuses ne soient prises pour renforcer la résilience budgétaire".
Une hausse de 0,5 point de PIB des charges d’intérêts est attendue dans la zone OCDE d’ici à 2026. Cela équivaut aux dépenses annuelles que les pays membres consacrent en moyenne à la protection de l’environnement. "Les dépenses publiques doivent être ciblées plus précisément et mettre davantage l’accent sur les investissements dans les domaines qui favorisent les gains de productivité et une croissance durable”, a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE Mathias Cormann.
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