Politique économique / minier / industrie / transition énergétique / Union européenne
Politique économique
minier / industrie / transition énergétique / Union européenne
Le renouveau du secteur minier en Europe est loin d’être acté / Il semble y être le maillon faible de la transition énergétique
Retardé et lourdement pénalisé. L’institut Veblen ne mâche pas ses mots dans sa note intitulée "L’heure des choix pour la politique européenne sur les matériaux critiques ". Les actes des gouvernants européens semblent loin d’être au niveau de leurs ambitions. Tout particulièrement sur la question de la dépendance.
Un sujet sur lequel il est rappelé que l’Europe s’est "fixé un objectif d’extraction sur le territoire européen (10 % de sa consommation annuelle), un objectif sur le raffinage (40 %) et un objectif sur le recyclage (25 % en incluant le recyclage de déchets miniers)". Un double objectif de souveraineté et d’impact environnemental étant poursuivi. Il est surtout ambitionné "de relocaliser une filière industrielle dynamique, puisque portée par la transition bas-carbone, et porteuse d’emplois à l’échelle européenne".
Cohérence
Pourtant, dès leurs conceptions ses objectifs semblent hors de portée, avec un "horizon de temps affiché pour les objectifs (2030) [qui] paraît court. Il peut s’écouler de 7 (lithium) à 17 ans (cuivre) entre la première exploration et la première production commercialisée d’une mine : les projets miniers européens nécessaires à l’atteinte des objectifs du règlement européen sur les matériaux critiques (CRMA) devraient donc déjà être en cours de développement à l’heure actuelle". Un impératif auquel s’ajoute la difficulté à financer de tel projet en raison d’un cadre financier trop peu incitatif.
Ce dernier explique d’ailleurs les "hauts niveaux de dépendance aux importations relevés par la Commission européenne", l’UE ayant pour le moment "un sous-sol sous-exploité qui n’attire que 2 % des investissements d’exploration minière mondiaux, propose des conditions fiscales peu attractives en comparaison de l’Australie, du Canada ou des États-Unis ". Pour le moment, les efforts du Vieux continent portent davantage sur l’inventaire minier et sur le développement de standards environnementaux et sociaux. Des maillons essentiels pour construire un modèle compétitif mais qui n’en sont pas pour autant suffisants.
Impopulaire
Autre écueil propre à l’Europe, l’impopularité de l’industrie minière et métallurgique. L’institut Veblen allant jusqu’à arguer que "c’est une véritable bataille culturelle qui devra être engagée au niveau européen pour transformer l’image du secteur minier". Des efforts conséquents qui pourraient cependant ne pas être suffisants, le sous-sol étant limité en ressources tandis que "le territoire européen ne dispose tout simplement pas des réserves suffisantes dans son sous-sol pour de nombreux métaux (antimoine, borate, graphite, manganèse, tantale, etc.) ".
Le raffinage et la transformation sont eux indépendants de ces logiques de rareté des ressources et pourraient être pleinement rapatriés. Tout comme une autre branche cruciale pour les années à venir pourrait être développée localement : celle du recyclage. Pas de miracle pour autant à attendre, du côté de l’institut Veblen on juge que " miser sur 25 % de matières premières stratégiques à l’horizon 2030 est un pari audacieux puisque les filières de recyclage devraient atteindre leur maturité entre 2035 et 2040". Un triptyque est ainsi proposé par les auteurs de l’étude ; allant de "fixer des objectifs de recyclage spécifiques à chacun des matériaux stratégiques sur la base du niveau de maturité des filières et des caractéristiques des biens de consommation dans lesquels ils sont incorporés ", en passant par "des objectifs poussés d’incorporation des métaux recyclés dans les produits" et enfin prioriser "une hausse des indices de réparabilité des objets et la disponibilité des pièces de rechange et la mise en place de mesures favorables aux marchés de l’occasion ".
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