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Macro-économie / Taux / transition énergétique / France / marché de l'emploi

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transition énergétique / France / marché de l'emploi

La transition énergétique s’apprête à bouleverser le marché du travail hexagonal / Un immense défi pour la France en matière de formation des actifs

Les chiffres bruts sont conséquents : la transition énergétique s’accompagnerait de 400 000 nouveaux emplois, d’ici à 2030, et dans le même temps 250 000 seraient détruits. Un solde net positif qui représenterait donc 150 000 emplois, ce qui représente 2 % du total. La publication de ces données par le Secrétariat général à la planification écologique, s’accompagne d’un chantier de taille : la nécessité de former une grande partie des actifs sur cette problématique.
Ferme éolienne en pleine construction. Dominique Delfino / Biosgarden / Biosphoto via AFP
Ferme éolienne en pleine construction. Dominique Delfino / Biosgarden / Biosphoto via AFP

Nul n’y échappera. La transition énergétique s’apprête à modifier notre société et une grande partie de ses secteurs d’activité. Le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) souligne dans une publication intitulée "stratégie emplois et compétences pour la planification écologique", à quel point il va être crucial d’effectuer un "travail d’accompagnement en profondeur dans les territoires" pour permettre " les reconfigurations profondes entre secteurs" qui s’annoncent.

L’organisme rattaché à Matignon note que la planification écologique souffre d’une "forte incertitude [qui] demeure dans certains secteurs clé, comme le bâtiment et l’agriculture". Autant de domaines " dont la trajectoire en emplois nets dépendra de choix de société (construction neuve, agroécologie…)". Tout comme l’économie circulaire sur laquelle toute prospective est compliquée, malgré un " potentiel important et pérenne" puisqu’elle est aujourd’hui " sans prospective claire à date".

 

Intégralité

 

Une des seules certitudes est l’ampleur de la transformation de l’économie, les équipes du SGPE affirment qu’une réforme de la formation initiale va être nécessaire d’ici à 2030. Il est nécessaire pour cela d’avoir réussi le tour de force "d’avoir revu en profondeur une grande partie des enseignements professionnels dans les secteurs les plus concernés". Ce qui n’est pas une mince affaire lorsqu’on sait que les carences du secteur éducatif français sont régulièrement pointées du doigt.

D’autant plus que l’attractivité des emplois nouvellement créés risque d’être bien inférieure à ceux de l’offre d’emploi actuelle, la publication estime que "les métiers dont le nombre d’actifs serait amené à croître fortement sont souvent plus exigeants physiquement, ce qui pourra affecter les choix des futurs actifs ". Un travail sur l’adéquation entre la formation et les offres d’emploi devra notamment être mené ces prochaines années.

 

Géométrie variable

 

Il faut d’autant plus agir vite que les besoins à combler sont colossaux dans certains secteurs, l’écart entre les effectifs au début de la décennie et ceux nécessaires en 2030 est tout particulièrement préoccupant dans le transport : que ce soit pour les ouvriers qualifiés de la manutention (déficit de 158 000), les conducteurs de véhicules (201 000) ou encore les agents d’exploitation des transports (25 000). L’agriculture n’est pas en reste avec 75 000 postes supplémentaires à pourvoir, les métiers du bâtiment verraient quant à eux leur besoin de travailleurs augmenter de pas moins de 222 000 équivalents temps plein sur la même période.

Le calcul de l’ensemble des effectifs à former est également dévoilé : 2,8 millions d’individus alors qu’uniquement 1,9 million de nouveaux entrants sont attendus durant le même laps de temps. Ce qui donne un écart d’emplois de près 880 000, soit 11 % du volume total actuel. Tout en avouant une "difficulté à réconcilier les effectifs en formation et les besoins aval en emplois", les auteurs jugent qu’aucun gisement potentiel de ressources humaines ne doit être négligé : que ce soit le "recours à l’immigration, à l’insertion, [ou la] féminisation des métiers". Il faut dire qu’ils s’inquiètent de voir un grand nombre de difficultés être déjà présentes que ce soit avec des tensions de recrutements qui sont "déjà à l’œuvre", le constat de "déperditions parfois fortes entre formation initiale et accès à l’emploi" ou encore les problématiques "de renouvellement générationnel d’ici 2030 (agriculture…) ".

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