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Macro-économie / Taux / Allemagne / Etats-Unis / droits de douane

Macro-économie / Taux
Allemagne / Etats-Unis / droits de douane

Allemagne : elle aurait beaucoup à perdre avec les mesures protectionnistes de Donald Trump / L’impact cumulé dépasserait cent milliards d’euros entre 2025 et 2028

Le candidat à la présidence des Etats-Unis a fait valoir qu’il augmenterait les droits de douane moyens à 10 % sur les importations (et à 60 % pour la Chine). Un think tank ultra-rhénan s’est intéressé aux conséquences que cela pourrait avoir pour la première économie européenne exportatrice qu’est l’Allemagne selon plusieurs scénarios.
Olaf Scholz, chancelier fédéral d'Allemagne - MICHAEL KAPPELER / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP
Olaf Scholz, chancelier fédéral d'Allemagne - MICHAEL KAPPELER / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Les entreprises allemandes auraient de quoi s’inquiéter si Donald Trump redevenait président des Etats-Unis. C’est ce qu’on peut en déduire à la lecture d’une étude du German Economic Institute (GEI), un think tank allemand. Ses équipes ont mesuré les retombées que pourraient avoir certaines des mesures phares que prendrait Donald Trump une fois arrivé au pouvoir compte tenu de ses récentes déclarations.

Dans un souci de résorber le déficit de la balance commerciale de l’Oncle Sam (solde des échanges de biens avec le reste du monde) qui atteignait plus de 1000 milliards de dollars au cours de chacune des deux dernières années, l’ex-président américain souhaiterait augmenter les droits de douane (10 % pour tous les pays sauf la Chine pour qui ils monteraient à 60 %). En plus d’examiner ce scénario, le GEI en a produit un second qui fait l’hypothèse que la Chine riposterait en augmentant ses droits de douane moyens sur les importations américaines de 40 points.

L’économie américaine, c’est-à-dire le niveau du PIB réel des États-Unis, serait affectée au cours des premières années dans une fourchette allant de -1 % à -1,4 % dans les deux scénarios par rapport au scénario sans choc tarifaire. "Cela est dû en partie à un choc de confiance temporaire à court terme qui a des effets négatifs sur l’investissement privé et la consommation. En outre, la consommation privée diminue également en raison de la hausse des prix à la consommation et du chômage ", explique le think tank.

Les pertes cumulées de PIB (en prix constants) sur l’horizon de 4 ans (de 2025 à 2028) s’élèveraient à près de 600 milliards de dollars dans le scénario 1 et à près de 1000 milliards de dollars dans le scénario 2. Dans le scénario 1, cependant, le niveau du PIB américain ne resterait que marginalement négatif par rapport au scénario de référence en 2028. Ceci est principalement dû à la nature temporaire du choc de confiance et notamment à l’amélioration de la balance commerciale et du solde budgétaire (liée à la hausse des recettes fiscales compte tenu des droits de douane). Toutefois, dans le scénario 2, les États-Unis subiraient également des pertes de PIB à moyen terme, de l’ordre d’environ un demi-point de pourcentage.

En Allemagne, l’impact serait plus fort dans les deux scénarios, et les effets deviendraient de plus en plus négatifs à mesure que le choc commercial se matérialiserait dans l’économie. En 2028, le PIB allemand serait inférieur d’environ 1,2 % dans le scénario 1 et d’environ 1,4 % dans le scénario 2. Les pertes cumulées de PIB sur un horizon de 4 ans seraient ainsi d’environ 123 milliards d’euros dans le scénario 1 et 146 milliards d’euros dans le scénario 2.

En conséquence de quoi, le volume de personnes en emploi en Allemagne diminuerait de 195 000 dans le scénario 1 et de 233 000 dans le scénario 2. Cela équivaut à une augmentation de près d’un demi-point de pourcentage du taux de chômage.

Dans les deux scénarios, c’est le canal de l’investissement privé qui expliquerait la dégringolade du PIB. "L’un des principaux facteurs de cet impact négatif est le déclin considérable des exportations et donc du PIB, ce qui a une incidence sur la demande d’investissement à court terme. En outre, l’augmentation des droits de douane sur les importations américaines en provenance d’Allemagne - ainsi que les chocs de confiance aux États-Unis - pénalise les actions, la consommation et l’investissement. Toutefois, alors que les effets négatifs sur les actions et la consommation sont plus faibles qu’aux États-Unis, ils sont plus importants pour l’investissement privé en Allemagne", indique le GEI.

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