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FMI étrille Donald Trump Etats-unis politique économique

Macro-économie / Taux / fmi / Politique économique / droits de douane / Etats-Unis / tarif douanier / Donald Trump

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Le FMI monte au créneau contre la politique menée par Donald Trump

L’économiste en chef du FMI, Gita Gopinath, a étrillé Donald Trump sur les conséquences catastrophiques du protectionnisme. Selon l'organisme, la politique économique américaine est en train de tuer à grand feu la croissance mondiale.
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S’il n’y a rien d’inhabituel à voir le Fonds monétaire international (FMI) conseiller les États sur la direction économique qu'il devrait suivre, il est nettement plus surprenant que la chef économiste en personne mette un carton rouge au Président américain.

En faisant tantôt pression sur le commerce mondial, tantôt pression sur la Fed afin d’obtenir des baisses de taux d’intérêt, Donald Trump est en train de tuer la croissance mondiale. Pour tenter de raisonner le Président américain, l’économiste en chef du FMI, Gita Gopinath, et ses deux collègues Gustavo Adler et Luis Cubeddu ont publié une note d’analyse montrant que l’instauration de tarifs douaniers allait endiguer l'économie américaine entraînant l’activité mondiale dans sa chute. Le repli protectionniste des États-Unis va désorganiser les chaînes d'approvisionnement à l'échelle planétaire, tout en augmentant les coûts pour les producteurs et les consommateurs.

Le plus dramatique est que Donald Trump ne semble pas prendre conscience que sa stratégie est condamnée à faire chou blanc. Lui, qui souhaite avant tout rééquilibrer la balance commerciale du pays, ne saisit pas que la production de biens actuellement confectionnés en Chine ne sera pas rapatriée sur le sol américain mais délocalisée dans d’autres pays à bas coûts auprès desquels les États-Unis encaisseront un déficit commercial. Et on ne pourra pas dire que le FMI n’avait pas prévenu. Au-delà de cette nouvelle insurrection, l’organisme écrivait déjà noir sur blanc en juillet 2018 que pour "préserver l’expansion mondiale, il reste essentiel d’éviter les mesures protectionnistes et de trouver une solution basée sur la coopération qui encourage la croissance continue des échanges de biens et services". Le FMI sommait également de nombreux pays à reconstituer leurs amortisseurs budgétaires de manière à dégager une marge de manœuvre en vue de la prochaine récession et de renforcer la résilience financière face à une volatilité peut-être plus élevée sur les marchés.

Autant de recommandations que Donald Trump n’a pas écoutées. Pire, il a même pris le chemin opposé en laissant se dégrader les comptes nationaux et la dette publique, ainsi qu’en alourdissant les barrières douanières à l’image de l’ensemble des importations chinoises – représentant plus de 550 milliards de dollars de biens – qui seront désormais taxées entre 10 et 25 % à compter de la mi-décembre. Cela a obligé le FMI à réviser drastiquement ses prévisions de croissance mondiale à 3,2 % en 2019, quand elle misait encore sur 3,9 % il y a un an.

Les trois économistes ont également étrillé le Président américain sur la paranoïa dont il fait preuve concernant la guerre des monnaies. D’une part car la Banque centrale européenne et la Banque populaire de Chine n’ont jamais entamé un véritable processus de dévaluation monétaire. D’autre part, car affaiblir la devise d'un pays est bien plus difficile qu’il n’y paraît et que sa mise en œuvre s’avère "selon toutes probabilités inefficaces". Le billet vert ne peut pas devenir une monnaie bon marché à l’heure où les États-Unis sont la première puissance du monde et où aucune autre devise – ni l’euro, ni le renminbi chinois – ne peut concurrencer le dollar comme monnaie de réserve mondiale.

Le Président américain a décidément faux sur toute la ligne. Et ce n’est pas son envie de baisser temporairement les cotisations sur les salaires des travailleurs qui va arranger les choses. Alors que le spectre d’une récession plane au-dessus du pays de l'Oncle Sam, se priver de recettes fiscales serait suicidaire pour la Maison-Blanche. Seulement avec Donald Trump les comptes publics touchent le fond mais creusent encore…

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