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CMA CGM / Rodolphe Saadé / Commission d'enquête / Sénat / TotalEnergies
Transition énergétique : Rodolphe Saadé dénonce l’absence de soutien européen / TotalEnergies, un partenaire jugé indispensable à la transformation du transport maritime
De l’aveu même du sénateur et président de la Commission d’enquête sur les obligations de TotalEnergies, Roger Karoutchi, l’audition de Rodolphe Saadé, fut "l’une des plus passionnantes depuis le début des travaux de la commission parlementaire ". Une audition courte, d’une cinquantaine de minutes, mais que le président-directeur général de CMA CGM a voulu efficace.
Un engagement réel de la part de TotalEnergies
Auditionné sur les liens de son entreprise avec TotalEnergies, il a d’abord défini la compagnie présidée par Patrick Pouyanné comme "un partenaire historique et régulier qui accompagne CMA CGM dans sa stratégie de décarbonation et dont l’engagement à trouver des solutions en faveur de la transition énergétique est réel ".
Une stratégie ambitieuse - objectif du Net Zéro carbone à horizon 2050 pour l’ensemble des activités du groupe - rendue possible, selon lui, grâce au savoir-faire d’autres acteurs. "Notre stratégie de décarbonation est extrêmement liée aux solutions énergétiques existantes. Et pour cela, nous avons besoin d’énergéticiens comme TotalEnergies. Leur expertise technique et leur capacité à proposer des quantités suffisantes de carburant alternatif à un prix compétitif sont déterminantes. Nous sommes prêts à aller plus loin ", a-t-il souligné, rappelant que les deux entreprises faisaient partie des membres fondateurs de la coalition ‘New Energies’, réunissant 19 acteurs de la supply chain pour avancer sur les sujets de décarbonation du transport et de la logistique. "Cette coalition a permis des projets pilotes comme l’expérimentation sur un nouveau biocarburant produit à partir de déchets de bois pour le transport maritime ou encore un prototype de capteurs embarqués à bord des navires ", a indiqué Rodolphe Saadé.
Pionnier sur le GNL
C’est donc dans ce contexte, selon lui, qu’un partenariat a été conclu avec la compagnie pétrolière qui, depuis 2017, prévoit la mise en place d’une infrastructure de soutage de gaz naturel liquéfié (GNL) pour les bateaux de l’armateur en déployant une barge à Fos-sur-Mer (Nord de la France), à Rotterdam (Pays-Bas) et à Singapour. "Cela a permis de mettre en place une filière dédiée à cette énergie pour l’ensemble du secteur ", a fait savoir le patron de CMA CGM, ajoutant que ce partenariat s’était ensuite logiquement étendu au biométhane, et ce aussi avec d’autres acteurs tels que Shell ou Engie. "Nous avons été les premiers a utilisé le GNL comme énergie de transition pour réduire nos émissions de CO2 jusqu’à -20 %. Aujourd’hui, 35 navires fonctionnent au GNL et nous prévoyons qu’en 2028, 119 navires seront capables d’être propulsés à partir d’énergies décarbonées, soit 20 % de la flotte totale de CMA CGM. ", a-t-il poursuivi.
Interrogé par le rapporteur de la commission, Yannick Jadot, sur ce recours au GNL, énergie décriée par le sénateur, Rodolphe Saadé a expliqué que son entreprise "ne pouvait pas se permettre d’attendre que quelqu’un trouve l’énergie de demain, le style de CMA CGM n’étant pas d’attendre.". "Cela peut pendre 10-15 ans. Il faut donc prendre des initiatives qui sont financées par nous-mêmes en allant chercher une énergie qui peut assurer la transition le temps de trouver une énergie meilleure ", lui a-t-il répondu, estimant "qu’aujourd’hui, la seule solution est le GNL, même si cela me coûte de l’argent par rapport à un bateau propulsé au fuel conventionnel ", a-t-il souligné.
Que l’Union européenne prenne des décisions
Des solutions provenant du secteur privé et devenues indispensables en raison de l’absence de soutien des pouvoirs publics et notamment européens, pour Rodolphe Saadé. "Peut-être qu’à un moment donné, l’Union européenne devrait dire : voilà votre ambition, Il faut aller vers telle énergie. L’Europe taxe mais ne propose pas de solutions. Je souhaiterais qu’il y ait une réglementation qui nous impose une énergie plutôt que d’être obligé de ‘tâtonner‘. Nous souhaiterions plus de clarté pour continuer à avancer ", a-t-il regretté.
Dans son viseur : le fonds d’innovation de la Commission européenne, notamment financé par la taxe carbone, et qui n’aurait, selon lui, soutenu que deux projets en France, retoquant celui de CMA CGM avec Engie au Havre (biométhane Salamandre), projet à l’arrêt aujourd’hui. " Je ne vais pas aller demander à la Chine de nous aider sur un projet de décarbonation en France. Et encore, je crois qu’ils seraient capables de nous donner un coup de main ", a prévenu le patron de la compagnie maritime marseillaise.
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