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Euronext / union des marchés de capitaux / Stéphane Boujnah / Emmanuel Macron / Elections européennes
Union des marchés de capitaux : Stéphane Boujnah veut y croire / Un portage politique encourageant
C’est par message vidéo que le président de la République, Emmanuel Macron, a souhaité célébrer les 10 ans de l’introduction en Bourse d’Euronext qui organisait, ce jour, au Pavillon Ledoyen, sa conférence annuelle.
Un enjeu d’autonomie stratégique
L’occasion aussi pour le chef de l’Etat de confirmer son souhait de voir relancer, au niveau européen, l’Union des marchés de capitaux. "Cela devra être la priorité de la prochaine Commission européenne et c’est un sujet sur lequel je souhaite qu’avec l’Allemagne, en particulier, nous fassions des propositions audacieuses dans les toutes prochaines semaines", a-t-il déclaré.
Pour rappel, lancée en 2015, l’Union des marchés de capitaux vise à créer un marché unique du financement en Europe et à faciliter les investissements transfrontaliers en levant les obstacles réglementaires. "Cela fait 10 ans qu’on en parle. Il faut le faire en étant pragmatique pour avoir des avancées concrètes et rapides. L’intégration des marchés financiers européens permettra en effet de mieux orienter l’épargne des Européens vers le financement des entreprises et de contribuer ainsi à l’émergence de champions européens. C’est un enjeu déterminant pour notre autonomie stratégique. C’est pourquoi nous souhaitons discuter avec nos partenaires de produits d’épargne harmonisés au niveau européen pour financer nos entreprises en fonds propres et progresser vers une supervision unique des infrastructures européennes comme Euronext", a expliqué le chef de l’État.
À l’agenda de la prochaine Commission européenne
Une bataille que mène aussi de son côté d’Euronext, dont le thème de la conférence annuelle était "piloter l’avenir des marchés de capitaux". De fait, l’opérateur paneuropéen veut peser dans la relance des discussions européennes. C’est d’ailleurs, pour mémoire, dans cette optique que la directrice générale d’Euronext Paris et membre du directoire d’Euronext, Delphine D’Amarzit, siège au comité d’experts dédié et crée par Bercy, et que le président du directoire d’Euronext, Stéphane Boujnah, travaille entre autres, avec l’ancien Premier ministre italien, Enrico Letta, dans le cadre de son rapport sur l’avenir du marché unique européen par Bruxelles.
Et le patron de l’opérateur boursier paneuropéen de se montrer optimiste. "Nous sommes en train de retrouver un vrai portage politique au sujet de l’Union des marchés de capitaux, ce qui est très encourageant ", s’est-il félicité à l’occasion d’un déjeuner presse, estimant, comme le président de la République, que le prochain exécutif européen, nommé à l’issue des élections européennes du mois de juin prochain, n’aura d’autre choix que d’inscrire ce projet à son agenda.
Une palette d’outils bien identifiée
"Le monde dans lequel nous entrons sera très différent de celui que nous avons connu après l’effondrement de l’Union soviétique où les questions de sécurité, de défense et de menace étaient très abstraites. Si les problématiques d’ESG (environnement, social et de gouvernance) consistent à défendre notre mode de vie, il faut aussi que dans ce nouveau monde les marchés financiers jouent un rôle clé ", a-t-il prévenu, plébiscitant l’idée d’un marché de capitaux intégré à l’instar de la libre circulation des marchandises. "Un marché intégré, c’est avoir des règles identiques ", a-t-il martelé, faisant notamment référence au discours de la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, du 17 novembre 2023, par lequel elle appelait à un "corpus réglementaire unique, comme celui du secteur bancaire" et à une autorité de supervision des marchés financiers au niveau fédéral.
Des outils qualifiés d’indispensables par Stéphane Boujnah, évoquant aussi l’idée d’un prospectus unique, "un support très important" ou encore la titrisation au sein de l’Union européenne afin d’améliorer le financement de l’économie. "La seule raison pour laquelle la Chine et les États-Unis respectent l’Europe, c’est son marché unique. Le projet, c’est de produire de la finance en Europe, et je pense que l’on va y arriver même si cela prendra du temps ", a assuré le patron d’Euronext.
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