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Le commerce mondial se prépare à rebondir / Les « biens environnementaux » en soutien
L’année passée aura été compliquée pour le commerce mondial. En 2023, les échanges planétaires de biens et services ont baissé de 3 %, rapporte la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), soit environ 1 000 milliards de dollars. Pour mémoire, 2022 avait constitué un record avec un commerce mondial de 32 000 milliards de dollars. Dans le détail, le secteur des services a fait preuve de résistance avec une augmentation de 500 milliards de dollars, soit 8 %, par rapport à l’année précédente, tandis que le commerce des marchandises a connu une baisse de 1 300 milliards de dollars, soit 5 %, par rapport à 2022.
Au niveau sectoriel, la plupart des industries ont connu une baisse de la valeur des échanges, à l’exception des produits pharmaceutiques, du matériel de transport (en grande partie en raison de la demande accrue d’avions gros porteurs) et des véhicules à moteur, qui ont augmenté de 14 %, principalement en raison de la demande de véhicules électriques.
À l’inverse, des secteurs comme l’habillement, les produits chimiques et les textiles ont connu des baisses significatives en 2023. Toutefois, la plupart de ces secteurs ont rebondi au quatrième trimestre 2023, à l’exception de l’habillement, où le commerce s’est encore contracté. Parmi les services, ceux liés aux voyages et le tourisme ont connu le plus fort rebond, augmentant de près de 40 % par rapport à l’année dernière.
Les performances commerciales ont divergé entre les pays en développement et les pays développés, les premiers enregistrant une baisse d’environ 4 % et les seconds d’environ 6 %. Le commerce Sud-Sud, c’est-à-dire le commerce entre les économies en développement, a connu une baisse plus marquée d’environ 7 %. Toutefois, ces tendances se sont inversées au cours du dernier trimestre 2023, les pays en développement et le commerce Sud-Sud reprenant leur croissance tandis que le commerce dans les pays développés restait stable.
"Les tensions géopolitiques ont continué d’avoir un impact sur les flux commerciaux bilatéraux, comme le montre la Fédération de Russie qui a réduit sa dépendance commerciale à l’égard de l’Union européenne tout en augmentant sa dépendance à l’égard de la Chine", précise l’organisme basé à Genève. En outre, l’interdépendance commerciale entre la Chine et les États-Unis a encore diminué en 2023 (la croissance de leur commerce bilatéral est inférieure de 30 % à celle de leurs échanges avec le reste du monde depuis 2018).
L’automne 2023 a marqué une rupture avec les trimestres précédents, les échanges de marchandises et de services s’étant stabilisés d’un trimestre à l’autre. Les pays en développement, en particulier ceux des régions d’Afrique, d’Asie de l’Est et d’Asie du Sud, ont connu une croissance de leurs échanges au cours de cette période.
"Et les données disponibles pour le premier trimestre 2024 suggèrent une amélioration continue du commerce mondial, surtout si l’on tient compte de la modération de l’inflation mondiale et de l’amélioration des prévisions de croissance économique", indique la Cnuced. Le glissement annuel devrait s’établir à 3 % pour le commerce de marchandises et 2,9 % pour les services au premier trimestre. La hausse de la demande de biens environnementaux, en particulier de véhicules électriques, devrait soutenir le commerce cette année. Rappelons qu’entre le premier trimestre 2022 et le dernier trimestre 2023, le commerce de véhicules électriques a progressé de 142 %.
Du côté de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), on s’attend à une croissance de 2,6 % du commerce mondial de marchandises en 2024, puis de 3,3 % en 2025. Ralph Ossa, économiste en chef de l’institution, a toutefois indiqué que les aléas autour de cette prévision étaient de nature baissière. "Certains gouvernements sont devenus plus sceptiques quant aux avantages du commerce et ont pris des mesures visant à délocaliser la production et à déplacer le commerce vers des pays amis. La résilience du commerce est également mise à l’épreuve par des perturbations sur deux des principales routes maritimes du monde : le canal de Panama, qui souffre de pénuries d’eau douce, et le détournement du trafic de la mer Rouge", a-t-il souligné.
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