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Macro-économie / Taux / industrie / réindustrialisation

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Comment le gouvernement veut mieux surveiller la réindustrialisation / Bercy présente un nouveau baromètre

Un travail mené depuis plus d’un an, mobilisant les services de l’État au niveau national, régional et départemental, sous l’égide de la Direction générale des entreprises, s’est essayé à capter la dynamique industrielle française en mesurant le nombre net de nouveaux sites et d’extensions significatives de sites. Ce baromètre rapporte que les ouvertures nettes ont progressé de 14 % en 2023 par rapport à 2022.
Roland Lescure, ministre délégué à l'Industrie et à l'Energie - Bertrand GUAY / AFP
Roland Lescure, ministre délégué à l'Industrie et à l'Energie - Bertrand GUAY / AFP

Alors qu’il a fait de la réindustrialisation l’un de ses objectifs majeurs de politique économique, le gouvernement se dote d’un outil supplémentaire pour la jauger. Depuis plus d’un an, à la demande de Roland Lescure, ministre délégué à l’Industrie et à l’Energie, l’État a travaillé à la création d’un baromètre permettant de mesurer l’évolution industrielle du pays. "Jusqu’à maintenant, nous utilisions les chiffres de Trendeo, qui sont très utiles, mais qui possèdent certains biais méthodologiques ", justifie-t-on dans l’entourage de Roland Lescure.

"Ils ne permettent pas d’avoir un champ purement industriel car Trendeo regarde également tout ce qui est ‘entrepôts logistiques’ et ‘activité de services’. En outre, leurs chiffres se basent sur des ‘sources ouvertes’, c’est-à-dire les annonces publiques d’ouvertures ou de fermetures de sites, certaines d’entre elles passaient donc sous les radars ", ajoute-t-on. "Les services de l’État nous ont fait remonter les données qu’ils avaient sur le terrain : les ouvertures, les fermetures, les extensions, les réductions. Quand une usine fait cela, elle est obligée de demander une autorisation aux services de l’État", précise le cabinet de Roland Lescure.

Que nous apprend ce baromètre piloté par la Direction générale des Entreprises qui sera actualisé de manière semestrielle ? Le solde des ouvertures nettes de sites industriels a atteint 201 en 2023 contre 176 en 2022. En outre, si l’on se restreint aux seules ouvertures et fermetures greenfield, c’est-à-dire en retirant les réductions et extensions significatives (nouvelle ligne de production par exemple), le solde 2023 est de 57 sites supplémentaires contre 49 en 2022.

Dans le détail, l’agroalimentaire (+47), les industries vertes et l’économie circulaire (+29), les transports (+22), la santé (+20) et le textile (+19) sont les secteurs qui ont ouvert le plus d’usines en 2023. Les secteurs les moins dynamiques en 2023 sont le papier carton (-1), la plasturgie (0), et les industries extractives (0), tandis que le solde de la métallurgie redevient positif (+10) en 2023 après une mauvaise année 2022 (-4).

D’un point de vue territorial, l’Auvergne-Rhône-Alpes (+73) et la Nouvelle-Aquitaine (+30) concentrent à elles seules 50 % des ouvertures nettes, comme en 2022, suivies par la Normandie (+24). Les Hauts-de-France (-9), la Corse (-1) et le Centre-Val-de-Loire (0) sont au contraire les régions les moins attractives en 2023, les Hauts-de-France présentant un solde négatif pour la deuxième année consécutive (-6 en 2022).

Rappelons qu’en janvier 2024, la production industrielle de la France s’établissait 3,3 % en dessous de son niveau précédant la crise pandémique (décembre 2019) et 14,2 % en dessous de son étiage historique d’août 2007, d’après les données de l’Insee.

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