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Le coût des crises agricoles hexagonales pose question / Autant de sommes qui ne peuvent être allouées à d’autres fins
" Nos exportations agricoles et agroalimentaires sont un atout pour notre économie et nos territoires. Elles participent à notre souveraineté". Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, soulignait à nouveau ces derniers jours à quel point le secteur agricole était important pour notre pays. C’est à ce titre que les crises agricoles de ces dernières années ont logiquement vu l’État voler au secours des acteurs concernés. Que ce soit face aux crises climatiques, à celles liées à la géopolitique ou encore sanitaires. Un soutien sans faille qui a logiquement fait enfler l’enveloppe associée.
L’Institut de l’Économie pour le Climat s’inquiète des conséquences de l’incapacité à faire face à ces crises à moindre coût. Ses équipes font part de leur crainte que " dans un contexte budgétaire contraint, l’utilisation des ressources financières pour couvrir les pertes sèches dues aux crises peut se faire au détriment d’autres actions essentielles à la transition écologique", un goulet d’étranglement qui ne serait pas uniquement présent sur le volet financier. Puisque le think tank met l’accent sur les problèmes en termes de ressources humaines et évoque "des agents mobilisés pour gérer les crises [qui] ne le sont pas pour d’autres missions, notamment celles de la transition".
Conjoncturel
Les sommes consacrées en 2022 aux crises agricoles ont considérablement accaparé les ressources des acteurs publics : que ce soit pour le budget du ministère de l’Agriculture où cela a "représenté en 2022 environ 40 % de son budget prévisionnel total, ou bien encore – en comparaison – l’équivalent de 20 % des subventions perçues par la France au titre de la Politique agricole commune (PAC) cette année-là".
L’institut s’inquiète d’autant plus de cette inflation des dépenses qu’elles ne semblent constituer qu’un remède de court terme. Les auteurs jugeant qu’aucune partie ne peut aujourd’hui se satisfaire de la situation avec une "puissance publique, qui dépense davantage sans rendre les exploitations moins vulnérables à la prochaine crise, et les agriculteurs, qui préféreraient vivre du fruit de leur travail et ne pas le voir parfois entièrement perdu. Tout le monde a intérêt à ce que les exploitations soient les moins exposés possible aux aléas". Ils arguent également que " contrairement aux dépenses pour la transition écologique, ces dépenses de crise ne sont qu’un palliatif : à la crise suivante, l’exploitation est tout autant vulnérable qu’à la précédente".
Utopie
Aucun remède miracle n’est proposé dans la publication, il faudra plutôt faire preuve de patience pour voir les solutions évoquées produire leurs effets. Notamment via l’amélioration des outils de gestion du risque agricole, un sujet sur lequel il est suggéré de "consolider la prévention des aléas climatiques, en s’inspirant de la prévention des aléas sanitaires, consolidée de longue date ".
Une autre question plus épineuse est abordée : celle de la planification d’un secteur agricole adapté au changement climatique et du financement d’un tel changement. Les auteurs soulignent que les fonds publics ne manquent pas avec 15 milliards d’euros alloués au secteur agricole, dont "près de 10 milliards provenant de la Politique agricole commune".
La recommandation faite à ce sujet est que "les financements publics doivent être mieux alignés avec les impératifs de résilience et plus largement de transition du secteur agricole et du système alimentaire ". Des sommes importantes sont certes disponibles mais elles peuvent vite devenir moindres, si les prévisions du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux se vérifient avec un changement climatique causant des dégâts de l’ordre d’un milliard d’euros chaque année, dans le cas où le système agricole et alimentaire ne s’y adapte pas à temps.
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