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Evenements / TotalEnergies / Taxation des rentes / crise énergétique / gaz / décarbonation

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TotalEnergies / Taxation des rentes / crise énergétique / gaz / décarbonation

Quand Bruno Le Maire défend TotalEnergies au Sénat / Une contribution majeure à l'économie française, et notamment en période de crise

Auditionné par la Commission d’enquête du Sénat sur les obligations de TotalEnergies, le ministre de l’Économie et des Finances a qualifié le groupe présidé par Patrick Pouyanné d’atout économique, énergétique et climatique majeur pour la France. Et dans un contexte où le Premier ministre vient de relancer le débat sur la taxation des rentes, le locataire de Bercy en appelle à la prudence afin de maintenir le plafonnement du prix du carburant mis en place depuis l’année dernière par la compagnie.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - crédits : JULIEN DE ROSA / AFP
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - crédits : JULIEN DE ROSA / AFP

Pour Bruno Le Maire, le verdissement des activités de TotalEnergies n’est pas à remettre en cause. "Si l’on veut décarboner TotalEnergies, il faut d’abord décarboner les transports en France. Aujourd’hui, TotalEnergies ne fait que répondre à une demande de pétrole ", a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances, auditionné par la Commission d’enquête sénatoriale sur les obligations de la compagnie, ce jeudi matin.

 

 

La voiture électrique n’est pas pour tout de suite

 

 

Selon lui, le problème des émissions de CO2 de l’entreprise réside dans son Scope 3 (émissions liées à l’utilisation de l’énergie fournie par les consommateurs). Elles seraient en effet de 84 millions de tonnes pour la France en 2023, soit plus que toutes celles émises par le secteur de l’industrie dans son ensemble sur le territoire (80 millions de tonnes). "Le vrai sujet de TotalEnergies ce sont les émissions indirectes. Celles de ses Scope 1 et 2 restent limitées, à 4 millions de tonnes ", a-t-il détaillé, se félicitant que la compagnie "soit un atout économique, énergétique et climatique majeur pour notre pays". Et ce pour une raison simple : "Nous aurons encore besoin pendant des années d’hydrocarbures. Aujourd’hui, 97 % du parc automobile français est thermique et malgré l’arrêt de la construction de ce type de véhicules en 2035 décidé par les instances européennes, le renouvellement vers l’électrique ne se fera pas du jour au lendemain", a martelé Bruno Le Maire devant les sénateurs.

 

 

Une entreprise patriote

 

 

Interrogé par le rapporteur, Yannick Jadot, sur la présence de l’État au capital d’Engie (24 %) ou d’EDF (100 %) mais pas dans celui de TotalEnergies, Bruno Le Maire a répliqué que la participation de l’État répondait toujours à un intérêt stratégique, la France ne disposant pas d’alternative pour le financement du nucléaire ou pour la distribution de gaz. "Si la France n’avait pas TotalEnergies, nous serions entre les mains de grandes majors anglo-saxonnes pour l’approvisionnement en essence et en diesel des automobilistes français", a-t-il rappelé.

 

 

Bruno Le Maire a par ailleurs fait les éloges de l’entreprise en matière de transition énergétique, rappelant qu’elle était le premier investisseur dans les énergies renouvelables en France et qu’elle venait de dépasser les 1 000 bornes de recharge dans les stations-service, faisant de TotalEnergies le premier acteur de la recharge ultra-rapide sur les autoroutes et les voies rapides. Le ministre a également loué son soutien lors du déclenchement de la guerre en Ukraine. "Avec la mise en service de son terminal flottant important du gaz naturel liquéfié au Havre en octobre dernier, le groupe a permis d’anticiper toutes les difficultés d’approvisionnement en gaz de notre pays. Il a également permis de lutter contre l’inflation en acceptant, à ma demande, le plafonnement à 1,99 euro du litre le prix de l’essence en 2023, puis en 2024. Aucune autre compagnie au monde n’a pris ce genre de décision", a-t-il souligné.

 

 

Donnant-donnant

 

 

Un soutien tel à l’économie française qui conduirait le locataire de Bercy à ne pas vouloir inclure, à ce stade, TotalEnergies dans un nouveau dispositif de taxation des rentes (réforme de la contribution sur les rentes inframarginales dont le Premier ministre, Gabriel Attal, a confié une mission d’information au rapporteur général du budget de l’Assemblée nationale, Jean-René Cazeneuve). "Certes, selon la Commission de régulation de l’Énergie, cette contribution devait rapporter 3 milliards d’euros en 2023, elle n’a finalement rapporté que 300 millions d’euros. Si je souhaite que l’on réfléchisse à un dispositif plus approprié, il ne faut pas prendre de décision qui puisse remettre en cause le plafonnement à 1,99 euro du litre du carburant concédé par TotalEnergies. Il est important de le maintenir ", a déclaré le ministre.

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