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France : premières estimations pour le coût de l’adaptation au changement climatique / Une étude parle de plusieurs milliards d’euros en plus par an seulement pour le bâtiment
On en sait un peu plus sur le coût de l’adaptation au changement climatique pour la France. Alors que les travaux réalisés par Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz ont permis de mettre des chiffres sur le coût pour les sphères publique et privée de l’atténuation du dérèglement climatique, un rapport de l’Institut de l’économie pour le climat a tenté d’évaluer celui de l’adaptation. Cette étude remise à Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, avance des "premiers ordres de grandeur " pour certains secteurs mais ne fournit pas de "coût unique".
S’il est difficile d’estimer un tel coût c’est parce qu’il dépend à la fois "du niveau de réchauffement que l’on souhaite considérer (et beaucoup des analyses restent encore à conduire pour quantifier l’ampleur des vulnérabilités pour chaque niveau de réchauffement) et de la manière dont on choisit collectivement de se préparer (et beaucoup de ces choix restent à faire, les visions stratégiques de l’adaptation restent à définir)", précisent les auteurs de l’étude. "Chercher à rendre une route insubmersible peut par exemple nécessiter plusieurs millions d’euros de travaux alors qu’organiser des fermetures temporaires de la circulation lors d’épisodes de crue demande d’accepter un moindre niveau de service, mais est aussi moins coûteux", illustrent-ils.
Trois secteurs, qui nécessiteront ensemble plusieurs milliards d’euros par an de dépenses nouvelles face au réchauffement, ont été passés au crible : bâtiments, transport terrestre, agriculture végétale.
L’institut estime que pour le bâtiment, les coûts supplémentaires pourraient atteindre "entre +1 et +2,5 milliards d’euros par an pour la construction neuve et +4,4 milliards d’euros par an pour le parc existant". De quoi adapter le bâti aux vagues de chaleur en limitant le recours à la climatisation, qui a des externalités négatives compte tenu de ses conséquences en termes d’émissions de CO2.
Pour les transports, les travaux pour l’adaptation des réseaux routiers et ferrés pourraient "nécessiter de quelques centaines de millions à quelques milliards d’euros par an ". Enfin, l’agriculture aurait besoin "de l’ordre de 1,5 milliard d’euros par an" dans la prochaine décennie "pour déployer à grande échelle des mesures techniques permettant de maintenir les rendements des principales cultures végétales françaises".
"Sans politique d’adaptation plus ambitieuse, les réactions spontanées qui sont observées se révèlent souvent les plus coûteuses pour les finances publiques et représentent déjà plusieurs milliards d’euros par an", notent les auteurs qui évoquent l’installation non organisée de climatiseurs, la réparation à l’identique d’infrastructures de transport, l’irrigation d’urgence ou encore les aides agricoles.
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