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Quels premiers succès pour la politique commerciale d’EDF ? / Une troisième offre en préparation avec Bpifrance
Un galop d’essai. Cinq mois après la signature avec l’Etat de l’accord sur le prix de l’électricité qui doit succéder à l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) à compter du 1er janvier 2026, et le lancement de sa nouvelle politique commerciale, l’heure était à un premier point d’étape pour EDF. Auditionné dans le cadre de la Commission d’enquête sénatoriale portant sur la production, la consommation et le prix d’électricité aux horizons 2035 et 2050, Marc Benayoun, directeur exécutif d’EDF en charge du pôle clients, services et territoires, a livré quelques chiffres. D’ici un mois, c’est à Bercy que l’énergéticien devra rendre des comptes, l’Etat ayant promis en novembre dernier de vérifier au bout de six mois si cette stratégie fonctionne.
Des clients qui changent leurs habitudes
Pour mémoire, sur la base de cet accord fixant le prix moyen de l’électricité à 70 euros le mégawattheure (MWh), EDF a formulé deux offres, la première, visant des contrats à échéance 2026-2028 pour faire profiter aux entreprises d’un niveau de prix compétitif. La seconde, à destination des clients industriels électro-intensifs (transformation énergétique, chimie, acier, etc), propose des contrats de long terme (10 ans minimum) adossés au parc nucléaire (c’est-à-dire aux actifs de production). Concrètement, le client doit s’engager à acheter la production du parc en versant d’abord une avance avant de supporter la réalité des coûts de maintenance et d’exploitation du nucléaire et donc d’accepter le risque de production. "Il ne s’agit donc pas d’un contrat de fourniture basé sur un volume défini à livrer comme sur les marchés de gros ou pour les particuliers ", a expliqué le directeur exécutif d’EDF.
Ainsi, 671 contrats d’une durée de moyen terme pour un volume de 5 térawattheures (TWh) de consommation annuelle auraient été conclus avec des entreprises. "Nous sommes positivement surpris car traditionnellement, sur le marché de l’électricité, les clients achètent plutôt sur la deuxième partie de l’année pour celle à venir, voire la suivante. Là, les clients achètent pour 2028 ", s’est félicité Marc Benayoun.
10 Térawattheures confirmés
En revanche, seules trois lettres d’intention relatives à des contrats d’allocation de production nucléaire auraient été signées pour un marché estimé en France à 100 entreprises consommant à elles seules 40 térawattheures. "Elles aboutiront à un contrat ferme avant la fin 2025", a-t-il précisé, tentant par la même occasion de rassurer les sénateurs. "Ces lettres représentent un total de 10 TWh, soit un quart de la production de la demande électro-intensive française. Par ailleurs, le premier contrat signé est d’une durée de 18 ans ", a indiqué le directeur exécutif.
A la remarque de la sénatrice Les Républicains de la Savoie, Martine Berthet, qui lui faisait part des difficultés des entreprises électro-intensives de sa région dans leurs négociations avec EDF, évoquant même "un point mort dans les discussions " du fait notamment de l’avance trop élevée à régler au début du contrat et jugeant le discours de Marc Benayoun "idéaliste sur les contrats en train de se négocier par rapport au véritable ressenti des entreprises", le directeur exécutif a dévoilé que plus de 20 accords de confidentialité avaient été signés tandis que des discussions avec un consortium de 6 acteurs, représentant 7 TWh de plus, seraient en cours. "Nous discutons avec beaucoup d’acteurs industriels et nous serons bientôt à des niveaux qui couvriront 20 TWh ", a-t-il assuré.
Une troisième offre à l’étude
Par ailleurs, Marc Benayoun a indiqué qu’une troisième offre était actuellement en construction. "Une offre dédiée aux ETI qui consomment beaucoup d’électricité sans toutefois être considérées comme des entreprises électro-intensives, soit environ 10 000 sociétés représentant 20 TWh, mais qui ont elles aussi besoin de visibilité ", a-t-il déclaré. Cette nouvelle offre serait un contrat simplifié par lequel l’avance serait cette fois-ci financée par la banque. "Nous travaillons avec Bpifrance sur ce sujet. Nous ferons un ‘market test’ d’ici la fin du mois d’avril ", a ajouté le directeur exécutif.
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