Evenements / Warner Music Group / Believe
Evenements
Warner Music Group / Believe
Warner Music fait une croix sur Believe / L'offre du consortium reste la seule en lice
La major avait jusqu’au 7 avril pour formuler une offre, il n’en sera finalement rien. Warner Music Group (WMG) a annoncé samedi avoir pris la décision de ne pas soumettre d’offre de rapprochement avec Believe, à la suite d'un "examen approfondi". Alors que le groupe américain avait manifesté son intérêt pour le dossier, cet audit avait plus particulièrement débuté il y a deux semaines, après que le spécialiste français des services numériques de distribution musicale avait finalement donné accès à WMG aux informations demandées.
En cause, un courrier de la présidente de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Marie-Anne Barbat-Layani, tranchant en défaveur de la décision prise par le consortium formé par le fondateur et dirigeant de l’entreprise, Denis Ladegaillerie et les fonds EQT et TCV, de renoncer à la clause d’avis motivé favorable du conseil d’administration de l’entreprise quant à leur offre. Pour mémoire, celle-ci concerne une première acquisition de blocs représentant 72 % du capital de l’entreprise, à un prix de 15 euros par action, dont découlera une offre publique d’achat (OPA) sur le reste des titres. Le but, à l’issue de l’opération, sera de retirer la pépite musicale de la cote parisienne.
Il faut dire que son parcours boursier a subi des accrocs depuis son introduction sur Euronext Paris en juin 2021, à un prix de 19,5 euros par action. La remontée des taux d’intérêt n’a pas joué en faveur des valeurs technologiques. Et puis, à fin 2022, sur les 139 entreprises qui s’étaient introduites à la Bourse de Paris depuis 2014 et encore existantes, 77 % d’entre elles avaient un cours inférieur à leur prix d’introduction, précisait de son côté le professeur de finance à HEC et co-auteur de La Lettre Vernimmen Pascal Quiry à la suite de l’annonce de l’offre. Si le cours de Bourse de l’entreprise a rebondi depuis celle-ci, le titre évoluait encore autour de 10 euros en janvier dernier et avoisinait les 8 euros lorsque le consortium a commencé à travailler sur l’offre.
Des avis contraires
Toujours est-il que ce prix avait soulevé des interrogations et que la marque d’intérêt de WMG, en vue d’un rapprochement potentiel, qui avait été l’occasion pour la major d’indiquer qu’elle serait en mesure de valoriser les titres de l’entreprise à un minimum de 17 euros par action, avait marqué un rebondissement dans le dossier. D’autant plus qu’après que WMG avait signalé son appétence pour le dossier, le consortium avait donc choisi de renoncer à la clause suspensive de la réception d’un avis motivé favorable du conseil d’administration, ce que WMG n’avait pas manqué de pointer. De fait, cet avis qui aurait dû se fonder sur le rapport d’un expert indépendant, visait à conclure que l’opération serait favorable pour toutes les parties prenantes et de recommander aux actionnaires d'apporter leurs titres à l'offre.
La clause avait été stipulée au bénéfice exclusif du consortium, avait signalé ce dernier après la manifestation d’intérêt exploratoire de WMG. Y renoncer était un moyen de signaler au marché que des accords fermes, financés et définitifs avaient été signés dans le cadre de l’acquisition de blocs auprès des actionnaires vendeurs que sont XAnge, Ventech, TCV Luxco BD et Denis Ladegaillerie lui-même, avait-il souligné. Sans cette clause, l’opération ne reste pour l’instant soumise qu’aux approbations réglementaires.
Au regard de la divergence des avis exprimés quant à cette décision, le comité ad hoc de Believe avait saisi l’AMF afin de solliciter son avis. Le gendarme des marchés financiers avait estimé que cette décision n’entrait pas en adéquation avec les étapes réglementaires essentielles au bon déroulement des offres publiques. D’où le fait que Believe ait donné accès à WMG "à une data room incluant un niveau d’informations équivalent à celui consenti au consortium sous réserve d’engagement de confidentialité approprié".
Entre-temps
Dans l’attente d’une prise de position de la part de WMG, l’Union des producteurs phonographiques français indépendants (UPFI) avait souhaité alerter les pouvoirs publics quant à cet éventuel rapprochement, au regard de la création musicale, des perspectives pour l’entreprise, ou encore au sujet du mouvement de concentration que cela aurait pu entraîner, le marché de la musique étant déjà dominé par les trois majors que sont Sony Music, Universal Music et WMG.
Tandis que Sycomore Asset Management, actionnaire de l’entreprise à hauteur de 0,99 %, avait de son côté appelé à la fin du mois de mars les autres actionnaires de Believe à ne pas apporter leurs titres à l’offre du fait du montant trop faible du prix offert par le consortium, alors même que l’entreprise se porte bien et que sa trajectoire boursière ne semble donc pas refléter sa valeur intrinsèque ou la qualité de l’équipe dirigeante.
À la Bourse de Paris, en tout cas, le fait que WMG se retire de la course ne semble pas ravir les opérateurs de marché : le titre Believe perd plus de 9 % depuis l’ouverture de la séance. Le comité ad hoc de Believe a "pris note" ce samedi de la décision de WMG de ne pas soumettre d’offre. Il examinera "la situation avec toutes les parties intéressées (y compris le consortium composé d’EQT, TCV et M. Denis Ladegaillerie, ainsi que les actionnaires historiques de Believe) afin de déterminer les prochaines étapes relatives à l’évolution possible du contrôle de la société, et informera le marché en conséquence", a-t-il précisé.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

