Sur les marchés / Believe / EQT / TCV / OPA / Denis Ladegaillerie
Sur les marchés
Believe / EQT / TCV / OPA / Denis Ladegaillerie
Un nouvel acteur marque son intérêt pour Believe / Pas d'offre ni d'engagement mais un prix supérieur évoqué
Soubresaut dans le dossier Believe. Alors que le spécialiste des services numériques de distribution musicale avait annoncé à la mi-février avoir reçu une offre de la part d’un consortium (composé des fonds TCV et EQT, ainsi que de son président-directeur général Denis Ladegaillerie) afin d’acquérir 72 % du capital du groupe en vue de déposer une offre publique d’achat (OPA) sur le reste des actions, il semblerait qu’un autre acteur ait décidé d’y mettre son grain de sel.
Dans un communiqué publié vendredi 1er mars, le comité ad-hoc de Believe (composé de trois administrateurs indépendants) a en effet informé que son conseil d’administration avait reçu une "manifestation d’intérêt exploratoire, préliminaire et non engageante, de la part d’une partie intéressée cherchant à accéder à des informations confidentielles et à engager un dialogue en vue de potentiellement formuler une offre plus attractive pour la société et ses actionnaires".
Cette dite partie, dont l’identité n’a pas été dévoilée, a ainsi indiqué être en mesure de valoriser les actions de Believe à un minimum de 17 euros par action - contre 15 euros proposés du côté du consortium. L’approche ne constitue pas une offre, n’implique pas d’obligation ou de manifestation d’en faire une, souligne l’entreprise dans son communiqué.
Des questions remises en lumière
Mais la nouvelle a attiré l’attention, dans la mesure où le prix de sortie proposé aux actionnaires par le consortium avait soulevé quelques interrogations lors de l’annonce de la nouvelle, le 12 février dernier. À un niveau de 15 euros, il fait effectivement ressortir une prime de 21 % sur le dernier cours de Bourse de clôture avant l’annonce ou encore de près de 44 % et 52,2 % par rapport à la moyenne des cours de Bourse pondérée par les volumes sur les 30 et 120 derniers jours. Mais le raisonnement s’affiche à l’inverse quant au prix par action auquel s’était introduit Believe sur Euronext Paris en juin 2021, puisqu’il était de 19,5 euros.
Ce qui prend, de plus, place dans un contexte où l’entreprise n’est pas en proie à des difficultés. Au contraire, puisque le fondateur et dirigeant de l’entreprise, Denis Ladegaillerie, avait précisé au mois de février que Believe était en avance de deux ans sur son plan d’affaires présenté lors de son introduction en Bourse. Pascal Quiry, professeur de finance à HEC Paris et coauteur de la publication de référence en la matière La Lettre Vernimmen, avait réagi sur ses réseaux sociaux : "[…] la logique voudrait que le prix de 2024 (15 €) soit plus élevé que celui de 2021 (19,5 €), d’autant que dans l’intervalle la Bourse a été bonne : + 20 % pour le SBF 120 (dividendes réinvestis). […] Donc soit le prix de l’introduction était bon et dans ce cas le prix de sortie est sous-évalué, et on lira avec intérêt le rapport de l’expert indépendant. Soit il n’était pas bon, et le prix de sortie est correct. Ce qui ne serait pas une surprise quand on sait qu’à fin 2022, sur les 139 entreprises qui se sont introduites sur la Bourse de Paris depuis 2014, et encore existantes, 77 % avaient un cours inférieur à leur prix d’introduction".
L’annonce de l’intérêt marqué par une autre partie a d’ailleurs fait réagir le cours de Believe à la hausse vendredi. Il a gagné près de 4,5 % sur la dernière séance de la semaine à 15,52 euros, alors même qu’il avait gagné plus de 19 %, à 14,8 euros, lorsque l’entreprise avait fait connaître l’offre du consortium il y a quelques semaines. La hausse du cours de Bourse de ce vendredi reste toutefois à mettre en parallèle avec de faibles volumes d’échange, notamment en comparaison de ceux observés le 13 février dernier à la suite de la première annonce (170 000 contre 1,3 million).
Plus qu’une condition
Toujours est-il que le consortium a décidé d'accélérer. Les acquisitions de blocs et l’initiation de l’OPA qui en découle étaient doublement conditionnées : d’une part aux autorisations réglementaires nécessaires, d’autre part à ce que le conseil d’administration apporte un "avis motivé" sur l’offre.
Dans sa communication en fin de semaine dernière, le groupe a ainsi fait savoir que BidCo (soit le véhicule d’investissement qui permettra au consortium de réaliser l’acquisition de bloc) avait informé le conseil d’administration de Believe de sa décision de renoncer à la condition liée à la recommandation du conseil. "Par conséquent, les acquisitions de blocs demeurent soumises exclusivement à la condition réglementaire (au titre du droit de la concurrence), que BidCo anticipe obtenir dans les meilleurs délais", a précisé le comité ad-hoc.
Même si la nouvelle marque d’intérêt ne constitue en rien une offre, il a rappelé qu’une fois la réalisation de l’acquisition des blocs réalisée, BidCo apparaîtrait "en mesure de devenir l’actionnaire majoritaire et contrôlant Believe, de telle sorte que dans ces circonstances, une offre concurrente ne permettrait pas d’acquérir le contrôle de la société".
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