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vitesse; taux; canal de transmission

Macro-économie / Taux / Politique monétaire / endettement des entreprises / transmission / BCE

Macro-économie / Taux
Politique monétaire / endettement des entreprises / transmission / BCE

Le financement des entreprises subit inégalement la politique monétaire / Les prêts bancaires ne sont pas épargnés sur le long terme

Plus d’une décennie après, l’empreinte de la crise de 2008 demeure considérable et les profils de financements des entreprises ont significativement changé. Entre 2007 et 2021, la part du financement obligataire est passée de 9 % à 17 % au sein de la zone euro et de 19 % à 29 % en France. Cette façon de s’endetter n’est pas anodine puisqu’elle est affectée par la lutte contre l’inflation menée par les Banques centrales.
BCE. Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
BCE. Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Les grandes sociétés non financières n’ont pas le monopole de l’accès aux marchés de capitaux, néanmoins elles ont bien plus de facilités à y accéder que celles plus petites. Une singularité notable en cette période où les Banques centrales tentent de juguler l’inflation. Une étude de la Banque de France estime que "l’impact hétérogène de la politique monétaire sur l’investissement des entreprises a des implications importantes pour la transmission de la politique monétaire".

Il s’avère que le meilleur accès aux marchés de capitaux des sociétés non financières (SNF) les plus grandes serait susceptibles d’handicaper leur investissement, les auteurs jugeant que ce mode d’endettement "pourrait être davantage affecté par un resserrement quantitatif ". A contrario, un resserrement conventionnel affecterait davantage les SNF de taille plus modeste. Ces dernières ayant davantage recours au canal bancaire, qui est très sensible à la moindre hausse des taux d’intérêt.

Champ des possibles
 

Loin d’y voir uniquement une faiblesse, l’étude préfère y voir un " avantage", celui que "la politique peut être plus ciblée en cas de difficultés spécifiques avec un type de financement". Là où l’utilisation d’un outil unique pour transmettre la politique monétaire présenterait l’inconvénient des " effets inégaux selon les différents groupes d’entreprises, en fonction de l’outil utilisé ", ce qui n’est pas envisageable avec cette double possibilité.

Les trois économistes avancent qu’effectivement là où les "chocs de politique monétaire conventionnelle ont un effet relativement plus prononcé sur les nouvelles émissions de crédit bancaire", il s’avère que "les chocs de liquidité obligataire ont un effet relativement plus prononcé sur l’émission de dette de marché".


Temporalité

 

Le temps de réaction est également différent et va dans le sens de la théorie développée. L’étude menée montre qu’il y a une " transmission plus rapide aux rendements des marchés obligataires qu’aux taux bancaires ", dans le cas d’une politique monétaire conventionnelle. Ce qui explique que le canal bancaire soit plus sensible à cet outil.

Là où dans le cas choc de contraction de la liquidité obligataire, c’est une hausse du coût relatif des obligations par rapport au financement bancaire qui finit par pénaliser les SNF ayant recours à l’endettement de marché. Les données de l’étude confirment ce constat avec une réduction plus forte de l’investissement en ce qui concerne les entreprises davantage exposées aux obligations.

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