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Le FMI révise très légèrement à la hausse sa prévision de croissance mondiale / Etats-Unis et zone euro dans des formes opposées

L’institution de Washington a révisé à la hausse de 0,1 point à 3,2 % sa prévision d’augmentation du Produit intérieur brut (PIB) planétaire en 2024. Cela s’explique surtout par des perspectives économiques bien plus réjouissantes que prévu aux États-Unis tandis que celles de la zone euro, déjà peu reluisantes, se dégradent.
Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du Fonds monétaire international - Brendan Smialowski / AFP
Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du Fonds monétaire international - Brendan Smialowski / AFP

Le Fonds monétaire international (FMI) est marginalement plus optimiste pour la croissance mondiale. L’institution de Washington s’attend désormais à ce que la hausse du Produit intérieur brut (PIB) mondial s’établisse à 3,2 % en 2024 (soit le même niveau qu’en 2023), quand il escomptait une progression de 3,1 % en janvier. "L’économie mondiale reste remarquablement résiliente, avec une croissance régulière et une inflation ralentissant presque aussi vite qu’elle a augmenté", a déclaré Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du FMI.

"Le voyage a été mouvementé", a fait remarquer le Français, citant les perturbations de la chaîne d’approvisionnement au lendemain de la pandémie, la crise énergétique et alimentaire déclenchée par la guerre de la Russie contre l’Ukraine, la poussée considérable de l’inflation, puis le resserrement de la politique monétaire synchronisé à l’échelle mondiale.

Dans le détail, la croissance des économies avancées devrait s’élever à 1,7 %, contre 1,5 % escompté initialement. Cette révision à la hausse de 0,2 point cache toutefois des disparités très significatives. En effet, le Fonds prévoit une croissance de 2,7 % aux États-Unis, quand il s’attendait à 2,1 % il y a trois mois. "Les solides performances récentes des États-Unis reflètent une forte croissance de la productivité et de l’emploi, mais aussi une forte demande dans une économie qui reste en surchauffe. Cela appelle une approche prudente et progressive de la part de la Réserve fédérale en matière d’assouplissement. L’orientation budgétaire, qui n’est pas soutenable à long terme, est particulièrement préoccupante. Cela soulève des risques à court terme pour le processus de désinflation, ainsi que des risques à long terme pour la stabilité budgétaire et financière de l’économie mondiale", prévient Pierre-Olivier Gourinchas, qui juge que "quelque chose devra céder".

À l’inverse, l’activité économique de la zone euro devrait augmenter de 0,8 %, contre 0,9 % prévu auparavant. L’Allemagne et la France ont vu toutes deux leur croissance être révisée à la baisse de 0,3 point. Le PIB hexagonal devrait ainsi progresser de 0,7 % (l’exécutif prévoit 1 %) et celui de la première économie d’Europe de 0,2 %. "Contrairement aux États-Unis, il y a peu de signes de surchauffe et la Banque centrale européenne devra soigneusement calibrer son orientation vers un assouplissement monétaire afin d’éviter une sous-estimation de l’inflation. Même si les marchés du travail semblent solides, cette vigueur pourrait s’avérer illusoire si les entreprises européennes accumulaient de la main-d’œuvre en prévision d’une reprise de l’activité qui ne se matérialiserait pas", a indiqué le chef économiste du FMI.

Du côté des pays émergents, la croissance chinoise devrait atteindre 4,6 %, soit un chiffre bien inférieur à ce que prévoit Pékin (5 %). Elle reste affectée par le ralentissement du secteur immobilier, décrypte Pierre-Olivier Gourinchas. "Les booms et les récessions du crédit ne se résolvent jamais rapidement, et celui-ci ne fait pas exception. La demande intérieure restera terne à moins que des mesures fortes ne s’attaquent à la cause profonde. Avec une demande intérieure déprimée, les excédents extérieurs pourraient bien augmenter. Le risque est que cela exacerbe encore davantage les tensions commerciales dans un environnement géopolitique déjà tendu", explique l’économiste.

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