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Publications, Résultats / emeis / Orpea / laurent guillot / résultats annuels

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emeis / Orpea / laurent guillot / résultats annuels

Le groupe emeis ouvre un nouveau chapitre / Les chantiers entrepris par l'ex-Orpea ont commencé à produire leurs effets en 2023

Le gestionnaire de maisons de retraite et de cliniques a retrouvé des couleurs en 2023. Alors que la refondation du groupe avance, nouveau nom à l’appui depuis le mois de mars, le taux d’occupation moyen de ses établissements s’est amélioré sur l’année. Si l’ajustement des hypothèses opérationnelles en France a poussé l’ex-Orpea à revoir légèrement ses prévisions de rentabilité à la baisse, l’année à venir sera placée sous le signe de la poursuite de ses différents travaux de transformation.
Laurent Guillot, directeur général d'emeis (DR)
Laurent Guillot, directeur général d'emeis (DR)

La rénovation d’Orpea suit son cours. Rebaptisé emeis (qui signifie "nous" en grec ancien) depuis la fin du mois de mars, le gestionnaire de maisons de retraite et de cliniques a publié mercredi ses résultats annuels de 2023, qui ébauchent les signes de sa mutation. "Dans l’ensemble, l’année 2023 aura été une année de grande transformation. Cela commence à produire des résultats tangibles", souligne le directeur général du groupe, Laurent Guillot, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

Son chiffre d’affaires a atteint 5,2 milliards d’euros au titre de l’exercice écoulé, soit une progression de 11 % sur un an. De fait, le taux d’occupation moyen est passé de 81,6 % en 2022 à 83,1 % en 2023 et emeis a également ouvert 31 nouveaux établissements. Mais les maisons de retraite en France semblent encore avoir des difficultés à se remettre du scandale entraîné par la publication du livre de Victor Castanet en 2022, "Les Fossoyeurs" : le taux d’occupation y reste toujours éloigné de son niveau normatif.

Une légère progression reste à observer à fin 2023, avec une augmentation d’1,2 point d’un semestre sur l’autre. Le groupe a aussi pris des mesures pour renforcer la qualité de ses soins et de l’accompagnement. La somme de ces dernières, du taux d'occupation des maisons de retraites françaises et de l'inflation qui a renchéri les coûts a nécessairement pénalisé sa rentabilité. La marge d’excédent brut d’exploitation avant loyer (Ebitdar) s’affiche en recul de 16,7 % en 2022 à 13,4 % en 2023. "La croissance de notre chiffre d’affaires a été tirée par l’amélioration du nombre de lits, par l’accroissement du taux d’occupation, mais aussi par une hausse des prix d’environ 3,6 %. Cela a pu dépendre des pays où nous sommes présents", explique Laurent Guillot. "En Allemagne, par exemple, le gouvernement a augmenté les salaires des soignants de 25 % au début de l’année 2023. Nous sommes allés discuter maison par maison des hausses de prix conséquentes. Cela sera toujours le cas en 2024, d’une manière globale, car la pression inflationniste a pesé sur nos coûts, et donc sur notre marge. Il faut que nous continuions à refermer ce ciseaux prix-coûts", poursuit-il. Le point bas de la marge a toutefois été atteint au premier semestre de 2023.

 

La page de la restructuration financière est tournée

 

Quant au résultat net, part du groupe, il a bondi d’une perte de plus de 4 milliards d’euros en 2022, à un bénéfice d’1,3 milliard d’euros en 2023. Mais le montant intègre un produit à caractère exceptionnel de 2,85 milliards d’euros, en raison de l’augmentation de capital "d’apurement" de 3,8 milliards d’euros dont le règlement-livraison est intervenu le 3 décembre dernier et d’une charge résultant des tests de dépréciations d’actifs. Deux éléments qui sont sans impact sur la trésorerie de l’entreprise, a précisé cette dernière.

À la suite de cette première opération, puis de la deuxième augmentation de capital, la société a pu procéder à un remboursement de dette de 700 millions d’euros. L’endettement financier net a été ramené de 8,8 milliards d’euros à 4,6 milliards d’euros à fin décembre 2023. Et à noter qu’à la mi-janvier 2024, Orpea a procédé à sa troisième et dernière augmentation de capital, prévue dans le cadre de sa restructuration financière. "La restructuration financière est désormais totalement finalisée, ce qui est la première phase de notre plan de refondation initié en 2022", se félicite d’ailleurs Laurent Guillot. "Ce plan de refondation ne pourrait être mis en œuvre sans le succès de la restructuration financière qui a permis d’assurer la pérennité de l’entreprise et qui s’accompagne de l’entrée au capital de nouveaux actionnaires de référence, (Caisse des Dépôts, CNP Assurances, la MAIF et MACSF ) à hauteur de 50,2 % du capital de l’entreprise", souligne de son côté emeis.

Du côté de la déclinaison opérationnelle de ce dit plan, emeis a fait avancer ses chantiers en 2023. En matière de performances extra-financières, notamment, le taux de fréquence des accidents du travail avec arrêt s’inscrit par exemple en recul de huit points par rapport à 2023, tandis que 72 % des établissements sont désormais dotés d’un référent éthique et bientraitance (contre 45 % en 2022). La stabilité des équipes s’est aussi améliorée, avec une réduction de taux de la rotation des effectifs de trois points par rapport à 2022. Objectif : le faire diminuer de cinq points à l’horizon 2025. "D’autres progrès touchent également la formation, le recrutement ou encore la promotion interne", ajoute Laurent Guillot. 

 

La trajectoire de trésorerie

 

Si le redressement opérationnel est bien en marche, il s’avère "moins favorable qu’initialement anticipé", souligne emeis, essentiellement en raison d’un ajustement des hypothèses opérationnelles en France. De ce fait, les objectifs pour 2024 ont été légèrement révisés. L’Ebitdar devrait être compris entre 800 et 835 millions d’euros (contre 891 millions d’euros prévus à l’origine), soit une progression de 15 % à 20 % sur un an. Des mesures conservatoires ont donc été engagées sur les postes d’investissements afin de limiter l’impact de ce décalage sur la trajectoire de trésorerie du groupe. Celle-ci s’élevait à 645 millions d’euros à fin 2023, le groupe disposant d’une ligne de crédit de 400 millions d’euros non tirée à cette date.

Reste aussi le plan de cession d’actifs immobiliers, qui devrait représenter 1,25 milliard d’euros à l’horizon 2025. "Nous poursuivrons notre chantier opérationnel en suivant les mêmes axes pour améliorer les conditions de travail des équipes, la qualité de nos services pour les patients, les résidents et leurs proches et nos résultats financiers. Nous continuerons aussi à engager des cessions immobilières, à hauteur de plus de 500 millions d’euros sur l’année à venir. En 2023, nous avons réalisé plus que notre objectif avec 300 millions d’euros de cessions", assure Laurent Guillot. "Enfin, le dernier grand projet concerne notre identité. L’assemblée générale de 2024 sera l’occasion pour nos actionnaires d’approuver la transformation de notre nom et d’adopter la nouvelle raison d’être de la société, afin de nous engager sur le chemin d’une entreprise à mission en 2025", rappelle le directeur général.

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